Sauvegarde.

moi heureux

À la suite d'une coupure de courant, j'ai dû réinstaller tout mon ordinateur. Je ne sais pas comment j'ai pu faire, comment j'ai trouvé l'énergie et les capacités cognitives pour entreprendre la réinstallation de Windows. J'ai dû ensuite réinstaller tous les pilotes et tous les logiciels que j'utilise. En particulier celui dont je me sers pour écrire. Il ne voulait pas se réinstaller à cause des fichiers du répertoire Windows Old. Je n'y comprenais rien et j'ai improvisé en supprimant ce répertoire au hasard et en espérant que ça marcherait. Ça a marché et je peux vous parler de nouveau.
J'avais une sauvegarde heureusement où il y avait toutes mes photos, ma musique, mes dessins, mes écrits et mes poèmes. Lorsque je l'ai ouverte et que je l'ai parcouru j'ai été effondré parce que j'ai constaté à quel point je m'étais abîmé moi-même. Quelle créativité, quelle imagination, quelle curiosité et quelle joie parfois j'avais. Ma sauvegarde est une sorte de sarcophage où il reste ce que j'ai été. Ça fait très mal de le constater et de me rendre compte des dégâts qu'a faits la maladie sur moi.
Mon psychothérapeute m'avait dit il y a quelques temps : « vers l'Orient compliqué, je volais avec des idées simples. » C'est une phrase de De Gaulle. Il voulait me faire comprendre que les idées simples étaient d'arrêter la psychothérapie et de ne plus prendre de médicaments. Ça s'appelle la guérison ou la décision de guérir autrement.
Mais moi je suis si mal maintenant que je ne peux plus saisir cette perche. C'est trop tard. Trop de souffrance accumulée, trop de médicaments.
Mon psychiatre veut m'hospitaliser de nouveau. Pourquoi faire ? Pour prendre encore plus de médicaments. J'ai réalisé ce matin que ce que je vivais en ce moment, je l'avais vécu souvent auparavant. Incapacité de se lever le matin, sensation de non-sens de l'existence. Vide existentiel. Autrefois j'avais un cadre de vie qui m'a toujours permis de rebondir. Maintenant j'ai tout détruit et rien ne peut plus me sauver que moi-même. Mais moi-même n'existe plus. Je suis détruit.
Si j'accepte l'hospitalisation, je ne pourrais pas sortir avant d'aller bien. Et si les médicaments ne marchent pas je risque d'être enfermé pendant longtemps. Pire encore, si je ne me conduis pas bien et si je dérange les pensionnaires de la clinique il m'a menacé de me transférer dans un hôpital psychiatrique public. Alors vous comprenez bien que j'hésite à accepter l'hospitalisation, sachant que ce sera ma neuvième ce qui est un record. Et que la plupart de celles-ci ont été des catastrophes.
J'ai décidé d'arrêter ma psychothérapie qui ne me sert à rien, le courant ne passe pas.
Un ami m'a conseillé d'écrire une lettre à mon père pour lui dire tout ce que j'ai sur le cœur et ensuite de la brûler. Il faudrait que je fasse mais je n'arrive pas. Il faudrait aussi que j'aille prendre ma douche, il est 12:00 passé et je n'y arrive pas, car cela veut dire pour moi commencer la journée et je ne veux plus.
L'angoisse m'empêche d'écrire correctement, c'est chaotique et désuni. Les enfants ne viennent plus à la maison, ma femme n'en peut plus, je n'arrive pas à en finir. Si je pouvais sauvegarder mon cerveau comme je l'ai fait pour mon ordinateur, mais c'est du rêve.

Commentaires

1. Le dimanche, janvier 31 2016, 19:35 par annsuhin

"À la suite d'une coupure de courant, j'ai dû réinstaller tout mon ordinateur. Je ne sais pas comment j'ai pu faire, comment j'ai trouvé l'énergie et les capacités cognitives pour entreprendre la réinstallation de Windows. "

Est-ce que ces coupures que sont les tentatives de suicide et cette envie d'en finir ne fonctionnent pas comme ces coupures de courant vous permettant de retrouver votre énergie et vos capacités cognitives ?

Bien à vous.
Annsuhin

2. Le lundi, février 1 2016, 10:10 par zorg-f

bonjour

pour continuer votre métaphore, à chaque nouvelle installation l'ordinateur marche moins bien. Je n'ai pas pu le réinstaller correctement.
Chaque tentative de suicide m'abîme un peu plus. Et je suis de moins en moins moi-même.
Ce matin je vais très mal,, hier je n'ai pas pu sortir de chez moi. Je ne trouve la paix que dans le sommeil. Mon histoire qui tourne très mal est une vraie tragédie, je ne vois rien de plus à vous dire que la sensation de vivre un immense gâchis. Je crois m'être trompé à peu près sur tout et avoir au début de mon aventure fait preuve d'un immense orgueil qui me coûte très cher.

Bien à vous aussi.

3. Le mardi, février 2 2016, 00:59 par Ninhursag

Bonsoir Eric

Si vous avez trouvé l'énergie de remettre votre ordi en marche ça veut dire qu'il y a quelqu'un au plus profond de vous qui vous aide et ce quelqu'un n'est que vous même et non le "je" qui n'a plus le courage de rien et c'est ce "je" qui vous entraine là où vous ne voulez pas aller.
Je trouve que l'idée que vous a donné votre ami, à savoir écrire une lettre à votre père et la brûler, est une bonne idée. Votre psy vous avez comprendre qu'il fallait arrêter les médicaments et je pense qu'il a raison, d'ailleurs je vous l'avais déjà dit bien avant lui, car ce sont eux qui vous enlève toute vote énergie et vous empêche de fonctionner. J'ai appris il y a peu que mon beau père avait arrêté ses médicaments à la maison de retraite où il est et du jour au lendemain il s'est mis à lire et à écrire, par contre on lui a redonné ses médicaments et il ne fait plus rien, il veut mourir. J'ai pensé à vous en apprenant ça.
Avez vous pensé à une désintoxication de ces médicaments en milieu hospitalier?

Tout ce que je peux dire c'est que tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir, rien n'est irréversible, c'est parce qu'on le pense que ça ne l'est pas et si je dis ça c'est l'expérience qui me l'a appris et je constate que c'est difficile à transmettre ça aux autres.
J'ai la sensation au fond de moi que vous avez la clé pour vous en sortir mais que vous avez peur de la mettre dans la serrure. Le retour à la paix ne peut avoir lieu que si vous ouvrez cette porte en vous même et j'espère bien que vous y arriviez.
Je constate que vous ne faites que vous déprécier et vous accuser comme si vous étiez responsable de tout ce qui vous arrive et cette façon de vous accuser vient de votre enfance où je suis persuadée que vous vous accusiez du drame que vous viviez à cause de vos parents parce que lorsqu'on est enfant on croit dur comme fer que tout ce qui nous arrive est aussi de notre faute et l'on grandit avec ça sur la conscience toute sa vie en essayant de l'occulter mais tôt ou tard ça revient au moment où l'on s'y attend le moins. Le fait est qu'il faut arriver à déculpabiliser l'enfant que l'on était pour déculpabiliser l'adulte que l'on est devenu et c'est peut être ça que vous n'arrivez pas à faire.
Depuis le temps que je viens sur votre blog, j'ai remarqué cette particularité qui m'a rappelé que je faisais la même chose. Essayez de trouver la force d'écrire cette lettre à votre père et votre mère et brûlez là. C'est une forme de rituel comme on peut le faire en ésotérisme, qui en réalité est une aide pour se connecter au plus profond de soi.

Je vous souhaite une bonne nuit et espère vous alliez mieux.

Amitiés
Léonie

4. Le mardi, février 2 2016, 09:55 par zorg-f

non,je suis au plus mal. Je n'ai plus la force de me lever, je n'ai plus aucune volonté. Je ne peux plus m'en sortir. Je n'y crois plus. J'aimerais pouvoir me suicider ce matin,, je regarde les boîtes de médicaments impuissant. Allez me faire hospitaliser est une autre forme de suicide. Je suis incapable de suivre vos conseils qui sont bons.
Je suis perdu pour le monde et je vais aller me jeter dans la gueule du loup.
Ils ont essayé tous les médicaments, il ne reste plus que les pires, tous les psychotropes.
C'est ce qui m'attend. Et cela ne marchera pas.
D'un autre côté je ne peux plus continuer comme ça. La meilleure solution c'est le suicide, et j'en suis incapable. Je ne sais pas ce qui m'accroche encore la vie. Peut-être une forme de masochisme pour souffrir encore et encore. Je suis mon bourreau et mon esclave.
Je vais arrêter la, tout cela je l'ai dit et redit et je vais finir par ennuyer tout le monde. J'ai tellement crié au secours alors que finalement je n'allais pas si mal par rapport à ce que je vis maintenant, que plus personne ne va me croire. Croyez-moi je suis vraiment au bout du rouleau.
Je n'ai pas encore pris ma décision, je dois être hospitalisé vendredi,, je peux encore dire non. Mais qu'est-ce que je ferai, tout seul sans le soutien de mon psychiatre. Je suis pris au piège.
Amitiés

5. Le lundi, février 8 2016, 20:47 par Ninhursag

Bonsoir Eric

Vous n'êtes perdu pour personne c'est juste un leurre de votre mental/ego, il n'y a que s'il se tait que vous pourrez aller mieux, c'est lui qui vous torture et vous lui accordez de l'importance malgré tout et les médicaments le renforce en vous enlevant toute votre volonté. Je dirais qu'on vous empoisonne depuis un bout de temps, vous servez de cobaye pour essayer toutes les molécules pour un piètre résultat. Comme je vous l'ai dit, c'est peut être une désintoxication qui pourrait vous permettre de remonter la pente.

Je ne sais si vous êtes hospitalisé, si c'est le cas j'espère que vous ressortirez un peu mieux.
Ne perdez surtout pas espoir.

Amitiés.

Léonie

6. Le lundi, février 15 2016, 14:45 par zorg

je suis hospitalise c'est l'horreur je souffre plus que jamais malgre l'augmentation des medocs je ne sortirais jamais

7. Le mercredi, février 17 2016, 23:14 par Ninhursag

Bonsoir Eric

Je vous met un lien intéressant que vous devriez essayer de lire si vous le pouvez et qui rejoint certaines choses que je pense de la maladie psychiatrique.

http://www.santeglobale.info/chaman...

Croyez moi, j'espère de tout coeur que vous vous en sortiez,
Je vous souhaite une bonne lecture si possible dans l'attente de vos nouvelles prochaine,

Bonne soirée, A bientôt
Amitiés
Léonie

8. Le vendredi, février 19 2016, 15:11 par zorg-f

bonjour et merci d’être toujours la.

je regarde votre lien

amities

9. Le lundi, février 22 2016, 00:07 par Ninhursag

Coucou Eric

Je ne vous lâcherais pas tant que vous n'aurez pas retrouvé la paix et la sérénité.

Bonne nuit.
Amitiés.

10. Le mercredi, février 24 2016, 14:35 par zorg-f

alors nous ne somme pas prés de nous quitter.mon hospitalisation se passe très mal,inefficacité du traitement et problème avec les autres patients qui me mettent a l’écart.je suis desesperé.

11. Le lundi, février 29 2016, 15:02 par zorg-f

xeroquiel en plus

12. Le lundi, février 29 2016, 21:44 par Ninhursag

Bonsoir Eric

Ce qui est bizarre votre dernière hospitalisation s'était à peu près bien passée d'après vous, Qu'est ce qui a changé par rapport à celle-ci?
Pourquoi les autres patients vous mettent-ils à l'écart?
Sinon avez vous lu le lien que je vous ai donné? Si oui qu'en pensez vous?
Sinon effectivement si vous jouez les prolongations, je les jouerais avec vous car je sais que vous pouvez guérir, ne me demandez pas comment je le sais, mais c'est une intuition inébranlable que j'ai depuis le début même si vous êtes persuadé du contraire, apparemment il y a un obstacle, peut être est ce le manque de confiance en votre force intérieure qui fait défaut, ou autre chose et il s'agirait d'en trouver le pourquoi, en tous les cas les médicaments vous empêchent sans doute d'avoir la lucidité qui permettrait une autoanalyse sur ce point.
Il est clair que tous les médicaments que vous essayez échouent donc c'est qu'ils vous sont inutiles.
La semaine dernière j'ai eu une pensée pour vous en tapant le dossier d'une patiente qui est dépressive depuis de longues années et dont le parcours ressemble un peu au vôtre, il se trouve qu'avec son médecin elle a entrepris un sevrage des médicaments progressivement et il se trouve qu'elle commence à revivre et à faire quelques activités, alors qu'elle n'avait plus de vie. J'ai pensé que c'est plutôt vers ce genre de chose qu'il vous faudrait vous diriger. Je ne sais pas si j'ai raison ou tort mais au point où vous êtes tout ce qui peut être tenté doit l'être et tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir.

Je vous souhaite d'aller mieux et de vous retrouver
Bonne nuit
Amitiés
Léonie

13. Le mercredi, mars 2 2016, 14:37 par zorg-f

je vais mieux le xeroquiel marche et vas peut être m'aider a diminuer les autres medicaments.je dispose de peut d'acces internet je vous repondrait plus tard

amities

14. Le lundi, mars 14 2016, 14:30 par zorg-f

catastrophe angoisse permanente pas de sortie prévue voila un mois que je suis la je vais crever ici

15. Le mercredi, mars 16 2016, 00:03 par Ninhursag

Coucou Eric

Non vous ne mourrez pas, je pense qu'il vous avez encore besoin de temps et tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir dit-on lorsqu'on ne baisse jamais les bras et jusqu'ici vous ne les avez jamais baissé quelle que soit la souffrance, peut être vous faut-il descendre jusqu'au fond pour mieux remonter et peut vaut-il mieux être entouré pour ça, certains sont capable de descendre au fond du gouffre pour se retrouver et remonter mais d'autres ne peuvent pas le faire seul et ne pourraient pas remonter mais je pense que vous avez les moyens intérieurs pour remonter.
J'ai toujours confiance que vous vous en sortiez même si la situation paraît grave et elle ne l'est parce qu'on veut qu'elle le soit.

Je vous souhaite une bonne nuit et de bientôt ressortir.

Amitiés.
Léonie

16. Le mercredi, mars 16 2016, 15:00 par zorg-f

je sors demain

17. Le vendredi, mars 18 2016, 22:41 par Ninhursag

Coucou Eric

Etes vous sorti? si oui comment allez vous.

Bonne nuit
Amitiés.

Léonie

18. Le samedi, mars 19 2016, 10:06 par zorg-f

très mal. Encore plus mal que quand je suis rentré. Le nouveau traitement est une catastrophe. Triplement des antidépresseurs et changement du Timo régulateur. Cette hospitalisation m'a détruit complètement. Je suis rentré hier soir et ce matin je me suis déjà effondré. Je suis incapable de mettre un pied devant l'autre, incapable de prendre ma douche et de sortir de chez moi Un des psychiatre qui m'avait vu pendant mon hospitalisation m'avait dit: puisque vous n'êtes pas bien ici et pas bien chez vous votre place est peut-être dans une institution ! Vous vous rendez compte où j'en suis rendu. Placé comment adulte handicapé dans une institution. Je préfère me tuer.

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