Le vide.


Je pense au vide............... le vide est un précipice, un néant qui aspire tout autour de lui, la nature a horreur du vide, moi aussi.

J'ai besoin de croire que ma vie a un sens, ma croyance est simple, je suis sur terre pour aimer les miens et pour boucher les trous !

 Le vide ne peut rester vide, la vacuité est une grande source d'angoisse, le vide aspire autour de lui le désir, celui de l'autre,  le vide est une pompe à désir !

Combler le vide, c'est un comble, c'est le comble de la jouissance ; lorsqu'on est trop-plein, repu, satisfait, la vie s'arrête, il faut avoir l'estomac vide pour avoir faim, mais ne pas se nourrir est mortifère, cela s'appelle l'anorexie.

Je ne suis pas croyant, la seule chose à laquelle je crois, c'est l'entropie, c'est que tout finit dans le chaos, celui de la matière et des atomes, la seule éternité pour moi. Celui qui nous a fait, appelons-le  comme on voudra, l'esprit, l'entité, le mystère, nous a construit humain, sur le principe de la jouissance.

Que se passe-t-il lorsque le vide ne peut plus se remplir, un vide positif, qui n'aspire plus rien, un vide qui se suffit à lui-même, c'est la dépression, plus de désir, plus de fantasmes, plus rien........ juste le vide  remplit de rien. C'est la forclusion , mais la forclusion de quoi? du nom du père, certainement pas, c'est la forclusion du paradis perdu, de l'idylle, c'est la mère, le sentiment océanique, Dieu si vous voulez .

Et ce vide avec quoi le remplit on?

Avec de la bouffe, avec de l'alcool,du  sexe,des godmichés, toujours plus, jamais rassasié, jamais satisfait, toujours à la recherche de la jouissance, jusqu'à la mort, par le corps gorgé de nourritures ou de plaisirs,la grande bouffe, c'est la fuite en avant du matérialisme, des mauvais signifiés, au signifiant jouissance, on ne remplit pas le vide avec de la matière, on remplit le vide avec un signifiant qui s'appelle Amour, car tout est imaginaire, le vide ne se remplit que d'imaginaire.

Plénitude et vacuité, il ne faut pas se tromper de signifiant, plein de rien et vide de tout, voilà ce qui arrive lorsque l'on est dans l'erreur et dans la névrose.

Ces deux états sont nécessaires, alternativement, comme les Shadocks, l'homme pompe puis se vide, comme une vieille baudruche, parfois vessies, parfois lanternes, ombre et lumière, magnifique et infame.

Je pourrais continuer sur cette métaphore du trou noir, que j'ai déjà utilisé, trou noir du désir, jamais comblé, jamais satisfait, mon moi est faible et mon surmoi dément, en astrophysique, voilà ce qui arrive, le trou noir aspire toute la matière autour de lui, il se contracte, se densifie, et puis brutalement au point de rupture, il explose et donne naissance à un nouveau soleil, une supernova !


Belle image, que celle de l'esprit qui explose, peut-être est-ce l'image de la folie ou du génie.

Rassurez-vous cela ne m'arrivera pas, j'ai repris les commandes de mon vaisseau fou, je n'aspire qu'à bon escient, et plutôt que d'aspirer n'importe quoi, je préfère fermer mon esprit, et choisir ma nourriture, quitte à rester sur ma faim, ascèse et discipline, je préfère rester dans mon coin, et n'être qu'un moins que rien.