l'angoisse sous les tropiques.

je suis donc parti en voyage à la réunion chez des amis qui ont eu la gentillesse de nous accueillir. J'étais terrorisé par la perspective de ce voyage car j'allais très mal. J'avais quatre choix : une nouvelle tentative de suicide, une nouvelle hospitalisation, aller me réfugier chez ma mère en laissant partir ma femme toute seule enfin prendre mon courage à mon cou et partir.

J'ai beaucoup hésité, je craignais que mes troubles anxieux s'aggravent là-bas et qu'une hospitalisation s'impose. Mon psychiatre m'a encouragé à partir, ça été le déclic qui m'a permis de prendre la décision du départ.

Ce n'est pas parce qu'on change de ciel ou de continent qu'on laisse ces problèmes chez soi. J'ai emmené mon angoisse avec moi et m'a bien polluer mon séjour. Pourtant mes amis ont tout fait pour me rendre ce séjour supportable et j'ai été pris complètement en charge comme un enfant. Mais là-bas même dans l'eau chaude du lagon, même devant les soleil couchant magnifique jamais l'angoisse n'a voulu céder. Il n'y a qu'en avion qu'elle s'en allait, peut-être parce que je souhaitais inconsciemment qu'il y ait un accident et que ma vie s'arrête enfin la.

Quoi qu'il en soit cela ne m'a pas fait de mal, même plutôt du bien malgré tout. Mais surtout en vivant parmi des gens normaux je me suis rendu compte combien j'étais malade et combien j'étais décalé par rapport à la réalité. Je ne sais pas si c'est dû aux médicaments ou à l'angoisse , ou aux deux, mais je suis perpétuellement épuisé, je n'ai plus aucune force physique ni mentale et chaque acte de la vie courante devient un effort parfois insurmontable.

Je le savais, rien ne peut chasser cette angoisse, même en allant au bout du monde et en étant entouré d'amour et de sollicitude. La clé je ne la connais pas, elle est quelque part bien cachée en moi.

C'est tout pour aujourd'hui.

Commentaires

1. Le lundi, avril 10 2017, 00:00 par Ninhursag

Bonsoir Eric

Je vois que vous avez écrit le jour de mon anniversaire.;-)
*
Ca y est je ne travaille plus (retraite) mais pour l'instant je liquide mes congés. Voilà je parle un peu de moi pour changer.
Bon l'avion ne s'est pas écrasé et tant mieux parce que je souhaitait contrairement à vous que ça n'arrive pas parce que ce ne serait pas chouette que des centaines de personnes meurent pour le souhait d'une seule, ce serait injuste à mon avis.
*
Vous avez raison de dire que ce n'est pas en partant à l'autre bout du monde que l'angoisse va disparaitre et ce n'est pas non plus par l'amour des autres, mais plutôt par un peu d'amour pour vous-même, ce que vous vous refusez depuis longtemps. Pour pouvoir aimer les autres faut déjà savoir s'aimer mais tant que vous restez centré sur votre angoisse et votre désir de mort cela ne peut changer.
Les deux périodes où vous avez été bien et retrouvé la vie doit correspondre à un relâchement de votre mental/ego qui a permis à votre être de respirer et revivre, mais ce mental a repris ses droits et la clé est bien en vous mais elle n'est pas si cachée que ça, elle est à portée de main mais vous ne pourrez la voir tant que ce problème de mental qui tourne en boucle ne sera pas résolu.
*
Vous dites être épuisé, mais c'est normal car les médicaments fatiguent énormément et en y ajoutant l'angoisse en plus, ça n'arrange pas les choses.

Maintenant vous êtes persuadés de devoir prendre ce que vous prenez à vie, mais je continue à penser qu'un sevrage progressif sur un temps assez long serait une solution et non sevrage rapide comme vous avez fait quand vous alliez bien, quand vous avez dit avoir arrêté les médicaments je savais que la rechute allait avoir lieu parce que le corps est habitué aux substances et même si on a la volonté d'arrêter du jour au lendemain, le corps n'a pas cette volonté...Le véritable toxicomane dans l'affaire c'est lui et il peut imposer sa loi comme il veut.

Enfin ce n'est que mon point de vue sur la chose car je sais que j'ai mis beaucoup de temps à arrêter les anxiolytiques et somnifères (1 an à peu près) et j'étais bien moins intoxiquée que vous pour qui il faudrait plus de temps.

De toute façon en tant que médecin vous savez déjà tout cela, mais j'ai l'impression que quelqu'un en vous veut s'en sortir et que quelqu'un d'autre ne veut pas.
Bref c'est le serpent qui se mort la queue.
Il faudrait que que celui qui veut s'en sortir se débarrasser de sa contrepartie négative.
C'est David contre Goliath.
En tous les cas vous avez bien fait de partir même si ça été laborieux, tant que vous faites des efforts malgré tout, c'est bien.
*
Personnellement je reste persuadée que vous pouvez vous en sortir et je le souhaite ardemment,......

Bonne nuit à vous

Amitiés
Léonie

2. Le lundi, avril 10 2017, 11:19 par zorg-f

bonjour
oui j'ai bien fait de partir, même si ça n'a pas été miraculeux. Le retour est extrêmement difficile, car je me retrouve face a la vie réelle et aux ennuis matériels qui continuent à me polluer la vie.
Mon psychiatre m'a demandé de diminuer très progressivement le Tranxene car la dose ou je le prends un sevrage brutal pourrait entraîner des crises d'épilepsie. Mais juste un petit comprimé en moins réactive déjà l'angoisse.
Un petit lien sur ce que je pense de la psychiatrie.
http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/Fo...
mon calvaire continue,je donnerai n'importe quoi pour que ça s'arrête.
Amitiés

3. Le mardi, avril 11 2017, 01:23 par Ninhursag

Bonsoir Eric

J'ai lu votre lien et je trouve qu'il y a pas mal de vrai dedans bien que le médecin qui l'a écrit se fait tancer vertement par ses confrères psy.
Je pense qu'une autre approche la moins médicalisée possible serait peut être plus efficace parce que les médicaments empêchent un certain travail de se faire.
*
Une connaissance spirituellement avancée à écrit ceci sur un forum :
"Combien d’êtres je rencontre torturés par leur mental et leur émotionnel, avec une emprise telle que des médicaments leur sont prescrits pour bloquer le processus d’apprentissage au lieu de l’accompagner…une catastrophe humaine d’une ampleur sans égal. Ainsi je dissocie l’intelligence de la science mentale sans conscience."
*
ce texte m'a fait penser à vous quand je l'ai lu.
*
Vous dites que la suppression d'un comprimé de Tranxène réactive l'angoisse, mais c'est normal, c'est dans la tête que ça se passe. Je me souviens que j'avais aussi ce problème quand je diminuais les anxiolytiques, en fait rien que penser à la dose que je supprimais faisait naître l'angoisse, mais si on tient bon ça passe au bout de quelques jours, en fait le temps que le mental se calme et passe à autre chose.
La psyché est tout de même quelque chose de très complexe et la chimie de mon point de vue n'est qu'un palliatif qui l'agresse et en plus masque la cause véritable des problèmes.
*
Je garde toujours l'espoir pour vous qu'un amélioration ait lieu, parce que je le sens possible.
*
Belle et douce nuit
Amitiés
Léonie

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