Du suicide..... Et de l'avenir!
Par f zorg le samedi, février 20 2010, 21:49 - Lien permanent
Reportage rare et choquant sur les camps de concentration
envoyé par ichida88. - Regardez les vidéos des stars du web.
Du suicide.
Le suicide est parfois l'issue malheureuse de l'aventure dépressive. Tous les jours dans les journaux on apprend qu'un tel ou une telle a mis fin à ses jours ; il s'agit de gens connus, d'artistes le plus souvent, les périodiques en font leur pain blanc, car cela touche tout le monde, pas seulement à cause du sordide ou du voyeurisme, parce que là se pose une question : pourquoi, pourquoi cette personne qui semblait tout avoir, tout posséder, l'argent, l'amour, la célébrité !
Et puis quelque part cela les ramène à leur propre souffrance, c'est rassurant aussi de voir des nantis se donner la mort, alors que les lecteurs, parfois n'ont rien, ou moins que rien, ou presque rien ; cela les confortent de contempler leur propre misère et de se dire : moi je suis en vie.
Pourtant tout n'est pas aussi simple, l'argent n'achète rien que le matériel, et c'est bien le manque d'amour, le manque de sens, le vide affectif, généré souvent par une enfance difficile qui est le responsable
Regardez-,moi par exemple, si vous me croisez dans la rue, vous verrez quelqu'un peut-être de souriant, plutôt élégant, avec une jolie femme à son bras, dans une belle voiture, avec de beaux enfants ; vous ne saurez pas ce qu'il y a dans ma tête, que je suis dévoré par l'angoisse, que mes jambes et mon visage me brûle, que je ne sais plus quoi faire de moi dans ces instants là !
Que tout les matins lorsque j'ouvre les yeux, le flot d'angoisse arrive, me gâchant la matinée, que parfois je n'ai plus de désir, que la vie me quitte, que je suis en colère, révolté contre ce qui m'arrive. Qu'on me vole ma vie.
Alors je pense à mourir, c'est plus fort que moi; grâce aux anxiolytiques je surnage assez longtemps pour reprends surface, et je me dis que je n'ai pas le droit..... ce n'est pas la seule raison, il y en a plusieurs ; la première c'est que je ne peux pas trahir mes enfants, pour eux je dois rester debout, tant pis si je m'isole dans ma chambre lorsque je ne vais pas bien, tant pis si parfois je quitte la table familiale, je suis toujours là, même si je suis parfois à côté.
L'autre raison, c'est que je sais qu'un jour ça finira, je trouverais le moyen de sortir de ce cycle infernal, il y a toujours, chaque jour qui passe, un mot, un regard, une rencontre, quelquefois une lecture, une voix, quelque chose qui vous raccroche à la vie, qui vous relance et qui vous fait rebondir.
La dernière raison, c'est que je ne veux pas qu'on me vole ma mort ; ma mort m'appartient; le suicide n'est pas honorable, même s'il est respectable, infiniment respectable, c'est la pire des solutions ; pour les religieux le suicide est un crime; pour ceux qui croient en l'esprit et en l'âme immortelle il ne sert à rien, car tuer son corps ne tue pas son âme, et la souffrance continuera ailleurs.
Pour les athées c'est plus simple, poussière tu retourneras à la poussière et au néant.
Ces considérations sur l'âme immortelle ou pas ne me concerne pas, ce qui compte c'est la vie vivante, la transmission, ce qu'on a à accomplir pendant notre vie sur Terre. La mort est la dernière action du vivant, jusqu'à son dernier souffle il existe, et puis il expire, c'est une action du vivant, mourir c'est vivre.
Certains disent que la naissance survient juste avant la mort, je le crois car j'ai vécu dans ma jeunesse le début du voyage. Mais ce n'est pas non plus le plus important, que la mort vienne de la maladie, de l'accident, ou du suicide, c'est toujours la mort qui arrive, les choses se passent toujours de la même façon pour celui qui passe.
Cependant, la vie qui commence par la naissance, et se termine bien évidemment par la mort, je ne sais pas comment vous dire, l'éthique ou l'esthétique, la mort fait partie de la vie, elle doit être comme le rideau qui se tire, comme Molière j'aimerais mourir en scène, et la mort sera le dernier acte réussi de ma vie , voilà le mot que je cherchais, le dernier acte réussi de ma vie.
Et pour moi ce dernier acte, peut-être le plus important, on ne doit pas me le voler, surtout pas la dépression, le moi qui tue le je, celui qui commence à naître, l'être parlant, qui souffre tellement en perpétuel conflit avec son moi, son ancien moi, celui-là préférera se tuer, plutôt que d'être envahi par la folie, de voir son esprit anéanti.
La dépression ne me volera ni ma vie, ni ma mort, même si je dois ramper, pleurer, jamais je ne me soumettrai, je vivrai à genoux, à plat ventre, je me donnerais en spectacle, j'écrirai des conneries, je trouverais tous les moyens possibles et imaginables pour ne pas être anéanti, de toutes mes forces, de toute mon intelligence et de tout mon amour, je vous jure que je survivrai ; la mort arrivera quand elle devra arriver, elle sera comme elle voudra, en réanimation, à l'hospice, dans ma voiture à l'improviste, pendant mon sommeil, en plein océan, elle frappera où elle voudra, quand elle voudra, rien ne me volera mon humanité ; mon plus grand souhait serait de m'éteindre doucement dans une grande chambre claire, entouré des miens, comme une lumière qui s'éteint, que je sois conscient, que j'en profite, pour recevoir ce ce que j'ai à recevoir, pour entendre ce que j'ai à entendre, pour donner ce que j'ai à donner.
Vous pourriez penser que je suis bien orgueilleux et bien présomptueux de spéculer sur les conditions de ma mort, que peut-être je mourrai tout seul comme un chien, quelque part, c'est possible, c'est de l'ordre du possible, mais j'épargnerai à ma famille la découverte d'un corps dans une voiture, dans la forêt, une lettre et une boîte de médicaments sur le siège passager, au moins ça cela n'arrivera pas, pourtant plusieurs fois je suis parti, et à chaque fois j'ai fait demi-tour.
Ce discours en appelle un autre, je parle de ma mort et je ne me rends pas compte de ce qui se passe dans notre pays, dans le monde, je ne pense qu'a moi forcément, et pourtant tout peut arriver ; ce soir j'écoutais la télévision sur Canal+ à l'émission de Thierry Ardisson, un agriculteur en colère, ce qu'il disait m'a profondément ému,touché, nous vivons une époque extrêmement dangereuse, où tout peut arriver, même le pire !
J'ai écrit il y a peu un poème qui s'appelle :" sans titre". Ce poème évoque le pire, l'effondrement de notre société, qui ne tient plus qu'à un fil, comme moi, un fil qui est virtuel, qui s'appelle l'argent et qui n'existe plus, tout repose sur la confiance, et sur le profit ; pas celui du travail, pas celui de l'homme, mais celui des ordinateurs qui sans arrêt spéculent sur le rien, sur une bulle qui n'existe pas, au mépris de l'homme, au mépris du travail, au mépris de tous, et au nom du profit.
Rien n'est inimaginable, rien n'est prévisible, tout arrive à l'improviste, et à chaque fois on est surpris, qui se souvient de la deuxième guerre mondiale, qui peut imaginer L'enfer des camps de concentration, le génocide Khmer rouge, les goulags de Staline, qui peut imaginer sa propre mort, qui peut imaginer la souffrance des autres, ma propre souffrance. Comment puis-je envisager ma propre mort, ces circonstances, alors que tout est possible, le pire comme le meilleur, pourquoi ai-je besoin de spéculer sur l'avenir, le mien, celui du monde, franchement cela ne sert à rien,......... simplement à rêver, l'homme a toujours rêvé un monde meilleur et parfois certains ont transformé le rêve en réalité, ou en cauchemar, cela dépend de quel côté on est, du bon ou du mauvais, du côté des juifs ou du côté des nazis, du côté des blancs ou du côté des noirs, du côté des riches ou du côté des pauvres, du côté des gagnants du côté des perdants, tout est une question de place et d'époque. C'est peut-être là que réside l'angoisse, je suis comme le héros du désert des Tartares, je sais qu'il va se passer quelque chose, je ne sais pas quand, je ne sais pas qui, et je ne sais pas quoi. Mais je sais que cela va arriver un jour, et ce jour-là je serais peut-être la ou je ne serais pas là, je serais peut-être vivant ou déjà mort, je serais peut-être du bon côté ou du mauvais côté.
J'ai le sentiment peut-être parce que mon âme est noire que le pire est à venir, que les indicateurs sont tous dans le rouge, il faut fuir, partir, mais où? le monde est trop petit maintenant, la terre est un espace fini, aucun endroit ne sera épargné, raison de plus pour ne pas se suicider, restons en vie en spectateur pour voir à quelle sauce on va être mangé.
Alors peut-être que je mourrai comme le héros de « la route », dans un monde dévasté, avec un des mes enfants, que je marcherai cherchant une terre moins hostile, et que je mourrai là tout seul, dans un monde qui n'existera plus........ l'avenir est incertain, à quoi bon réfléchir, vivons au jour le jour et on verra bien, je crois que je m'égare, ou peut-être suis-je trop lucide.
En attendant faisons comme si tout allait bien, que peut-on faire d'autre !