pieds et poings liés.
Par f zorg le mardi, mars 2 2010, 12:54 - Lien permanent
pieds et poings liés !
Comme je suis heureux d'avoir mis un terme à mon analyse, je considère cette rupture comme un geste analytique.
Depuis que je suis petit, enfermé dans ma névrose je vivais pieds et poings liés, subissant la vie, incapable de prendre une vraie décision. J'ai rompu avec mon analyste, parce que les liens qui m'unissaient à lui devenait du même ordre que ceux qui m'unissaient à à mes parents, des liens mortifères.
Je ne crois pas que mon analyste a anticipé ou prémédité les conséquences de son augmentation de tarif d'épicier. Il a provoqué en moi une immense colère, un sursaut salutaire, j'ai réalisé que j'étais sous son emprise psychique, dans son désir de me sauver !
La psychanalyse n'est pas une aventure sans risque, je la trouve même avec le recul extrêmement dangereuse. Cela rejoint le livre noir de la psychanalyse.
Cependant je pense qu'elle m'a beaucoup apporté et qu'elle m'a beaucoup aidé à comprendre ce qui m'arrivait, la façon dont je fonctionnais. L'analyse ne guérit pas, je continuerai à fonctionner de la même façon, mais au moins je sais pourquoi.
J'ai écrit de nombreuses fois que ma psychanalyse était terminée, je crois que j'avais raison, j'aurais dû le quitter il y a un an, lorsque tout était réglé, que j'allais bien, avant le prêt du livre. À l'époque je voulais devenir psychanalyste, et je voulais continuer mon analyse pour qu'elle devienne didactique, rien ne s'est passé comme j'ai prévu, mon psychanalyste a commis une erreur, qui aurait pu m' être fatale.
Les jours qui ont suivi la rupture ont été pour moi très difficile, j'ai fait deux attaques de panique, j'ai failli le rappeler, j'ai résisté, j'ai contacté d'autre psychanalyste, et j'ai également résisté. Je ne reprendrai jamais une psychanalyse. Maintenant ce que je vais reprendre c'est ma vie, je vais reprendre ma vie en main, puisque comme oedipe j'avais les pieds liés, en rompant le lien avec mon psychanalyste, j'ai la sensation d'avoir repris une forme de liberté avec moi-même.
Sur le plan pratique, comme je sais que le travail est une des causes de mon angoisse, du moins la gestion de mes dernières années d'exercice, je vais m'occuper de ma retraite, je vais gérer mon départ du mieux possible. Cela va occuper mon esprit, et calmer mes angoisses, c'est de la psychothérapie cognitive, prendre soin de soi, avoir de l'estime pour soi.
Je n'ai pas du toute envie de me suicider, bien que pendant des crises d'angoisse il faudrait m'attacher sur une chaise pour que je ne commette pas l'irréparable, je suis suffisamment entouré, je dispose des anxiolytiques si nécessaires pour gérer la crise.
La vie est belle et j'ai l'intention d'en profiter, je n'ai pas travaillé toute ma vie pour en gâcher les dernières années.
Je ne vous dirai pas que je vais mieux, en tout cas pas plus mal, mais j'ai l'impression que je sors du tunnel, et que je vais pouvoir enfin m'occuper de moi et des miens autrement qu'en écrivant des poèmes despérés !
Faites attention à l'analyse, soyez vigilants, c'est un moyen merveilleux de connaissance de soi-même mais cela peut être aussi un piège mortel.
Mon blog s'intitule poésie et écrit de l'analyse, il a bien failli s'appeler poésie et écrit de l'échec, je ne sais pas si je vais triompher de cette épreuve terrible, mais au moins j'ai passé une étape ,une de plus.
j'espère que je vais continuer à trouver des solutions, tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir, en ce moment j'ai de l'espoir.