L'Hostie de santan.
Par f zorg le lundi, janvier 25 2010, 22:48 - Lien permanent
Ce week-end, ma fille aînée est venue nous annoncer officiellement sa grossesse, le visage creusé par l'émotion et les larmes aux yeux. Je lui ai dit que j'étais infiniment heureux pour elle, elle allait gagner sa part d'immortalité. Ma deuxième fille qui m'a aidé pendant le remplacement de la secrétaire, m'a dit : papa, je t'ai retrouvé comme avant, fort !
Ma femme a éclatée en larmes.
S'ils savaient comme mon combat est difficile, s'ils savaient que sans eux je serai déjà mort, mais je crois qu'ils savent !
Après une trêve de quelques jours, l'angoisse est revenue, toujours aussi méchante, peut-être parce que je suis en vacances, je me relâche.
J'avais fait un rêve important, je voulais en parler à mon psychanalyste, une séance supplémentaire, il était encore question de ma mère, et d'une méchante bête ligotée, entravée, que je lui ramenais.
Immenses sont les forces de l'amour, immenses sont les forces de la peur.
Je vais voir mon psychanalyste, comme on va voir un prêtre, confier mes péchés, toutes mes bassesses, tous mes espoirs, et tous mes désespoirs, lorsque la messe est finie, parfois je prends l'hostie, délicatement je glisse sur ma langue, un comprimé de Xanax, il n'est pas consacré,, ce n'est le sang et la chair de personne, c'est l 'ostie de Satan, comment pourrais-je faire autrement, quand c'est trop fort, quand c'est trop dur, mon Dieu pourquoi m'avez-vous abandonné ?
J'ai dit, rien ne me détruira, j'ai dit, seul moi-même décidera de mon propre anéantissement, j'ai dit que je tiendrai le coup,qu'il y a forcément une issue, toujours un espoir, rebondir sans arrêt, ne jamais baisser les bras, tout a une fin un jour, cela finira par finir, peut-être avec moi, ou peut-être avant moi.
Chacun d'entre nous porte sa souffrance comme si elle est unique, comme si c'était la seule qui comptait, que m'importe de savoir qu'il y est des gens qui souffrent peut-être plus que moi, ou moins que moi, chacun de nous est unique devant la maladie, le bonheur et la mort, les mots ne servent à rien, seuls les gestes comptent, j'ai vu ma femme masser les pieds de mon ami mourant, j'ai vu ma femme embrasser mon père, j'ai vu ma femme crier son désespoir devant ma douleur, pas un mot, seulement des gestes, des gestes d'amour.
J'écris ce soir par ce que je ne vais pas bien, parce que ça me fait du bien, et parce que c'est seulement dans ces moments-là que j'ai l'impression d'exister ! C'est le comble du masochisme, et pourtant jamais je n'accepterai la souffrance comme le cadeau d'un Dieu, qui me dirait prosterne toi et réjouit toi d'être élu, accepte cette souffrance et glorifie la.
La souffrance n'est pas glorieuse, la douleur n'est pas jouissance, et ceux qui disent ça sont plus malades que moi.
Jamais je ne me soumettrai.
Commentaires
Votre billet est très catho!
souffrance, don de soi, élu,...immortalité,..."mon Dieu pourquoi m'avez-vous abandonné?"
Il me semble que vous vous disiez agnostique!
ce n'est que de la contradiction qui démontre votre recherche intérieure mais recherche en souffrance et ça c'est trop!
contradiction encore avec:
"c'est le comble du masochisme" et "la douleur n'est pas jouissance"
A quoi jamais vous ne vous soumettrez?
Tenez bon.
oui,beaucoup de contradiction,parceque je suis helas profondement masochiste et que je deteste ça,c'est dans la nevrose.
je ne considerais jamais que la douleur est un don de je ne sais qui,ou quoi,voila à quoi je ne veux pas me soumettre,d'un autre coté le salut pour moi est peut etre du coté du mystere,je suis agnostique,mais comme j'aimerais croire,voila la contradiction!
en fait je serais pret a n'importe quoi pour ne plus souffrir,sauf me nier ! contradictoire encore,
j'ai toujours pensé que la souffrance etait le moyen d'avancer,de se bousculer,c'est ce qui me fait peindre et ecrire,mais l'angoisse ,cette insuportable douleur psychique qui fait de vous une loque,qui vous deshumanise c'est diabolique.
je tiens le coup,et je continue ma route!
Vous avez bien raison de dire que rien n'est consacré !
ce n'est que mon avis.
La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie (c'est une chanson de Souchon, aussi - facile à trouver sur youtube).
oui gab,j'ai mis cette chanson sur mon blog pour illustrer un billet,la vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie,c'est pourquoi je suis en colère,j'aimerais avoir un peu la paix et jouir de cette vie, j'y arrive ,peu à peu,
au fait le mot diabolique en grec diabolos,est le contraire du mot symbole,qui veut dire lancer et assembler,diabolique fait tomber, sépare.