Les droits de l'homme fondamentaux selon Baudelaire : « le droit de se contredire et le droit de s'en aller »



j'ai trouvé cette petite phrase dans un article sur Houellebecq écrite par Frédéric beigbeder. J'ai toujours été un lecteur attentif de Michel Houellebecq, j'apprécie son œuvre et ses idées, je le sens proche de moi, je ressens  la même souffrance.

Je prends donc le droit fondamental de me contredire et de continuer à écrire sur ce blog tant que j'ai ma liberté, que je ne suis pas hospitalisé. Après deux jours d'enfer voilà que je vais bien ! Pourquoi ?

Ma psychanalyse s'est terminée d'une drôle de façon, dehors ! Allez-vous faire hospitaliser ! C'est ce qu'on appelle un abandon, peut-être du à un sentiment d'impuissance , c'est possible. Que dois-je retenir de tout ça, ma psychanalyse a-t-elle été un échec, du temps et pas mal d'argent perdu, je ne pense pas, contribuera-t-elle à ma reconstruction future, certainement .

Mais ne parlons plus de psychanalyse puisqu'il n'y a plus de psychanalyse, parlons donc du temps qui passe et de l'instant présent, et de la bipolarité.

Pour les psychiatres la créativité et le génie sont suspects, il est vrai que le génie et la folie sont des états très proche l'un de l'autre, qu'on peut aller de l'une à l'autre, cela dépend de tellement d'événements extérieurs, du hasard ou de la chance, selon ses convictions.


Tout le monde est bipolaire, on a tous ces hauts et ces bas, la vie n'est pas linéaire, ce serait folie de croire cela ; personnellement je présente comme je l'ai dit souvent des troubles anxieux généralisés, une angoisse qui me dévore et qui entraîne la dépression et l'envie de mourir. Quand la souffrance est trop forte la vie devient invivable, et la seule issue possible paraît être la mort, de toute façon la mort est la seule issue à notre vie, dans notre cas nous souhaitons l'anticiper.

Tous les jours je me pose la même question, lorsqu'après les angoisses du matin, la vie revient l'après-midi, comme aujourd'hui où une grande promenade sur la plage m'a libéré de toute souffrance, je me dis ce n'est pas la peine de te faire hospitaliser et de te faire décérébrer, tu es simplement épuisé par quatre ans de lutte contre toi-même, il était temps de lâcher prise. Je commence à accepter l'idée de ne plus travailler, de ne plus rien être sur le plan social, de ne plus avoir beaucoup d'argent, je commence à trouver agréable, délicieux, de pouvoir profiter du temps qui passe, voilà 30 ans que je vis en regardant ma montre, en attendant le soir pour me reposer, le week-end idem, voilà des années que je me fais violence tous les jours.

On parle beaucoup du lâcher prise, comme un moyen de lutter contre l'angoisse, mon suicide, mon appel au secours était un lâcher prise, un saut à l'élastique, un geste kamikaze, il fallait que cela cesse.
Pourtant ne plus passer ma blouse blanche, ne plus me faire appeler docteur, cela va me manquer, mais cette blouse blanche commençait à peser tellement lourd sur mes épaules qu'elle était en train de me tuer.
Pourquoi, je n'en sais rien. Peut-être que ce fardeau que je portais était celui de mon père, certainement même, j'ai tellement voulu faire mieux que lui.
Faire le deuil de soi-même et faire le deuil de son père, non pas du père physique et psychique, mais du père manquant, du père absent, c'est quelque chose de très difficile.faire le deuil d'un fantôme,d'un manque,comment faite le deuil de quelque chose qui n'a pas existé?

Personne n'est irremplaçable, un jour quelqu'un me succédera, je serais vite oublié, la vie continuera, et on parlera de moi au passé, comme d'une vieille bâtisse maintenant délabrée, qui autrefois faisait l'envie et l'admiration des passants.
On ne doit pas vivre dans le regard des autres, j'ai fait ce que je devais faire et je l'ai bien fait, je ne dois pas avoir de regrets.

Parlons donc des bipolaires, il y a les vrais, les maniaco-dépressifs, et puis il y a les autres, les anxio dépressifs, Marilyn Monroe apparemment en faisait partie, Victor Hugo aussi, c'est ce qui est écrit dans le journal « match » de cette semaine, « les étoiles bipolaires ».

Moi ce que je voudrais, c'est continuer à être ce que je suis, avec un peu moins d'angoisse, et avec toute ma potentialité humaine, je voudrais pouvoir trouver un traitement le plus léger possible pour me soulager, et éviter à tout prix les psychotropes, j'ai l'impression que le repos, l'absence d'activité professionnelle, devrait suffire à me soulager, je n'ai besoin que de cela, du temps, du vide, de la vacuité, et de la paix, je ne supporte plus aucune contrainte, en un mois j'ai totalement coupé les ponts avec ce qui faisait ma vie autrefois, c'est fou comme c'est facile de tout abandonner, auparavant c'était ma plus grande peur, je craignais cela plus que tout, et maintenant que c'est fait, je commence à l'accepter, cela n'a pas été facile au début, mais tous les jours maintenant je lâche un peu de lest, je m'allège, je me débarrasse.

Je prends donc le droit de me contredire et le droit de m'en aller.