Monades.



Le mot monade relève de la métaphysique, il signifie étymologiquement unité, c'est l'unité parfaite qui est le principe absolu.


Je rentre des tropiques, huit jours de repos psychique et de sommeil, j'avais emmené trois livres, qui paradoxalement se recoupaient, nomades urbaines, de Robert silverberg, le philosophe ignorant de Voltaire, et tristes tropiques de Lévi-Strauss, et puis un quatrième, l'homme aux statues de Marie balmary.

Vous allez rire, mais j'avais lu nomades urbaines et non pas monades dont je ne connaissais pas le sens ! Moi aussi je suis un ignorant. En fait c'est en lisant Voltaire, que j'ai trouvé un passage sur le mot monade, et que je je me suis rendu compte de mon erreur de nomades urbaines.

Lévi-Strauss parle aussi des monades, ainsi nous voici revenus à l'esprit et à l'âme.

Pourtant pendant le vol de départ dans le Boeing qui m'emmenait, je regardais par les hublots, l'aile et les réacteurs de l'avion, et je me disais que le matérialisme avait du bon, que la science avait permis de construire des merveilleux avions, de merveilleuses machines, et qu'au moins elle avançait, alors que ceux qui ne s'intéressent qu'à la spiritualité sont toujours à la case départ, rien ne bouge et rien n'avance, pour l'instant dans le ciel je n'ai croisé personne !

Dans cet avion rempli de retraités du troisième âge, terrorisé à l'idée que l'avion pourrait s'écraser, intéressés seulement par l'arrivée des plateaux-repas et des boissons, et des allers retour aux toilettes, qui rapidement seront bouchées, moi je souhaitais que l'avion s'écrase, et que j'en finisse une  bonne fois pour toutes, hélas tout se passa bien et nous arrivâmes à bon port. Comme je me sentais seul et malheureux au milieu de ces gens simples, vivants, apparemment heureux de vivre ! Même si je savais que ce n'était qu'une illusion, car tout le monde souffre c'est bien connu !

C'est dans l'avion que j'ai fait le lien entre le héros de monades urbaines, qui curieusement s'appelle Sigmund, et qui après un essai infructueux de conversion à Dieu avec un prêtre de ce temps moderne, où on lui demande de se soumettre, et qu'il n'y parvient pas, comme moi dans mon précédent billet, que je terminais en disant que je ne me soumettrai jamais, à quoi je ne savais pas, maintenant je sais, c'est à Dieu ! Dans le livre le héros se suicide à la fin, en sautant du millième étage de la tour, vers l'espace infini où réside leur Dieu.

Cela m'a rapproché de Voltaire, le philosophe ignorant, comme moi, qui ne se soumet pas, ainsi qu'à Lévi-Strauss, qui dit que le monde a commencé sans l'homme et finira sans lui, et enfin à Freud qui à travers Marie balmary, dit que la quête de Dieu n'est que celle du père, notre père ce héros !
Tout se tient là-dedans, les avions volent et les philosophes s'embourbent. Comme d'habitude pendant mon séjour, des gens sont venus me parler, de leur souffrance, moi je ne dis plus rien, j'écoute et je me tais.

J'avais fait quelques dessins, j'ai oublié mon sac de voyage dans le parking de l'aéroport, tant pis, pertes et profits !