On a en vue ici, notamment, une certaine ambiguïté qui est au cœur de la métapsychologie freudienne : à un schéma essentiellement symétrique, le grandiose équilibre cosmique d'éros, la force qui unit, rassemble et édifie, s'oppose un schéma asymétrique, à savoir, le principe selon lequel l'inorganique où l'inerte et plus « ancien », en tout cas plus stable, plus probable statistiquement, que l'organique, le complexe, le vivant. Or ce second schéma repose sur une intuition fondamentalement matérialiste et réductrice, présente d'un bout à l'autre de l'oeuvre freudienne, et qui aboutit, d'une manière aussi logique que paradoxale, à poser que le principe de plaisir lui-même est au service de la pulsion de mort.

Marilyn Monroe est ma femme de paille, j'ai fait un rêve il y a bien longtemps où j'étais-elle, le reste du rêve m'appartient.

 

Voici un extrait :

 

« elle s'était suicidée parce qu'elle était trop sensible et trop intelligente, et les personnes trop sensibles et trop intelligentes souffrent plus que les personnes peu sensibles et peu intelligentes et tendanciellement elles se suicident (c'est ce que prétendent les psychiatres et les statistiques). Car si les personnes faiblement sensibles et intelligentes ont tendance à faire du mal aux autres, les personnes trop sensibles et trop intelligentes ont tendance à se faire du mal à elle-même. Par ce que ceux qui sont trop sensibles et intelligents connaissent les risques que comporte la complexité de ce que la vie choisie pour nous ou nous permet de choisir, ils sont conscients de la pluralité dont nous sommes faits non seulement selon une nature double, mais triple, quadruple, avec les milles hypothèse de l'existence. Voilà le problème de ce qui se sentent trop et qui comprennent trop que nous pourrions être tant de choses, mais il n'y a qu'une vie et elle nous oblige à être une seule chose.