Le gouffre.

Zachary n'en finissait pas de mourir. Sa consommation d'alcool était devenue faramineuse. Il n'était jamais saoul, imbibé d'alcool dès le matin il s' achevait le soir pour trouver le sommeil.
Il habitait  le même appartement, il était devenu un client habitué des nombreux bars situés le long du parcours qu'il faisait tous les matins pour aller travailler.
Il dirigeait toujours la chaire d'anatomie où il enseignait aux étudiants. C'était la seule chose qui le retenait encore à la vie.
Les étudiants l'aimaient bien adoptant à son encontre de la pitié et de l'admiration pour ce qu'il avait été. Lorsqu'il disséquait il retrouverait toute sa superbe et sa culture était immense.
Ils l'avaient cruellement surnommé « cirrhose ». Lorsqu'il arrivait dans la salle de dissection les cheveux sales et trop longs, pas rasé et puant l'alcool les nouveaux ricanaient. Les anciens se taisaient attendant le génie qui allait sortir de sa boîte quand le bistouri serait dans sa main.
Il travaillait le moins possible et quittait la fac à dix-sept heures.
Ensuite il rentrait à pied s'arrêtant dans les bars pour prendre des doubles scotchs. Il achetait à manger n'importe quoi chez l'arabe du coin et lorsqu'il arrivait chez lui il était déjà très imbibé.
Il jetait son manteau sur une chaise, s'installait dans son fauteuil club, allait chercher la bouteille de scotch, son verre et les glaçons et commençait son éternelle rumination.
Le verre à la main, les deux pieds sur le bureau, son regard faisait toujours le même voyage. D'abord vers la mélancolie puis vers la photo d'Anna, la toile qu'il avait achetée et l'étoile juive de son père posé sur sa bible.
Il ne savait plus exactement quand avait eu lieu leur rupture. Il y avait trois ans peut-être, sa mémoire le quittait.
Il ne pensait qu'à elle. Il se remémorait en boucle tous les moments passés avec elle comme quelqu'un qui regarde un film à perpétuité.
Jamais il ne se remettait en question. Il avait un déni complet des raisons qui avaient entraîné la rupture. De même qu'il ne faisait aucun effort pour refaire surface. Il s'est laissé engloutir sans opposer aucune résistance.
Il aurait pu se souvenir de sa presque noyade à Amalfi. Elle était la métaphore de ce qui lui arrivait maintenant. Le vieux pêcheur l'avait prévenu et il n'avait rien voulu entendre.
D'où venait cet instinct mortifère qui l'habitait ? Qui lui avait fait refuser l'amour qu'il avait pour Anna, qui avait nourri sa dévorante ambition ?
Un sentiment d'infériorité que lui avait inoculée son père. Quelque chose qui lui avait collé à la peau comme une chimère.
Dans la vie tout est imaginaire, si on réfléchit bien et si on est pas croyant, rien n'a de sens.
En rencontrant Anna il avait rêvé sa vie et il n'avait pas pu transformer le rêve en réalité parce que finalement il n'y croyait pas. Il avait été élevé comme ça dans la tristesse et la résignation ou les miracles n'existent pas. Il était enfermé en lui-même, prisonnier consentant.
Il termina sa bouteille, regarda une dernière fois le portrait en noir et blanc la femme de sa vie et s'effondra tout habillé sur son lit. Il avait oublié de manger.
Lorsqu'il partit travailler le lendemain, il aperçut par hasard une affiche placardée sur un kiosque.

Anna G paleoarchéologue.

L'évolution du concept de Dieu
de l'homme préhistorique jusqu'à nos jours.

Conférence au grand amphithéâtre de la Sorbonne
le 13 février 2016 à quatorze heures.


Le coeur de Zachary s'emballa. Il se précipita dans le bar le plus proche pour avaler un whisky. Comme il n'avait rien mangé depuis hier, il pris un croissant.
Il téléphona à la fac disant qu'il était souffrant. Puis sans attendre la réponse de la secrétaire il prit le métro pour aller à la Sorbonne. Il avait eu raison de se dépêcher car il ne restait presque plus de place. Il choisit un fauteuil au deuxième rang.
Animé d'une énergie nouvelle il se permit un vrai repas. Il avala seulement un litre de Bordeaux, pris deux cafés et rentra chez lui.
Il mit tous ses vêtements dans un sac-poubelle qu'il porta au pressing.
Vêtu d'un jean et d'un manteau autrefois élégant il alla d'abord chez le coiffeur. Il lui demanda coupe plus moderne en conservant ses cheveux longs.
Il regardait dans la glace son visage impitoyablement disséqué par les spots halogènes. Il avait une sale gueule, des poches sous les yeux. La sclérotique subicterique. Sa peau était fripée et grise, des petits points rouges apparaissaient çà et là. C'était des angiomes stellaire signe avant-coureur d'une cirrhose hépatique.
Il alla ensuite acheter des vêtements. La mode avait changée, les pantalons et les vestes se portaient près du corps. Zachary n'avait plus de muscles et son abdomen étaie distendu par l'hypertrophie de son foie. Cette nouvelle mode ne lui allait pas, il ressemblait à un criquet. Il acheta quand même un pantalon noir fait d'un tissu synthétique légèrement élastique, une veste chamois et une chemise blanche avec un col assez court. Les manteaux longs qu'il affectait tant ne se faisait plus, il dut se contenter d'un manteau trois-quarts gris anthracite assorti  avec un chèche aux motifs géométriques blancs et noirs.
Il rentra chez lui il rangea tout dans un placard.
On était fin janvier son supplice allait durer deux semaines. Cette attente et cette joie de revoir Anna le ramenait à la vie. Il se mit à boire un peu moins et alla rendre visite à Catherine.
Cela faisait des mois qu'il ne l'avait pas vu. Il débarqua chez elle en fin d'après-midi, elle lui ouvrit la porte l'air gêné.
Je te dérange ?
Oui, non, enfin je ne suis pas seul.
Je reviendrai plus tard.
Non, entre, je vais te présenter mon nouveau compagnon. Je suis amoureuse figure-toi !
Il y avait un homme d'une cinquantaine d'années assis dans le living.
Georges, je te présente Zachary, un ami de longue date.
Georges était plutôt bel homme, habillés de façon élégante et décontractée.
Tu veux boire quelque chose ?
Tu sais bien, un scotch avec de la glace.
Et toi Georges ?
La même chose.
Ça fait longtemps que tu n'es pas venu.
Oui, je n'allais pas très fort.
Je trouve que tu as une meilleure tête.
Tant mieux répondis Zachary. Tu sais Anna viens faire une conférence à Paris mi-février, j'ai eu les dernières places. Je vais pouvoir lui parler.
Georges écoutait en silence se sentant un peu de trop.
Excuse-moi Georges dit Catherine ce sont de vieilles histoires entre nous.
Il peut savoir. Je suis follement amoureux de cette femme qui m'a quitté.
Pourquoi si ce n'est pas indiscret ?
Parce que je suis un idiot. Je ne ne peux pas l'imaginer avec un autre homme, c'est pourtant le cas puisqu'elle s'est mariée et qu'elle ne répond plus à mes lettres ni à mes SMS. Elle a dû changer de numéro de portable.
Vous devriez laisser tomber et passer à autre chose. Votre obstination ressemble à du harcèlement qui ne fera qu'éloigner votre ami.
Oui, je ne peux pas faire autrement dit-il en se resservant un autre verre.
Vous buvez beaucoup n'est-ce pas ?
Ça se voit tant que ça, je suis devenu alcoolique.
Je peux vous aider, je suis psychiatre.
Et moi je suis chirurgien, je ne veux pas de votre condescendance ni de vos conseils. La souffrance ça se vit tout seul , vous n'y comprenez rien.
Il se leva en terminant son verre.
Au revoir Catherine, soit heureuse.
J'étais comme vous avant Georges, bien supérieur. Je vous aurai écrasé de mon orgueil et de mon mépris.
Au revoir.
Pendant les jours qui suivirent il tenta de prendre soin de lui. Il se força à avaler un petit déjeuner le matin et à manger Midi et soir. Il buvait un peu moins et se bourrait de vitamines. Il avait récupéré ses vêtements au pressing et fait un peu de ménage dans son appartement.
À la fac les étudiants étaient étonnés de la transformation de « cirrhose ». Il arrivait le matin un peu moins saoul et un léger sourire aux lèvres.
La veille de la conférence il commanda vingt roses rouges et essaya sa nouvelle tenue. On ne voyait que son ventre proéminent comme celui d'une femme enceinte qui distendait la chemise. Heureusement le manteau le dissimulait légèrement.
Le dernier soir il passa comme toujours le film de ses souvenirs et avala une bouteille de whisky.
Le lendemain, il partit avec une demi-heure d'avance. Lui qui auparavant était toujours en retard, quelle dérision !
Il avait l'air endimanché avec son manteau trop court et ses roses rouges. Il alla boire un verre pour tuer le temps et à quatorze heures il s'installa dans le fauteuil qui lui était attribué.
Il était assis au milieu du deuxième rang juste en face du pupitre. Anna serait obligée de le voir.
La salle était pleine, le rideau s'ouvrit et Anna apparue resplendissante dans un tailleur noir à la coupe très stricte. Elle était encore plus belle et portait toujours ses boucles d'oreilles.
Elle commença à parler. Ça devait être très intéressant mais Zachary n'écoutait pas. Il buvait son image.
Soudain elle le vu. Elle s'arrêta nette de parler. Son visage blanchit puis s'empourpra. Elle prit un verre d'eau, s'excusa prétextant un mal de gorge.
Lorsqu'elle reprit son exposé elle n'était plus la même. Elle cherchait ses mots, était hésitante. Elle termina avec peine sa conférence.
Dans la salle régnait un profond malaise. Les gens se levaient il partait avec hésitation comme s'isl leur manquaient quelque chose.
Zachary se leva et tenta d'approcher la scène pour offrir les roses à Anna.
Elle ne le fuit pas, au contraire elle s'approcha de lui.
Va-t'en Zachary, garde tes fleurs, rentre chez toi, oublie-moi, tu n'existes plus pour moi.
Je t'aime toujours dit il en lui tendant le bouquet. Nous pourrions au moins devenir amis.
Anna gifla Zachary avec le bouquet écorchant sa joue qui se mit à saigner.
Tu ne comprends rien, fous le camp !
Alors il partit des larmes plein les yeux, laissant son amour par terre à côté des roses qui y  gisaient.
Il rentra chez lui terrassé par une douleur qu'il n'avait jamais éprouvée auparavant. Plus rien n'avait de sens, Anna était partie pour toujours, il marchait hébétée bousculant les passants. Il traversait les rues sans se soucier des voitures. Il faillit se faire renverser, il se fit insulter. Il n'entendait rien, il ne voyait rien, il voulait rentrer chez lui tout de suite.
La nuit tombait peu à peu sur Paris, la nuit rougie par les gaz d'échappement, les éclairages des voitures et des magasins. C'était une nuit de fin de monde comme dans Blade Runneur.
Une fois arrivée chez lui il arracha ses vêtements neufs qu'il jeta par terre. Il avait tout raté ce soir avec ses vêtements ridicules. Même ça, s'habiller, avoir l'air de quelque chose, il ne savait plus, il n'était plus rien.
Comme toujours il s'installa dans le petit fauteuil de cuir et posa ses jambes sur son bureau. Il contempla ces objets fétiches et se mit à pleurer doucement sans pouvoir s'arrêter.
Il se leva pour aller chercher sa bouteille, son verre et ses glaçons. Les posa sur le bureau, se prépara à s'asseoir, puis il se raviva il chercha dans le placard la vieille malle de son père.
Il l'ouvrit, prit la lettre et le pistolet Luger avec ses cartouches.
Il se rassit et lu la lettre plusieurs fois. Il pleurait toujours. Il se resservit un verre, en avala la moitié puis observa le pistolet. Il fit jouer la culasse, testa le percuteur à vide. Il fonctionnait toujours.
Il remplit le chargeur qu'il introduisit dans la culasse. Elle se verrouilla avec un claquement sec.
Tout en buvant son alcool il jouait avec le pistolet sur le bureau. Il avait le temps, rien ne pressait.
Il parla à son père, lui demanda pardon d'avoir été un fils méprisant et d'avoir raté sa vie alors qu'il avait tout sacrifiée pour lui. Il embrassa sa mère qui l'avait tant aimé.
Il prit un stylo et une feuille de papier il fit un testament olographe qu'il data et qu'il signa.
Dans celui-ci il demandait d'être inhumé au Père-Lachaise dans le caveau de familial. Stipulait que les frais d'inhumation seraient à sa charge.
Il léguait tout ces biens et liquidités à Anna G. Seul le tableau de l'ami de Houellebecq irait à Catherine.
Il posa le stylo sur la feuille à côté de la bouteille de whisky et se resservit un verre qu'il savoura doucement.
Il prit le pistolet qu'il mit dans sa bouche. Il pensa très fort aux jasmins et aux citronniers d'Amalfi et à la voix d'Anna quand elle lui disait je t'aime.
Il ferma les yeux et appuya sur la détente. Son crâne explosa répandant sa cervelle sur  la mélancolie.
Le vendredi 13 février à 18:30 Adolphe était en train de regarder le feu qui brûlait dans la cheminée de sa bergerie. Soudain masquant le « bruit » une détonation ébranla sa conscience. Il activa une fonction de son cerveau qui n'avait jamais utilisé. Il réussit à localiser et à identifier la cause de la déflagration. Une image format dans sa tête, celle de Zachary Mors gisant sur son bureau la tête fracassée.
Il appela clémentine en lui demandant de préparer ces affaires d'urgence ainsi que celle des enfants.
Nous partons demain matin à Paris. Je dîne et je dors chez toi.
Que se passe-t-il demanda-t-elle ?
Zachary mors s'est suicidé. Il n'y a personne pour l'accompagner dans l'autre monde, il faut que nous y allions.
Adolphe fit son sac et se rendit chez sa femme. Après dîner ils eurent une discussion houleuse.
Je ne vois pas pourquoi tu veux aller à l'enterrement de ce type qui te fait tant de mal.
Il n'a été qu'un instrument, il ne m'a jamais rien imposé. Je suis aussi responsable que lui.
Pourquoi veux-tu emmener les enfants ?
Parce que nous sommes une famille et qu'il était certainement extrêmement seul. J'aurais aimé quand j'étais en grande détresse qu'on fasse la même chose pour moi.
Personne à part lui n'était au courant du suicide de Zachary, il aurait pu pourrir des mois dans son appartement avant qu'on le découvre.
Il fallait prévenir quelqu'un sans éveiller l'attention. Il choisit de mentir et d'appeler police-secours à Paris. Il leur dit qu'il venait de recevoir un SMS d'un ami qui annonçait son suicide. Il leur donna son adresse et leur demanda d'aller vérifier. Craignant un canular la police lui demanda son nom et son numéro de téléphone ainsi que son adresse.
Une heure après environ, la police rappela.
Vous avez raison, nous avons forcé la porte et découvert votre ami mort à son bureau, c'est bien un suicide. Avait-il de la famille ou des amis ? Qui doit-on prévenir ?
Je n'avais pas vu depuis trois ans, il était chirurgien urologue et travaillait dans une clinique d'esthétique. À ma connaissance il n'avait aucune famille.
Il avait fait un testament lui dit le policier ou ici deux femmes, nous allons tenter de les identifier et de les joindre. Qui s'occupera de la sépulture ?
Moi répondis Adolphe. J'aimerais que vous me donniez les noms et les numéros de téléphone des deux femmes citées sur le testament dès que vous les aurez identifiés pour pouvoir les prévenir du jour des obsèques. Je pars à Paris dès demain.
Ce sera fait répondit policier. Une question, comment connaissez-vous cet homme ?
C'était mon chirurgien.
Ils arrivèrent à Paris lendemain en fin d'après-midi. Ils s'installèrent dans l'hôtel ou Adolphe avaient j'ai déjà résidé rue cadet.
La police avait été efficace et avait déjà rappelé Adolphe pour lui donner les renseignements qu'il désirait.
Adolphe suggéra à clémentine et aux enfants d'aller faire le tour des magasins, il avait besoin d'être seul.
Anna était domiciliée en Italie, Catherine habitait Paris, il choisit de l'appeler en premier.
Il composa le numéro, au bout de quelques secondes elle décrocha.
Allô, qui est à l'appareil ?
Un ami de Zachary.
Que désirez-vous ?
Il faut que nous nous rencontrions, Zachary s'est suicidé hier.
Ce n'est pas possible, comment avez-vous su ?
Il continua à mentir. Il m'a envoyé un SMS juste avant. Je sais qu'il n'a pas de familles et peu d'amis, je vais organiser sa sépulture. La police a dit qu'il avait fait un testament, vous y figurez ainsi qu'une autre femme. Une italienne qui réside à Rome. Je ne veux pas continuer cette conversation au téléphone, pourriez-vous me rencontrer ce soir vers vingt-deux heures.
Je vais essayer de me libérer.
Je suis dans un hôtel rue cadet, il y a un bar tout près, je vous donne l'adresse.
À tout à l'heure, je porterai un jean et un blouson rouge dit-elle raccrochant.
Clémentine et les enfants rentrèrent ravi de leur balade.
J'aime bien Paris dit-elle mais je ne pourrais plus y vivre.
Et puis dit Pierre ça pue et il y a plein de clochards. Qu'est-ce que les gens sont tristes ajouta Sarah, on est bien mieux chez nous.
Oui répondit leur père, c'est vrai mais il y a aussi des choses magnifiques à voir. Des musées, des monuments, des expositions et des spectacles. Dans l'avenir de nous irons de temps en temps pour faire votre éducation.
Ils dînèrent dans un petit restaurant et vers vingt-deux heures Adolphe s'éclipsa.
Lorsqu'il pénétra dans le bar il repéra facilement Catherine installée seule au comptoir.
Il se dirigea vers elle et l'aborda.
C'est moi que vous attendez, je suis l'ami de Zachary. Nous allons nous installer dans un coin tranquille, la petite table au fond me paraît parfaite.
Catherine commanda un martini et Adolphe un demi.
Comment vous appelez-vous ?
Adolphe Petit pied.
Ce n'est pas possible, ça ne peut pas être vous. Pourquoi m'avez-vous dit que vous étiez un ami de Zachary ?
Si je vous avais révélé mon identité vous m'auriez raccroché au nez.
Même si Zachary a détruit ma vie, moi aussi indirectement j'ai détruit la sienne. Je ne peux laisser cet homme seul à l'heure de sa mort.
C'est un sentiment qui vous honore. Je l'avais vu quelques jours avant son suicide. Depuis sa rupture avec Anna il était devenu alcoolique, c'était une épave.
Je ne savais pas. Demain j'aimerais que vous m'ayez à organiser les funérailles. La police m'a dit qu'il avait laissé un testament. Il désire être inhumé au Père-Lachaise avec ses parents. J'aimerais qu'il y ait une cérémonie religieuse, une simple bénédiction. Je ne pense pas que le prêtre y face opposition. Le temps est terminé où on excommuniait les suicidés.
Il faut prévenir Anna. Pourriez-vous vous en charger. Elle ne me connaît pas. Ce sera plus facile entre femmes.
Je ne vous imaginais pas comme ça, vous avez un regard extraordinaire. Il y a une lumière qui brille en vous, que vous est-il arrivé ?
Ce serait une longue histoire. Peut-on se voir demain pour organiser l'enterrement et prendre connaissance du testament.
Oui, il nous faudra la journée, j'ai un ami notaire qui pourra nous aider.
On peut se retrouver devant l'immeuble de Zachary à neuf heures, ensuite on improvisera. Je ne sais pas où est le corps.
Catherine se leva la première et ils quittèrent le bar.
À demain.
Je serai là dit Catherine.



Ça n'a pas duré bien longtemps. Pendant mes trois semaines d'hospitalisation ou j'ai enduré le pire, l'angoisse avait disparu sans raison. La première semaine dans l'hôpital psychiatrique public ou j'étais hospitalisé d'office, j'ai passé une journée en cellule d'isolement et puis deux jours en pyjama car je n'avais pas les clés de mon placard et je ne pouvais pas m'habiller. Je passai mes journées à rouler les cigarettes des schizophrènes qui tremblaient trop pour le faire. Je ne sais pas comment j'ai réussi à survivre et même à me restructurer dans cette endroit. J'étais mis en soins sous contrainte, cela voulait dire que seuls les psychiatres pouvait décider de ma sortie. J'ai demandé un transfert à la clinique où je suis hospitalisé habituellement. Il a été accepté.
Pour me punir mon psychiatre a refusé de me donner une chambre seule. J'ai supporté ça aussi. Et puis au fil des jours peut-être grâce à un autre médicament le nozinan j'ai commencé à aller mieux. L'angoisse disparaissait peu à peu et moi j'écrivais et je peignais. Il y avait même des jours où je ne m'ennuyais pas. J'ai recommencé à croire en moi, à faire des projets dans ma maison. Et puis je suis sorti un jeudi 31 décembre. La transition a été dure car j'ai enchaîné sur un réveillon. Mais j'allais encore bien pour pouvoir cohabiter avec les vivants.
Je suis rentré chez moi avec bonheur. Et puis au fil des jours très rapidement tout est revenu comme avant. Je suis dans un gouffre, l'angoisse m'éreinte. Le nouveau médicament m'abrutit et je me couche à 9:00 tellement je suis fatigué.
Je crois que je suis rendu vraiment au bout de mon voyage. Ma famille craque autour de moi.
Pourtant j'ai essayé de réaliser des objectifs que je me suis fixé. J'ai retranscrit sur mon ordinateur tout ce que j'avais écrit à la clinique. C'est infantile, digne d'un enfant de CM2. Ce livre est un échec et je n'oserais même pas tenter de le faire publier. J'ai rêvé ma vie comme mon héros Zachary. À la fin du livre il se tire une balle dans la tête, il meurt d'amour et de désespoir, comme moi.
J'ai fait une tentative de suicide qui au lieu de me libérer de la souffrance n'a fait que l'augmenter. Je suis encore plus mal qu'avant, je me suis encore abîmer un peu plus et je me suis mis dans une situation dangereuse pour moi quand j'ai réalisé que seul un juge ou un psychiatre pouvait lever l'obligation de soins. Je suis prisonnier de ce système psychiatrique, mais au point où j'en suis ça n'a plus d'importance. Je suis avant tout prisonnier de moi-même et incapable de réagir.
Oui j'ai rêvé ma vie, j'ai cru que j'allais m'en sortir, j'ai tout essayé. Et ça été qu'une escalade de médicaments et de rendez-vous chez les psychothérapeutes qui m'ont emmené vers le suicide. Rien n'est plus décourageant que de sortir d'une séance de psychothérapie en ayant l'impression d'avoir perdu son temps et surtout de sentir son thérapeute complètement désarmé.
Je ne sais pas ce qui va m'arriver maintenant, je ne sais pas quelle bêtise je vais encore faire. Il est bien loin le médecin, l'homme heureux qui rentrait le soir chez lui après sa journée de travail, fatigué mais content de soi.
Je ne crois plus à rien, j'en ai trop vu dans la clinique qui revenait sans arrêt, j'en ai trop vu des gens bourrés de médicaments qui souffraient toujours autant..
Ayez pitié de moi et de tous ceux qui souffrent comme moi. Vous ne pouvez pas vous mettre à notre place, la souffrance morale est indicible.
Je n'ai rien d'autre à vous dire.

Commentaires

1. Le vendredi, janvier 8 2016, 01:39 par Ninhursag

Bonsoir Eric

Je vois qu'on vous a donné du Nozinan, je connais bien ce médicament qu'on m'avait prescrit aussi et que j'ai jeté rapidement et bien que je ne l'ai pris que peu de temps, la dépendance est advenue rapidement, j'ai été voir un homéopathe acupuncteur pour arranger ça. De plus mon beau père à pris ce médicament pendant de longues années et un jour il est devenu dément à cause de celui-ci et les psy l'ont sevré d'office en remplaçant ce médicament par un autre. Aujourd'hui mon beau père passe son temps couché à ne rien faire, récemment ses médicaments ont été diminué et il s'est mis à dévorer plein de livres et à écrire (il a des facilités de ce côté), mais comme il était en manque on lui a redonné ses médicaments et il est à nouveau apathique. Je pense que les médicaments sont un cercle vicieux qui empêchent de réfléchir vraiment à sa condition et en plus ils induisent un désir de mourir, seulement voilà mourir n'est pas la solution car la douleur présente dans cette vie continuera dans l 'autre vie, et avec l'impossibilité d'en sortir et aucune marche arrière ne sera possible alors. Perso j'ai préféré affronter l'angoisse que de continuer les anxiolytiques et je ne regrette pas parce que ça à marché, je suis sortie de l'engrenage. Je sais que vous allez dire que c'est trop tard pour vous mais je vous répondrais qu'il n'est jamais trop tard et que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir et si je vous dis ça, c'est parce que j'y ai cru jusqu'au bout et j'ai vu que c'était possible de s'en sortir et sur ma route j'ai rencontré pas mal de personnes qui ont des passages de vie terrible et qui ont voulu en sortir et ont réussi, je crois qu'à un moment donné la volonté supplante la souffrance qui disparaît par enchantement d'un coup, certains appellent ça la grâce, mais j'y vois plus un dépassement de soi. Je pense qu'on ne donne pas assez espoir à ceux qui souffrent et qu'ils sont mal soignés tout simplement, on leur met un emplâtre sur une jambe de bois, je pense aussi qu'on emploie les solutions de facilité et qui reviennent moins cher aux pouvoirs publics.
Je pense que tout le systèmes psychiatrique serait à revoir, il n'y a pas d'amour dans les cliniques psychiatriques, personne n'a le temps pour ça.
Vous ruminez sur votre passé alors que vous savez très bien qu'on ne peut vivre sa vie dans le passé et qu'en plus ça ne sert strictement à rien à part vous faire souffrir encore plus, comme si vous aviez besoin de ça inconsciemment.
Peut être qu'un sevrage des médicaments en milieu hospitalier serait une solution du moins en faire l'essai est-il possible?
En tous les cas vous ne devez pas baisser les bras aussi longtemps qu'il vous est donné de vivre, peut être que le miracle aura lieu alors.
Je vois que vous avez plus d'affinité avec zaccharie qu'Adolphe, mais c'est le mauvais choix, devenez Adolphe, laissez la lumière entrer en vous, Adolphe est votre enfant intérieur, Zaccharie est votre mental/ego qui souffre par égoïsme, son amour pour Anna et son suicide n'étaient que de l'égoïsme alors qu'Adolphe a voulu se retrouver avant de retrouver celle qu'il aimait et il a réussi, donc symboliquement Zaccharie meurt pour laisser la place à Adolphe, c'est ce que je vois dans votre récit, donc le combat est gagné par l'être intérieur.
Je ne sais si ce dénouement de votre récit a été conscient ou inconscient mais en tout cas il est bien dans l'ordre des choses, pour grandir et retrouver la paix de l'âme, l'ego doit céder sa place et c'est bien ce que Zaccharie a fait. N'oubliez pas que tous nous sommes deux, un qui Est et un qui n'est pas (le masque ou persona comme dirait Jung) et c'est celui qui Est qui doit gouverner notre vie...

Je vous souhaite une bonne nuit et un retour dans la paix
Amitiés
Léonie

2. Le samedi, janvier 9 2016, 11:02 par zorg-f

bonjour.
Je suis dans un tel état ce matin que je ne sais pas si je vais pouvoir vous répondre. Le nozinan me détruit et je suis déjà accroché à cette saloperie parce que j'ai l'impression qu'elle soulage ma souffrance. Je ne peux plus regarder la télévision, je me couche à 21:00 pour dormir 11:00 d'un sommeil sans rêve. Et quand je me réveille je suis dévasté par l'angoisse. J'enchaîne attaque de panique sur attaque de panique.
Je n'ai plus ni courage ni volonté. Je suis en train de me laisser mourir comme Zachary.
Depuis que je tiens ce blog je n'ai jamais été aussi bas. Pourtant lorsque j'étais hospitalisé j'allais bien, je ne sais pas pourquoi. J'ai l'impression que je ne peux plus vivre dans la vraie vie tellement je suis malade.
Pour la première fois ma femme envisage de me quitter pour se protéger. Ce Midi les enfants devaient venir manger à la maison. Étant donné mon état ma femme leur a dit de ne pas venir. C'est la première fois que ça arrive. Hier j'étais chez mon autre fille et j'ai fait une attaque de panique.
Ça ne peut plus durer comme ça. Je ne sais plus quoi faire. Je ne crois plus à la psychiatrie ni à la psychothérapie. Il va falloir que je me suicide vraiment. Je ne sais pas si j'en aurais le courage. D'un autre côté je vais droit au mur. Bientôt je ne pourrais plus conduire ni sortir de chez moi comme ce matin où ma femme m'a interdit d'aller chercher le pain. De toute façon je crois que je n'aurais pas pu.
Je confie mon âme à Dieu car je crois qu'il n'y a plus que cela à faire.
Si vous saviez la souffrance que je vis, si vous saviez comme ça fait mal de voir sa femme hurler de douleur devant vous tellement elle est à bout de voir son mari devenir un légume. Un être détruit qui va à sa perte. C'est horrible.
Je pourrais vous parler pendant des heures, je pourrais hurler pendant des heures, comme je l'ai fait ce matin. Au secours, au secours. Aidez-moi mon Dieu, aidez-moi.
J'arrête la c'est trop pitoyable.
Au revoir et peut-être à bientôt.

3. Le lundi, janvier 11 2016, 00:41 par Ninhursag

Bonsoir Eric

Le nozinan est une cochonnerie, c'est un somnifère auquel on devient addict en moins de 15 jours, je vous l'ai écrit car j'en ai fait l'expérience ainsi que mon beau père pendant de longue années et qui a du être sevré parce qu'il devenait dément avec, je trouve qu'on vous a transformé en cobaye avec tous ces médicaments ne sachant pas ce que vous avez ni que faire de vous, vous seul pouvez vous en sortir car à mon avis ce n'est pas un problème psy. mais un problème spirituel (vous avez eu des ouvertures) et les médicament empêchent cela, vous êtes médecin et vous le savez mais continuez à espérer de toutes pilules qui ne guérissent rien. Remettez vous en à votre divin intérieur que symboliquement vous avez appelé Adolphe, ne suivez pas Zaccharie qui n'est que votre mental/ego symbolique mal en point parce que vous ne l'aimez pas, ne le condamnez pas non plus. La paix ne peut venir que de la réunion des deux.

A bientôt et bonne nuit et ne faites pas de bêtises ce serait ce que vous pourriez faire de pire comme je vous l'ai déjà dit.

Amitié
Léonie

4. Le mardi, janvier 12 2016, 09:33 par zorg-f

trop tard.le piège est refermé.l'angoisse trop forte. J'en ai pris 60 gouttes hier. Je ne peux plus conduire. Je passe mon temps à dormir. Toute action m'est devenu impossible. Ce que je ne comprends pas c'est qu'à la clinique j'avais les mêmes doses et que j'étais dans l'action. Il y a autre chose. Je ne peux plus affronter la réalité.
Je suis dans les méandres de l'hystérie masculine. Je suis mon bourreau et mon esclave à la fois. C'est peut-être au plus profond de moi ce que désire mon inconscient.
Je n'y comprends plus rien. Mais vous avez raison pour le médicament c'est un vrai poisson. J'ai pris du Tercian avant de suicider. C'est l'équivalent. Ça n'a rien empêché.
J'ai aussi l'impression de devenir dément. C'est affreux.
Amitié d'un désespéré.

5. Le mercredi, janvier 13 2016, 23:40 par ninhursag

Bonsoir Eric

60 gouttes de nozinan c'est énorme, mon beau père en prenait encore plus parce qu'à un moment donné l'effet diminue et il devenait dément avec ce médicament, c'est pour ça que les psy. l'on sevré rapidement pour lui donner autre chose, mais ce n'est pas mieux parce qu'il est devenu aussi un légume avec. Récemment, il avait stoppé les médicaments et s'était remis à lire et écrire, mais comme vous c'est un grand angoissé depuis longtemps. Je pense que l'angoisse ne peut être soigné par les médicaments et je dirais même que ça renforce l'angoisse, c'est pour ça que j'ai arrêté les médicaments, c'est un travail sur soi qui doit être fait, je sais que ce n'est pas facile mais si l'on ne veut pas passer sa vie dépendant et diminué, c'est la seule solution. De plus le fait de vous dire que vous êtes hystérique, ça vous conforte dans votre état, vous avez un diagnostic (un nouveau après tous les autres que vous avez déjà eu) et vous vous y tenez. Ne vous mettez plus dans cette case, essayez de vous voir autrement qu'un homme déchu, aimez-vous.
A la clinique vous étiez bien sans doute parce que vous veniez d'essayer un nouveau médicament, que vous vous sentiez protégé et ça a suffit pour vous rendre confiance mais dès que vous êtes rentré, inconsciemment la peur est revenue, enfin c'est ce que je pense, je peux me tromper. Réfléchissez y.

En attendant ne vous détruisez pas plus avec cette cochonnerie, il y a sans doute d'autres solutions que ces médicaments qui ne vous enlèvent pas votre souffrance pour autant.

Je vous souhaite une bonne nuit.

Amitiés
Léonie

6. Le jeudi, janvier 14 2016, 11:48 par zorg-f

bonjour.

Je n'ai pas eu le choix. J'ai été mis en soins sous contrainte. Mon psychiatre alors que je voulais sortir contre avis médical m'a signifié que dans ce cas-là c'était les policiers qui m'auraient ramené à la clinique. De toute façon j'étais dans un tel état que j'aurais accepté n'importe quoi.
Le diagnostic d'hystérie a été posée il y a 10 ans et je crois que c'est le bon.
J'ai également des problèmes avec mon psychothérapeute qui vient de me resserrer la vis. Il me pousse dans mes derniers retranchements à faire des choses qui me terrorisent. Pour aller le voir il faut que j'aille dans une grande ville où il n'y a pas de place pour se garer ce qui pour moi est une phobie. Je voulais arrêter la psychothérapie, il m'a signifié que j'en avais absolument besoin et que toute séance ratée serait due. Ma femme est partie pendant quatre jours, j'ai pris le risque de rester seul. Aujourd'hui il aurait fallu que j'aille à Nantes le voir, j'en suis incapable tellement j'ai peur.
Depuis 10 ans je me bats pour prendre le moins de médicaments possibles. Mais quand la souffrance atteint des sommets ingérables et elle m'amène à faire des choses graves comme des tentatives de suicide il faut bien être soulagé par quelque chose. Mais vous avez raison détruit pour être détruit, quel choix entre le suicide et la camisole chimique. Je n'ai hélas pas le vrai courage de me tuer vraiment.
Alors je vais continuer à survivre pour terminer peut-être comme un adulte handicapé, placé en hôpital de jour, incapable de se prendre en charge ce qui commence à être le cas pour moi. Mieux vaut mourir c'est sur.
J'étais bien à la clinique parce que j'étais en danger et également parce que je n'avais aucun problème matériel. Je ne pouvais pas me permettre de craquer et en plus je n'avais qu'une envie c'est de sortir puisque j'allais bien. J'avais fait plein de projets que je suis incapable de mettre à bien. J'avais rêvé encore une fois que j'allais m'en sortir.
Je vais aller manger n'importe quoi, quelques pâtes. Et puis après je vais prendre mon courage à deux mains pour aller promener les chiens sur la plage. Même ça je le fais sans plaisir et avec une extrême difficulté. Ensuite je ne sais pas ce que je ferai pour terminer la journée et pour enfin aller me coucher.
J'ai pourtant une foule de choses à faire, je pourrais essayer d'écrire ou de peindre mais je suis incapable car je suis complètement dépressif. 2016 sera peut-être ma dernière année sur cette terre comme être humain. En juillet ma troisième fille se marie et pour moi c'est une terreur épouvantable. Je voudrais tellement être bien pour elle, être le papa en pleine forme qu'elle a connue autrefois. Je n'ose pas imaginer qu'un zombie flottant dans ce costume, couvert d'écran total à cause des médicaments, ne pouvant même pas boire une coupe de champagne emmène sa fille à l'hôtel.
Mais me tuer serait la trahir c'est pour cela que j'accepte le médicament en espérant des jours meilleurs ne pourrai le diminuer et l'arrêter progressivement. Mais pour cela il faudrait que je me reconstruise, et comme je n'ai pas de vie, que je ne vois plus personne, je ne vois pas comment faire.
Amitié

7. Le mardi, janvier 19 2016, 23:20 par ver00

Bonsoir Zorg et Léonie

Je suis peinée de voir que vous n'allez pas mieux, zorg. Que faire ? Moi, j'ai lâché prise, accepté ma folie de maladie, pris mon médoc tous les jours, sagement, bien que j'ai diminué la dose de 2/3.....Maintenant, je ne pense plus que je le prends. Je ne suis pas un zombie, mais je vivote.C'est sur, mes yeux me pétillent plus comme avant. Que dire ? J'espère encore, améliorer mon état et les années passent, et la vie aussi. Excusez moi de ne parler que de moi. Je ne sais pas quoi vous dire. C'est pas facile de s'en sortir, j'ai peut-être un peu plus de chance, mais tjrs 30 kgs en trop, et des addictions.

Bisous à vous 2, à bientôt.

8. Le mercredi, janvier 20 2016, 10:52 par zorg-f

bonjour

non je ne vais pas mieux. C'est pire. Pourtant j'ai accepté tous les médicaments. J'ai l'impression qu'ils m'enfoncent. Je n'ai jamais été aussi bas, je fais crise d'angoisse sur crise d'angoisse, je me couche à 8:30, je ne peux plus sortir de chez moi, je ne peux plus rien faire, j'ai peur de tout.
je ne pense qu'à la mort qui pourrais me délivrer de la souffrance. Je suis trop lâche pour aller jusqu'au bout. Ce que je vis est épouvantable et inattendu aussi car j'avais réussi à refaire surface cet été. J'ai l'impression que ma dernière tentative de suicide a complètement détraqué mon cerveau et que je ne m'en sortirais plus jamais.
Je suis heureux et un peu jaloux que vous alliez bien. On peut soigner les bipolaires la preuve c'est vous. Moi je ne sais pas ce que je suis, ou plutôt hystérique et présentant des troubles anxieux généralisés qui sont devenus chroniques. Moins j'en fais moins je peux en faire et je m'enfonce petit à petit pour devenir un adulte handicapé.
Au revoir

9. Le mercredi, janvier 20 2016, 11:39 par ver00

Bonjour zorg

Je pense que plus on a été fier de soi, plus la maladie nous ronge.Notre estime a trop dégringolé, elle n'arrive plus à remonter , et donc on perd le gout de notre vie. Je ne dis pas que je m'en suis sortie, je suis en vie, cela fait 3 jours que j'ai arrêté l'alcool.Ma vie était sur un fil, trop d’alcool, perte de mémoire, perte de confiance, risque de perte de permis, donc de travail. Mais, ce n'est pas la première fois que j'essaie d'arrêter....Oui, je survis, mais je me déteste,je n'arrive plus à m'habiller comme je veux,je n'arrive plus à me regarder dans la glace. Et je compense ce manque de féminité en faisant du sexe virtuel. Voila, le tableau, zorg, ne soyez pas jaloux; je ne suis pas heureuse.

Je n'ai pas de solution pour vous comme pour moi , peut-être que les addictions masquent ma souffrance morale ? Mais elles ne sont pas la solution non plus.Il faudrait reprendre gout à la vie, reprendre confiance, nous aimer de nouveau,......facile à dire, quand l'équilibre mental est bouleversé, comment le rétablir ?

Bisous, désolée si mes paroles vous blessent.

10. Le mercredi, janvier 20 2016, 17:08 par zorg-f

non.il n'y pas de solutions.

11. Le mercredi, janvier 20 2016, 19:33 par zorg-f

enfin,il y a parfois des miracles.je ne sais pas quel a été le déclic de ma résurrection cet été.

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

La discussion continue ailleurs

URL de rétrolien : http://zorg-f.fr/index.php?trackback/667

Fil des commentaires de ce billet