C'est quelque part.


Allons, enfant de la souffrance
Marchons, les éveillés.
Seuls, au milieu du monde
Peuple de la nuit, et de la lumière.

Déchirons les parchemins, les vieux grimoires,
Qui nous étouffent, comme nos haillons.
À nu, il faut nous mettre nu,
Fragiles, exposés comme au premier jour.


Éphémères soldats, arachnéennes cuirasses,
Nous ne vivrons que l'instant bref de l'éternité,
Une seconde ou la nuit des temps
Invisibles, trop présent.

Nous sommes l'armée des spectres,
La conscience des innocents,
Le dernier des justes,
Et le serviteur souffrant.

Qui voudrait d'un tel fardeau.
Nous,  les ramasseurs d'ordures,
Les éboueurs des temps maudits,
Les parias de la bonne conscience.

Sommes-nous maudits, nous les élus,
Aucune lumière, ne veut de nous.
Moi, je m'éclaire avec un feu follet,
Il court et n'en fait qu'à sa guise.

Je ne sais pas d'où il vient,
Ni qui il est, un farfadet ou un lutin.
Il court il court dans la forêt,
Magique et maléfique.

Des peuples très anciens,
Des contes et des mythes
Ulysse ou Brocéliande.
Mon monde n'est pas le vôtre.

Mais pas non plus le mien,
Car partout je suis perdu,
Sans domicile fixe ;
Je ne sais même pas d'où je viens.

Allons, enfant de la souffrance,
Cherchons la terre promise,
Quelque part plus loin,
Une île, une terre, un havre.

Pour s'étendre, s'étreindre,
S’unir, s'embrasser, enfin s'aimer,
Un seul être, un seul peuple
Et puis n'être plus q'un.

Zorg-f

Le 11 février 2010.