Ma petite fille est née, me voilà grand-père !

Elle est née dans la clinique où a commencé ma dépression, lorsqu'on a opéré ma femme, hystérectomie totale pour un cancer.
L'utérus symboliquement c'est la mère, ce jour-là on l'avait tué.

Heureusement elle a guéri sans séquelles et tout va bien.

Moi aussi je vais bien, comme si cette naissance avait effacé la perte.

En 15 jours j'ai compris beaucoup de choses, j'ai compris le deuil, j'ai compris la perte, j'ai compris l'amour impossible. Beaucoup de choses que j'écrirai plus tard. J'ai rêvé aussi, j'ai revu mon enfant intérieur.

Peu avant la naissance sur la plage j'ai fait un rêve éveillé ; un horrible rêve, un tableau sur lequel il y avait un nourrisson avec une tête de mort, devant lui une femme maigre avec des mamelles pleines de sang.

J'ai rêvé aussi un hanneton, brûlé au fer rouge comme moi pendant mon enfance, qui s'envolait péniblement couvert de bitume pour le protéger du soleil, drôle de rêve qui parle de la métamorphose.

J'expérimente l'hypnose chez mes patients, les jeunes enfants sur lesquels je pratique des actes douloureux, ça marche, c'est extraordinaire.au fait savez-vous ce que veut dire patient; cela veut dire en attente de..........

Lieu de vie et lieu de mort, voilà ce que j'ai pensé dans la chambre de la clinique, les mêmes lits, les mêmes chambres, pour une naissance ou une agonie; j'étais dans cette chambre incapable d'exprimer mon émotion, devant cette naissance, on ne m'a pas appris la joie et le bonheur, chez moi la naissance était une complication. J'ai réalisé l'étendue du désastre, le mien.

J'avais impression comme dans les films américains d'être le héros qui sort des ruines miraculeusement en vie, le visage couvert de poussière, et ses vêtements en haillons, c'est en général le générique de fin !

Je suis en vie, je suis debout, je voulais attendre cette naissance avant de m'effondrer, je ne me suis pas effondré, je vais continuer.
Je commence ma formation d'hypnose en novembre, elle durera un an, je ne sais pas ce que j'en ferai, je le fais parce qu'il ne faut pas être immobile, il faut avancer, c'est l'angoisse qui l'exige, ou plutôt ne rien faire nourri l'angoisse, je vais la mettre au régime.