J'ai horreur des pyjamas verts, suite numéro un.

J'ai horreur des pyjamas verts, suite numéro un.

Commençons par le début. Après un mois de torture et de souffrance absolue la perspective d'un voyage à Rome et de mon impossibilité à partir en raison des attaques de panique que je faisais tous les matins je n'ai pas trouvé d'autre solution que de faire une tentative de suicide bidon. Ça été la pire erreur de ma vie et ça a failli me coûter extrêmement cher. J'ai passé une nuit en réanimation puis ma femme a été obligée de signer l'hospitalisation d'office qui me mettait sous contrainte sous peine de non assistance à personne en danger. Le psychiatre qui m'a reçu après une nuit en cellule d'isolement m'a prescrit un traitement de cheval qui a failli faire de moi un non humain. Je vais vous dire ce que je prenais pour que vous vous rendiez compte de ce qu'on peut faire aux gens dans un hôpital psychiatrique. Le matin à 8:00 je prenais : une depamide 300, une barrette entière de Lexomil, un comprimé de Prozac, un tercian 100,un Atarax 20 mg et en plus un Tranxene 10 mg sans oublier la cerise sur le gâteau un abilfy 30 mg qui me faisait bégayer et qui m'empêchai de marcher. À deux heures je prenais une barrette entière de Lexomil, à tercian 100,1 Atarax, un Tranxene 10, une depamide 300. Le soir un somnifère, une depamide 300, une barrette entière de Lexomil, à tercian 25 plus un tercian 100 en si besoin, plus un seresta 50 mg. Sur le plan pharmacologique cette prescription était une aberration car il est interdit de prescrire deux benzodiazépines en même temps. Le résultat c'est que je n'arrivais plus à marcher et que j'étais complètement envahi par l'angoisse comme si les médicaments faisaient un effet inverse. Grâce à Dieu comme j'avais travaillé dans cet hôpital et que j'avais soigné la moitié des infirmiers cette position était difficile à tenir pour eux et ils ont autorisé mon transfert dans la clinique je vais d'habitude. Je suis arrivé là-bas désespéré, j'avais essayé tous les médicaments depuis 10 ans, il ne me restait plus que deux antidépresseurs à tester et je ne me faisait guère d'illusions quant à leur efficacité. Ce que m'a sauvé c'est l'incompétence du premier psychiatre de l'hôpital public qui prétendait que le Prozac avait une durée de vie de trois jours en fait c'est une molécule qui agit sur 15 jours, donc on ne pouvait me prescrire aucun antidépresseur pendant cette période. Miracle plus les jours passaient plus j'allais mieux, tous les médicaments ont été arrêtés saufs le Tranxene qui semblait efficace sur l'angoisse. Tous les matins lorsque je me réveillais elle était un peu plus faible et jour après jour elle a fini par disparaître. Je suis donc sorti hier guéri pour l'instant et plein d'espoir car j'ai des projets innombrables dont les principaux sont de faire publier mon livre la greffe ainsi qu'un recueil de poèmes. J'ai également deux voyages en prévision j'ai peut-être trouvé un travail à l'ordre des médecins dans le milieu associatif ce qui serait idéal pour moi. Donc vous voyez lorsqu'on croit que tout est perdu il y a toujours de l'espoir et cela il ne faut jamais que je l'oublie. Aujourd'hui j'ai mes deux petites filles avec moi et je savoure le plaisir de pouvoir leur donner tout l'amour que j'ai pour elle sans que l'angoisse me parasite. Ceci était une parenthèse à la nouvelle que je suis en train d'écrire, « je n'aime pas les pyjamas verts », qui parle d'une une journée ordinaire en psychiatrie publique. Maintenant il faut que j'arrête d'écrire car je dois aller au marché avec les petits-enfants.

Commentaires

1. Le mardi, octobre 25 2016, 22:58 par Ninhursag

Bonsoir Eric

Je suis heureuse de vous lire, je suis venue régulièrement voir si vous alliez bientôt montrer le bout de votre nez et c'est une excellente nouvelle que vous amenez là, vous refaite de projets d'écriture et de retour dans la vie active même si c'est associatif et c'est cool. Quand j'ai lu votre traitement de cheval ça m'a fait penser à certains dossiers que je tapes ou lit et ça me fait mal au coeur pour les patients A ce stade ce n'est plus soigner de mon point de vue.

Profitez bien de vos filles et petits enfants, ils doivent être heureux de vous retrouver.

Je vous souhaite une agréable soirée.
Amitiés
Léonie

2. Le mercredi, octobre 26 2016, 08:24 par zorg-f

bonjour

j'avais oublié que les miracles pouvaient exister. Je me sens pour la première fois de ma vie profondément heureux et je suis apaisé et harmonieux à l'intérieur. Je vais tout faire pour que cela continu. J'ai l'impression qu'enfin que la chance a tourner et qu'elle est de mon côté La présence de mes petits-enfants m'aide beaucoup. Je pense aussi que l'épreuve épouvantable que j'ai vécue pendant mon esprit irisation à l'HP à participer à ma reconstruction.
Le titre de mon billet actuel. Je déteste les pyjama vert viens de la tenue qu'on fait porter à ceux qui sont en cellule d'isolement. Ce fut une expérience terrible.
Il faut aller au-delà de la souffrance pour pouvoir la dépasser.
À bientôt

3. Le samedi, octobre 29 2016, 00:25 par Ninhursag

Bonsoir Eric

Franchement c'est avec le sourire que je vous lis.
Etrangement quand vous m'avez appris votre hospitalisation en pleine crise, j'ai pensé qu'il se pourrait que vous alliez au delà de votre souffrance et que ce serait la meilleure chose qui pourrait vous arriver car jusqu'ici j'ai constaté que vous n'étiez jamais allé au fond., et comme le disait John Lilly, pour remonter il fallait descendre jusqu'à la dalle du fond.
*
http://www.cles.com/enquetes/articl...
*
Quand vous dites :
Il faut aller au-delà de la souffrance pour pouvoir la dépasser.
*
Eh bien je suis tout à fait en phase avec vous et je crois bien vous avoir déjà dit que c'était en allant au delà de la souffrance que la montée se réamorçait, parce que c'est comme cela que je l'ai vécu.

Je vais suivre vos écrits sur les pyjamas verts parce que le monde de la psy. m'a toujours intéressée et j'ai le souvenir que lorsque j'étais ado, j'avais la conviction que les maladies psy. pouvaient être mieux soignées et qu'elles étaient pour beaucoup le résultats de souffrances non conscientes qu'il fallait mettre au grand jour pour être dépassées et je ne me doutais pas qu'un jour je passerais par là. Tous les humains ont des vieux dossiers de souffrance non résolus en attentes et je crois bien que certains de ces dossiers sont antérieurs à l'incarnation en cours. En lisant les travaux du psy. Stanislav Grof, ce que je pensais était confirmé par lui.
*
Si vous vous sentez en paix à l'intérieur c'est qu'une réunification a eu lieu et c'est bon signe.
*
Profitez bien de vos petits enfants et toute votre famille.;-)
Je vous souhaite une très belle nuit
Amitiés
*
Léonie

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

La discussion continue ailleurs

URL de rétrolien : http://zorg-f.fr/index.php?trackback/681

Fil des commentaires de ce billet