Dans sa conférence sur le bonheur Frédéric Lenoir parle de la conception du bonheur chez les taoïstes. Il la compare au bonheur simple des enfants qui ne se posent aucune question et qui sont naturellement heureux de vivre. J'ai envoyé un post sur le blog de Frédéric Lenoir qui a eu la gentillesse de me répondre. Dans ce post j'ai cité un extrait du prophète :

« Alors une femme dit, parle-nous de la joie et de la tristesse. Il répondit : votre joie est votre tristesse masque, et ce même puits d’où monte votre rire a souvent été rempli de vos larmes. Et comment en serait-il autrement ? Plus la tristesse creusera profond dans votre être, plus vous pourrez contenir de joie. » Khalil Gibran – Le Prophète (1923)

en feuilletant son livre ce soir,, je m'en compte qu'il est cité. Que de points communs et de recherche commune.

je pense que le texte est assez explicite pour que vous compreniez que plus vous tombez bas, plus vous pouvez éprouver de la joie. Le prix est très cher à payer, parfois il s'appelle la mort par le suicide quand la souffrance trop grande.

La joie que j'éprouve maintenant est immense, mais elle ne m'épargne pas de la peur que j'ai de récidiver et de recommencer à souffrir. J'ai pourtant la certitude que j'ai finie mon cycle de souffrance. Je sais que Noël sera beau la maison, que nous allons tous nous réunir autour d'un feu de bois, avec un bon repas, avec tous les petits-enfants qui ouvriront leurs cadeaux de Noël et que la joie régnera enfin dans mon foyer.

Le bonheur demande-t-il de l'intelligence ? Oui bien sûr mais surtout un extraordinaire instinct de survie.

Je n'avais pas lu le livre de Frédéric Lenoir qui s'appelle la puissance de la joie. Je le feuillette ce soir et je trouve tous les auteurs que j'ai lus auparavant quand j'étais en grande souffrance, aussi bien Khalil Gibran que Etty Hillesum, et je suis sûr qu'en cherchant bien je trouverais Simone weil la mystique.

Je n'ai pas lu ce livre encore mais ce sera ma prochaine lecture. Je pense que Frédéric Lenoir a eu un parcours comparable au mien.

Je vais terminer ce billet en citant Frédéric Lenoir :

« pour mon ami Luc ferry, qui ne croit pas à l'existence d'un bonheur ou d'une joie profonde et permanente,Etty Hillesim, est une psychotique. À l'inverse, je pense qu'elle a atteint, comme bien d'autres avec elle un degré élevé de sagesse et que celle-ci, si difficile exigence fut-elle, est encore possible, même à Auschwitz, même après Auschwitz. Elle disait peu avant sa mort Auschwitz : « comme la vie est belle pourtant. » Je n'ai pas la foi comme lui, je suis agnostique encore et je ne crois pas à la parole de Jésus-Christ. Au sujet de l'ego il a à peu près la même position que moi : on peut ainsi vouloir lâcher l'ego et être sans arrêt rattrapée par lui ! De fait, on ne peut le lâcher, le dépasser, que s'il est bien structuré. Sinon, on risque d'aller vers une illusion spirituelle qui peut mener à la folie. J'ai vu d'autres individus dans des groupes spirituels, notamment dans des monastères chrétiens et bouddhistes qui « pété les plombs » de manière beaucoup plus grave. Leur ego était déstructuré et, en voulant l'abandonner dans leur quête de sainteté ou de libération, ils aboutissaient parfois à une dissolution de la personnalité d'ordre psychotique. La vie spirituelle, surtout de nos jours, ne peut faire l'économie d'un travail psychologique, d'un authentique effort de connaissance de soi et de nos motivations. »

Je pense que la joie ne s'obtient pas sans un travail terrible sur soi-même et sur la connaissance de la souffrance et que sans intelligence on ne peut pas y arriver.