Les prophètes et les idoles.

Les temps modernes.



La mélodie du Smartphone, Six heures du matin,
elle dort nue sous une couette, la catin.
Sous la douche elle se lave, insiste sur son vagin.
Les dents, de la crème pour le corps, du parfum.

elle enfile son soutif
avale son contraceptif,
passe autour de son cou un pendentif,
donne un coup de brosse dans ses tifs.

Elle avale un café, prend son Lexomil.
Elle enfile ces fringues, allume sa première dunhil.
Dans le métro, serrés comme une sardine au milieu des mimiles.
Elle rêve d'océan, de soleil et d'îles.

Tu crois que tu existes, parce que contre ton sein,
tu serres très fort ton sac Lanvin.
Et que tes pieds portent des louboutin.
Sous tes aisselles flotte des essences de Balmain.

Tu crois que tu existes parce que tu ressembles aux images
des tabloïdes et des magazines à grand tirage.
Et tu rêves aux amants de passage
puisqu'on t'a dit qu'il ne fallait pas être sage.

L'amour est interdit, c'est tellement banal
et puis la mode c'est l'animal, le plaisir anal.
Alors tu te soumets à tout, tu es à la page.
Tu es une femme moderne comme sur les images.

Pourtant tu es si triste, et tu ne comprends pas
tu fais tout comme il faut et rien ne va.
Tu vas tout oublier avec un peu d'alcool et de cocaïne
tu vas t'éclater en boîte avec tes copines.

Et au petit matin, seule et désemparé
l'angoisse te coupera le souffle.
Tu lèveras la tête vers le ciel rose et gris.
mon Dieu que m'arrive-t-il, je vais appeler mon psy.

Pas de chance, personne au bout du fil, c'était un samedi.
Tu avales deux barrette de Lexomil.
Rien ne passe, la douche, tu te masturbe.
Rien n'arrive, tu hurles, tu titubes.

Tu ouvres la fenêtre, tu devines au loin l'océan et la plage.
le froid te glace, gracieuse tu t'élances comme un ange.
Tu voles comme un oiseau vers le lointain rivage.
Tu rêves encore quand tu fracasses ton joli visage.

Tu rends doucement ton âme au milieu des passants.
Sans quitter ton rêve tu nages doucement
dans l'eau tiède et accueillante de ton océan.
Pour la première fois tu existes vraiment.



zorg-f
5/10/2015


Les prophètes et les idoles.



Cela fait des années que je hais cette viande
Qui recouvre mes os. La couche est adipeuse,
Sensible à la douleur, légèrement spongieuse;
Un peu plus bas il y a un organe qui bande.

Je te hais, Jésus-Christ, qui m'a donné un corps.
Les amitiés s'effacent, tout s'enfuit, tout va vite,
Les années glissent et passent et rien ne ressucite,
Je n'ai pas envie de vivre et j'ai peur de la mort.

Michel Houellebecq.


On peut dire que je reviens de loin, hier j'ai bien failli me tuer. Pas en pensée comme à l'ordinaire. Je me suis assis dans la cuisine, j'ai sorti les médicaments, le Tercian et le Lexomil. Une bouteille d'eau. Je les ai contemplés longuement, j'avais les mains qui tremblaient, il fallait avaler tout ça et pourquoi faire ? Pour me retrouver dans deux heures aux urgences, traité comme un chien comme d'habitude et ensuite ? Une nouvelle hospitalisation pour rien. Je ne peux plus me tuer voilà ce que j'ai conclu. Alors j'ai tout rangé et je suis allé ramasser du petit bois pour faire du feu ce week-end quand mes enfants viendront. Ils aiment tant quand je fais du feu à la maison.
La crise d'angoisse du matin m'avait dévasté, j'étais épuisé. La veille j'avais vu mon psychothérapeute et je lui avais raconté un rêve étrange où je manipulais un tissu comme une cotte de mailles fait de caractère japonais. Il semblait être vivant et ils s'assemblaient suivant un code qui m'échappait. Pendant la séance par association d'idées curieusement j'ai pensé à mes contes pour enfants, les aventures du petit poisson rouge. Dans l'un d'entre eux le petit garçon voyage sous la mer protégée par une bulle vivante faite de plancton. J'ai associé ces deux symboles.
Le soir un ami m'a téléphoné, il pratique le bouddhisme, un bouddhisme particulier d'origine japonaise qui est assimilée à une secte. Je me suis dit que ce n'était pas un hasard et que peut-être cette pratique pourrait m'aider à soulager ma souffrance. J'y ai cru pendant trois heures, jusqu'à ce que recherchant des éléments sur Internet je me suis rendu compte qu'il s'agissait d'une secte. Alors je me suis effondré, j'y avais tellement cru.

Réciter en boucle devant un parchemin le mantra suivant. « namu myoho renke kyo ». Quelle foutaise.

En y réfléchissant bien la prière n'est pas autre chose que la récitation de mantra. Elle vide le cerveau, permet le lâcher prise, et peut-être l'ouverture vers autre chose. Le plus important c'est d'y croire. Mais moi je suis un rebelle et je n'aime pas les idoles.
Hier c'était hier et ce n'était pas brillant. Aujourd'hui est un jour meilleur, pourquoi je n'en sais rien. Peut-être à cause de ma tentative de suicide raté ou plutôt avorté, peut-être à cause de ma séance de psychothérapie de ce matin, je me sens un peu mieux, suffisamment mieux pour que j'écrive et que je réfléchisse.
Je vais vous faire deux portraits, celui de bouddha et celui du Christ. Le troisième prophète n'a pas d'image, c'est celui des musulmans, ils ont peut-être raison de ne pas le représenter.

Le bouddha n'est pas beau, il est assis confit dans sa graisse, gélatineux et obscène. Il est gras et semble digérer un repas pantagruélique. Sur son visage on remarque d'abord les yeux aux paupières doubles comme celle d'un crapaud. Son nez est épaté, les narines sont larges et aplaties. Les nobles de ses oreilles pendent de façon ignoble et sur sa bouche aux lèvres fines flotte un sourire qui n'a rien d'angélique. Il dégage de ce personnage un sentiment de jouissance centré sur elle-même, je n'y vois aucune bonté ni aucune empathie. Je n'y vois qu'un pervers narcissique flottant au milieu des nénuphars et des fleurs de lotus. C'est la jouissance du bon-vivant, qui s'en est mis plein la panse et qui va mettre un siècle à digérer son repas.

Aux antipodes est la jouissance du Christ. Amaigri par le jeune et la torture, à moitié nu cloué sur sa croix, sa nudité cachée par bout du tissu où on pourrait presque penser qu'il cache une érection. Le Christ sa tête penchée en avant, légèrement inclinée sur le côté, les yeux à peine entrouverts, la bouche esquissant un sourire, celui de l'extase, de la jouissance dans la souffrance. Celle du masochisme et de ses méandres hystériques.

Pardonnez-moi ces portraits qui sont volontairement provocateurs, mais quand même qui sont nos prophètes ?

Je sais que je ne devrais pas écrire cela, que ce n'est pas bien d'attaquer ainsi les deux fondements de la spiritualité des croyants. Mais c'est plus fort que moi, j'ai envie de mettre un coup de pied dans le cul de bouddha pour qu'il se bouge et je voudrais bien que le Christ arrête de prendre son pied accroché sur sa croix.

L'âme de bouddha a terminé son cycle, de ses karma, je ne sais pas où elle est. Celle de Jésus-Christ est à côté de son père au paradis et je ne sais pas où c'est. En attendant les hommes inventent leurs dieux, leur construisent des temples et des cathédrales, les couvre de bijoux et d'or, en prennent un peu pour eux. Ils promettent à tous la fin de la souffrance et comme tout le monde souffre ce n'est pas près de s'arrêter.
Si j'étais croyant je serais un catarrhe, et encore cela ne me suffirait pas. Il faudrait trouver le quatrième prophète, celui qui serait dans la modernité et qui arrêterait de nous raconter des sornettes, dans des évangiles obsolètes datant d'un autre temps. Dieu est quelque part, bien caché par les hommes de foi. Mais il n'est ni dans la souffrance ni dans la béatitude, il est............ je ne sais ou.

Et je vais publier ce billet, àux risques et périls de passer pour un idiot.

Commentaires

1. Le vendredi, novembre 6 2015, 07:01 par annsuhin

Bonjour,

"Je sais que je ne devrais pas écrire cela, que ce n'est pas bien d'attaquer ainsi les deux fondements de la spiritualité des croyants."

Pour ma part, je crois que Jésus qui pour les chrétiens n'est pas un prophète mais le fils de Dieu ou bien encore Dieu incarné, est au-dessus de tout ça et qu'il se remettra de vos attaques.
On lui a fait bien pire et même ce pire, grâce à son amour, ou sa force de vie, il en a triomphé.
Un peu comme vous si j'en crois votre dernier message...
Je crois que c'est une très bonne chose de vouloir briser les idoles.
Dieu avant d'être dans les églises ou les objets se trouve avant tout, tout au fond de notre cœur.

Il est ce qui reste quand on a tout perdu.

Alors si je puis me permettre, arrêtez de vous flageller et allez-y attaquez, cassez pour tester ce qui résiste.

Ravie de vous voir revenir à la vie.

Amitiés

Annsuin

2. Le vendredi, novembre 6 2015, 11:02 par zorg-f

bonjour
le dernier vers du poème Houellebecq résume bien la situation dans laquelle je suis.

« Je n'aime pas la vie et j'ai peur de la mort. »

Hier comme par enchantement après ma séance de psychothérapie l'angoisse a disparu.
Il m'a demandé de réfléchir au pourquoi de l'arrivée de mes crises d'angoisse. Sur le moment j'ai répondu je ne sais pas. Mais à la réflexion je crois que c'est mon impossibilité de vivre qui me donne ses angoisses. Je suis comme un cheval devant un obstacle. Je refuse de sauter. Je n'arrive pas à franchir le pas et cela déclenche l'angoisse. D'ailleurs elle apparaît quand je commence à vivre, quand je prends mon petit déjeuner, quand je prends ma douche, quand je vais faire des courses.
Littéralement je m'empêche de vivre et je ne sais pas pourquoi.
J'ai perdu tous mes repères, je suis complètement déstructuré et quand la vie revient aussitôt je recommence à penser et j'ai envie d'agir. Hier soir j'ai relu mon livre en tentant de le corriger et je me suis couché très tard. J'ai écrit ce poème qui vaut ce qu'il vaut, c'est mieux que rien me suis-je dit en l'écrivant.
Je ne sais pas pourquoi je me flagelle, peut-être parce que je me fais honte et que je ne supporte pas ce qui m'arrive. Je ne supporte pas de ne plus exister.
J'ai cassé beaucoup de choses, et je peux continuer encore jusqu'à détruire mon couple et ma famille. C'est tout ce qui me reste, mais je la mets en danger.
Je serais un adolescent je vous dirai que je suis complètement paumé, je n'ai plus aucun repère, que je ne sais pas quoi faire de cette vie qui n'est donnée.
Il va falloir pourtant que je trouve des solutions pour tenter d'exister, je ne sais pas jusqu'où je vais aller dans l'autodestruction et dans la flagellation.
Pardonnez-moi de vous avoir offensé lorsque j'ai parlé du Christ.

Ce matin je vais un peu moins mal, l'angoisse est là, supportable mais pas pour longtemps.
je vais cet après-midi chez mon chimiste, je vais lui parler de ce que m'a dit mon psychothérapeute : « et si vous arrêtiez les médicaments. ».

Personnellement je m'en sens incapable sur le plan psychologique, il faudrait que je sois accompagné pour le faire. Ma dépendance est peut-être plus psychologique que chimique.le seul médicament dont l'arrêt posera un problème c'est le Lexomil qui est extrêmement addictif. Et comme l'angoisse ne disparaîtra pas si je ne change pas ma vie je ne vois pas comment je pourrais faire.je suis donc dans une situation inextricable.
Mais comme dit le proverbe : quand il n'y a pas de solution c'est qu'il n'y a pas de problème !

Amitiés

3. Le vendredi, novembre 6 2015, 20:32 par zorg-f

il n'a pas dit non et a modifié son diagnostic.pas de bipolarité mais névrose d'angoisse.cinq ans de perdu et une addiction au lexomil en prime.arrêt de la depamide.un de moins ouf!

4. Le jeudi, novembre 12 2015, 00:25 par Ninhursag

Bonsoir Eric

Votre psy a modifié son diagnostic, pas de bipolarité mais névrose d'angoisse.
Eh bien c'est bien ce que je vous avais déjà dit, vous êtes passé par toute une série de diagnostiques pour finir par une névrose d'angoisse, maladie du siècle d'ailleurs et si vous écoutez les gens autour de vous aussi bien jeunes que vieux, c'est ce que vous constaterez, quand à moi qui suis en fin de carrière je peux dire que je n'ai jamais vu autant de dossiers de dépressifs et d'angoissés, aussi je pense que sois la vie actuelle en est responsable, soit la conscience de l'être humain est entrain d'évoluer d'où la dépression (la nuit noire de l'âme) avant une renaissance.
Votre coup de gueule sur les prophètes m'a fait sourire, parfois c'est après avoir perdu la foi que l'on y accède et ça me rappelle le parcours de UG Khrisnamurti qui a dit pire que vous sur les prophètes et tous les maîtres, qui a pratiqué la spiritualité à fond puis à tout rejeté en bloc déçu, puis a laissé tomber sa famille et fini mendiant et c'est dans sa descente aux enfers qu'il a connu l'illumination qu'il avait tant recherché dans ses pratiques, peut être le fait de se dénuder entièrement et sincèrement lui à permis cette ouverture.
Quand le Christ se dit fils de Dieu ou source, il dit que tout être l'est déjà mais est déconnecté de celle-ci et la reconnexion est le retour du fils prodigue.
Tout icône est donc inutile pour accéder à la divinité intérieure et comme vous je pense que l'image du Bouddha gros et gras et du Christ sur la Croix n'est qu'une vision humaine de deux hommes qui certainement ne désiraient pas qu'on fasse d'eux des idoles et une religion de leurs enseignements qui devaient surtout servir à élever la conscience de l'homme.

En tous les cas, c'est chouette de vous savoir un peu mieux,
Je vous souhaite une bonne nuit

Amitiés
Léonie

5. Le vendredi, novembre 13 2015, 11:18 par zorg-f

bonjour

ça n'a pas duré longtemps. Deux jours. Je me suis de nouveaux effondré et j'ai dû reprendre les médicaments.
Mon psychiatre chimiste pense que je suis bipolaire et que j'ai une névrose d'angoisse, je cumule. Mon périmètre de vie se réduit au stricte minimum. Je ne peux pratiquement plus sortir de chez moi à cause de l'angoisse.
Ma psychothérapie m'emmène dans des zones trouble à mon avis beaucoup trop intellectuelles . Dans mon enfance j'aurais été incapable d'accomplir ma différenciation sexuelle. Je refuse la différence des sexes et je voudrais être un homme et une femme à la fois. Ça paraît complètement fou. Cependant mes rêves et mes fantasmes semblent le confirmer. Comment sortir de ça ? Comment accepter d'être un homme, seulement un homme. Mon angoisse d'origine sexuelle, j'ai toujours su. Mais les choses emplirent au fil du temps et de ma retraite qui ressemble à un enfermement.

http://www.philolog.fr/le-mythe-de-landrogyne-texte-de-platon/

À bientôt

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