Ça ne peut plus continuer comme ça.

Malgré tous les médicaments je m'enfonce inexorablement. L'homme que je deviens me fait peur et me dégoûte. Il faut absolument que je m'en sorte. J'ai détruit systématiquement tous les outils qui me permettaient de rester en vie. Je n'ai pas écrit une seule ligne d'un poème ni esquissé un seul dessin depuis un an. Je ne fais plus aucun sport. Mon corps souffre et se dégrade peu à peu. Je n'arrive plus à lire, c'est dommage car il y a beaucoup de choses intéressantes dans ma bibliothèque en particulier le dernier livre de Pattie Smith : «M Train. » Elle cite comme par hasard un auteur japonais que j'ai découvert cet hiver pendant une de mes hospitalisations :haruki Murakami à propos d'un de ses livres : « chronique de l'oiseau à ressort. » C'est un livre extraordinaire comme tous les livres de cet auteur, il y règne une atmosphère étrange ou des personnages oniriques et à la fois tout à fait ordinaires se croisent et s'entrecroisent. J'ai décidé ce matin de joindre mon ancien psychanalyste et d'essayer de recommencer s'il exerce toujours. Je n'ai plus rien à perdre sauf un peu d'argent que je l'emporterai pas avec moi si je me suicide. On m'a dit beaucoup de mal de lui, surtout mon précédent thérapeute qui n'a pas ébauché le moindre travail analytique avec moi décrétant que j'étais trop malade pour qu'ils me soigne et qu'il fallait que je me bouge. Il est évident qu'il faut que je me bouge et que je le ferai bien volontiers si l'angoisse n'était pas là pour me clouer au sol. Cette angoisse je le sais est en rapport avec la sexualité et avec ma mère. Je lui obéis comme un petit chien et je crois que je l'aime d'un amour qui n'est pas très catholique. J'ai pété les plombs quand ma femme a perdu son utérus, c'est le mot-clé de ma maladie. Je me suis fait avoir par la chimie, j'ai fait confiance et j'ai perdu. Les petites pilules n'ont jamais guéri personne. J'espère que je ne suis pas tombé trop bas pour que la thérapie puisse être encore efficace. J'espère que je me trompe pas et que mon vieux psychanalyste sera assez intelligent pour m'emmener là où je ne veux pas aller. En tout cas s'il y a bien un lieu je ne veux pas aller c'est dans les hôpitaux psychiatriques ou je suis sur qu'on me détruira complètement. Il faut que ça cesse je ne peux plus souffrir sans cesse je détruis tout autour de moi tout ce que j'aime et qui compte pour moi.

Commentaires

1. Le mardi, juin 28 2016, 14:01 par annsu

" Y-a-t-il un père dans l'avion ?" me semble être la question en filigrane de votre dernier message.
C'est tout de même le père qui délivre le petit garçon -comme la petite fille, du reste bien que différemment- de sa mère, de son amour et de son attraction immodérés pour elle.
C'est lui qui oblige l'enfant à sortir de lui-même l'aidant ainsi à trouver son chemin.

Avez-vous réussi à convaincre votre"vieux psychanalyste" à refaire un bout de chemin avec vous ?
Bien à vous,
Annsuhin

2. Le mardi, juin 28 2016, 19:36 par Ninhursag

Bonsoir Eric

Vous dites :
J'espère que je me trompe pas et que mon vieux psychanalyste sera assez intelligent pour m'emmener là où je ne veux pas aller.
*
Je pense que vous connaissez ce qui vous fait autant souffrir mais vous ne pouvez affronter tout seul le problème,. Espérons que vous puissiez voir votre ancien psy. et l'orienter vers ce point, peut être trouvera t-il un moyen de vous amener là où vous ne voulez pas aller mais sans doute vous libèrerait. Tout ce que je peux dire c'est qu'il s'opère un transfert avec celui qui vous mène au point crucial et c'est part ce transfert que l'on peut se débarrasser de ce qui pose problème. Je dis ça parce que c'est ce que j'ai vécu et qui a ôté la souffrance et l'angoisse et amené la paix. J'ai discuté de cela avec une connaissance Dimanche qui a fait une thérapie de 7 ans et qui est arrivé à ce stade où le noeud se défait et qu'on accède à la paix, ce qui me fait dire que vous n'êtes pas allé jusqu'au noeud qui vous concerne.

Je vous quitte là car Je file à mon cour de salsa, mais je reviendrais.

Bonne soirée
Amitiés
Léonie

3. Le mercredi, juin 29 2016, 11:40 par zorg-f

oui ,il a accepté.j’espère que ça vas fonctionner.

bien a vous deux

4. Le mercredi, juin 29 2016, 21:58 par ver00

Bonsoir Zorg

Allez y !!!!!!! Peu importe la honte, l'immoralité ! Perso , je sais que c'est le sexe qui me tient, et alors ? Il faut se libérer de tout ça, je consomme virtuellement pour ne plus en être tributaire. Allez vers ce qui vous est salutaire ; Crevez l’abcès !
Bon courage.

5. Le jeudi, juin 30 2016, 10:54 par zorg-f

merci.complétement à la ramasse ce matin.

6. Le vendredi, juillet 1 2016, 23:43 par ver00

Bonsoir,

Bah, on l'est tous plus ou moins, nous les naufragés de la vie. Maintenant, j'en fais une force, ma bipolarité fait de moi, une extra terrestre ! lol Ça s'appelle la résilience.J'ai vécu plus que le commun des mortels, ma souffrance, ma différence font de moi une exception que je revendique ; il forme une personnalité originale mais surtout très humaine. Accepter , Zorg, votre condition de souffrant, vos traitements, vous en porterez beaucoup mieux, et qui sait, ?

7. Le samedi, juillet 2 2016, 23:40 par Ninhursag

Bonsoir Ver00 et Eric
*
Ver00 vous dites :
Accepter , Zorg, votre condition de souffrant, vos traitements, vous en porterez beaucoup mieux, et qui sait, ?
*
Le problème c'est que les traitements ne réussissent pas pour Eric, donc c'est de bien autre chose qu'il s'agit et c'est cet autre chose qui doit être réglé même si ça fait mal.
J'ai le souvenir que lorsque j'ai crevé l'abcès je pleurai, plutôt quelque chose en moi pleurait comme un enfant avec les sanglots et non comme un adulte.......et c'est lors d'un de ces sanglots après avoir mis tout sur le tapis que la libération s'est faite et c'est quelque chose qui arrive en un instant, on passe de la souffrance à la paix totale qui ne disparaît plus.
Je pense qu'Eric à vécu cet été une approche de cette paix mais le sac n'a pas été vidé complètement et je pense comme le disent certains grand maîtres spirituels, qu'il faut vider l'inconscient totalement pour que s'établisse la vraie nature de l'homme qui est amour et paix.
Puissiez-vous arriver à cela un jour, déjà vous accepter comme vous êtes est déjà un bon départ, il faut d'abord s'aimer avant de pouvoir aimer les autres.

*

@Eric
C'est bien que votre psy vous ai accepté.
Vous connaissez votre problème, le tout est de se jeter à l'eau totalement sans retenue. A vrai dire c'est ce que j'ai fait quand mon ami médecin m'a aidé à le faire, je ne vous cache pas que ce n'est pas facile mais si vous êtes décidé il faut aller jusqu'au bout, vous n'avez rien à perdre mais tout à gagner et c'est la clé du retour à la paix, j'en suis persuadée d'une part parce que j'ai expérimenté la chose et que sur ma route j'ai rencontré plusieurs personnes qui ont fait cette expérience où il faut aller jusqu'au bout.

Je vous souhaite de mener à bien cet ultime combat contre vos vieux démons, vous devez sortir gagnant et vous le savez.

Bonne soirée à vous deux
Amities
Léonie

8. Le lundi, juillet 4 2016, 19:04 par zorg-f

bonjour à vous deux.

Je viens de vivre quelques jours très chargés émotionnellement. J'ai réussi à marier ma fille, à l'accompagner à l'église et à la réception qui a suivi sans que ma souffrance se voit trop. Bien sûr sur les photos je n'ai pas l'air hilare mais tant pis j'étais la et pour moi c'était le plus important.

J'avais fait un discours que j'avais écrit quelques jours auparavant en grande souffrance. Je le trouvais banal, quelconque. À ma grande surprise tous les gens ont été touchés et presque tous sont allés me voir plus tard pour me féliciter de ce que j'avais écrit. Ça m'a rendu très heureux pour plusieurs raisons. La première c'est que j'avais réussi à exprimer par des mots simples tout l'amour que j'avais pour ma fille sans tomber dans le pathos. La deuxième c'est que j'avais peut-être un certain talent d'écrivain.
J'ai vu mon psychiatre la veille du mariage, il avait mal aux dents, j'ai fait 140 km pour entendre ça. Il a oublié sur son ordonnance de me prescrire de la depamide. Ça tombe bien je voulais arrêter. Je considère ça comme un acte manqué. Il ne me reste plus qu'à stopper le tercian et je serais un homme heureux qui souffrira comme un martyr mais qui au moins pour boire un peu d'alcool et aller au soleil.
Vous avez la chance de me lire car j'ai complètement planté mon ordinateur en voulant installer la dernière version de Windows. Je ne sais pas par quel miracle j'ai réussi en bidouillant à retrouver Windows 7 le principal c'est que je peux de nouveau communiquer avec vous.
Je souffre,, j'ai mal. Pendant trois jours j'ai été bousculé dans ma routine par tous les amis norvégiens de ma fille et ça m'a fait du bien. Il a fallu que je décroche de l'angoisse pas complètement bien sûr mais suffisamment pour les accueillir.
J'appréhende le retour à la vie normale car maintenant la fête est finie.
Comme je vous l'ai souvent dit ver00 si les médicaments me soulageaient je les prendrai sans état d'âme mais hélas ils n'ont aucun effet sur moi à part les effets négatifs. Seuls les anxiolytiques me sont utiles. Le meilleur anxiolytique c'est l'alcool !
Je ne bois pas mais pendant le mariage j'ai fait une exception qui m'a fait du bien. Je me suis un peu lâché.
Un de mes neveux m'a proposé de faire un voyage thérapeutique, en référence à cet autiste qui voyage pour aller mieux. Il veut m'emmener au Vietnam avec un sac à dos. Je pense que c'est la solution qu'il me faut pour m'arracher de l'angoisse, c'est ce qu'a fait Adolphe et c'est ce qui faut que je fasse même si ça me terrorise.

Pour l'instant il n'y a pas de date de départ. Un des fils de mes ami âgé de 10 ans m'a dit : « pour te guérir il faut que tu pars dans le désert et que tu es très peur. » Je pense qu'il a raison il faut que je sois dans des conditions de survie extrême pour que je m'en sorte. Le cocon où je vis m'étouffe.
Et ce n'est pas en allant donner 50 e à un psychanalyste et à lui confier ma souffrance que je m'en sortirai, il peut m'aider bien sûr mais seul moi-même peux quelque chose pour moi. Et pour cela il faut que je me fasse violence et que je m'arrache de la vie routinière et insipide que je vis. Hélas c'est beaucoup plus facile de se vautrer dans son angoisse et de bouffer des médicaments et d'attendre d'autres personnes une guérison improbable que d'aller acheter un sac à dos, de prendre un billet d'avion et de partir à l'aventure seul. Parce que ça me terrorise, parce que j'ai peur tout le temps parce que peut-être je ne veux pas guérir ou que je me suis tellement laissé enfoncer par la maladie que je suis au bord du précipice.
En tout cas malgré la souffrance qui ne lâche pas je me sens un peu mieux. Pourvu que ça dure.
Bonne journé à vous deux

9. Le lundi, juillet 11 2016, 16:49 par Ninhursag

Re bonjour Eric

J'ai lu votre dernier billet avant de lire celui-ci et j'ai la réponse à ma question, à savoir si le mariage de votre fille s'était bien passé et je vois que finalement ça été réussi malgré votre souffrance.
*
Cette histoire de partir à l'aventure n'est pas bête du tout, cela va couper votre routine et c'est un peu ce qui s'est passé lorsque vous avez eu cette période de mieux, mais cette coupure a peut être été trop courte.
De toutes les façons vous n'avez rien à perdre d'essayer quelque chose de nouveau et c'est vrai que se droguer toute une vie sans avancer d'un iota (en 40 ans carrière j'ai du voir de milliers de dossiers de ce genre) n'est pas la solution, c'est d'ailleurs une discussion que j'ai eu en famille à midi. Tout récemment j'ai vu deux connaissances dont l'un est médecin qui sont tombés en dépression pour l'un et burn out pour l'autre sous chimie, eh bien ça m'a fait mal de voir comment ils étaient devenus, pourtant tous deux espèrent s'en sortir mais comment est ce possible si la conscience est enfermée...? En tous les cas c'est ce que j'ai compris quand j'étais concernée et j'ai décidé de ne pas être lobotomisée, c'est dur mais je pense que c'est l'unique façon de s'en sortir, je pense que notre société doit revoir sa façon de soigner les êtres humains qui perdent pied un jour d'autant que j'ai constaté qu'il y a bien plus de dépression aujourd'hui qu'il y a une vingtaine d'année, peut être serait-il temps d'en chercher la cause et de traiter les malades comme des humains et non des cobayes.

En tous les cas en vous lisant je vous trouve un peu mieux, et j'espère que ça va durer.

Bonnes vacances et à bientôt
Amitiés
Léonie

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