Le film qui rendait les gens dépressifs.

On parle beaucoup du film avatar, que je n'ai pas vu encore. Il semblerait que ce film bouscule le public, les gens en sorte infiniment déprimé, en Chine la film a été retiré des salles, certains spectateurs, des paysans avaient la nostalgie de leur vie d'avant !

Ce film est une parabole sur le paradis perdu, sur l'idylle, sur le monde originel et propre, un conte de fées pour adultes, et le résultat c'est que les gens, les spectateurs, prennent conscience de l'absurdité de leur vie matérialiste. Je ne sais pas si le metteur en scène avait prévu cette réaction, en tout cas c'est plutôt inattendu et intéressant.

C'est un peu la même chose qui se produit lorsque l'on fait une dépression, on est mis en face par la douleur, du non-sens et de l'absurdité d'une forme d'existence.

Peu à peu je relève la tête et je vais mieux, j'ai repris le sport, le matin ce n'est plus l'angoisse qui me réveille, mais mon réveil matin, je dors comme un bébé, je reprends figure humaine, au propre comme au figuré.

Je crois qu'il y a plusieurs raisons à cela, la première c'est le redémarrage de mon travail psychique, je rêve de nouveau, et j'avance dans ma psychanalyse, le symbole qui domine c'est celui de la boule, la boule de mon enfance, la peur, le monstre, la mère !

La deuxième raison c'est que j'ai fait face, que j'ai surmonté l'épreuve, une de plus, celle-là était particulièrement difficile, tout ce qui touche mon travail de près ou de loin, la construction de ma vie, tout ce qui peut perturber cela est extrêmement anxiogène pour moi, je n'ai plus eu de secrétaire pendant trois semaines, nous avons travaillé quand même, cela paraît dérisoire mais pour moi c'est extrêmement important.

Chaque jour qui passe est une épreuve, chaque journée terminée convenablement est une petite victoire, c'est exactement comme les petites rivières qui font des fleuves, il faut vivre au jour le jour, chaque journée est une brique de l'édifice, et si il manque une brique tout l'édifice s'écroule, c'est aussi simple que ça.

La troisième raison c'est que je vais partir en vacances avec ma femme, c'est ma récompense, je vais pouvoir me reposer, reprendre des forces, comme j'en ai besoin !

Je suis en train de relire un vieux livre, j'en ai déjà parlé, l'homme dans le labyrinthe, de Robert silverberg,

Ce livre est un peu comme avatar, sur un autre sujet, celui de l'âme. L'histoire pour vous la résumer est pleine de symboles, le labyrinthe c'est le chemin initiatique, le labyrinthe c'est le colon, l'intestin, j'en ai parlé autrefois dans un billet à la suite d'un rêve. L'homme dans le labyrinthe c'est l'homme perdu en lui-même, pour les mystiques, la sortie du labyrinthe, la clé, c'est la nouvelle naissance.

Donc le héros est parti se réfugier dans un labyrinthe gigantesque construit il y a des milliers d'années par des extraterrestres maintenant disparus, il est partit là-bas pour se réfugier, il est le seul à avoir pu réussir à pénétrer dans le labyrinthe, dans le livre on apprend pourquoi, il ne désire plus rien et ne craint pas la mort, il est parti se réfugier dans ce labyrinthe, parce que il a une particularité, il est forclos ! Il y a un trou dans son esprit, qui fait que son âme est poreuse, son âme pue, comme si tout son inconscient, tout ce qui est violent, sale, toute la peur, toute l'agressivité, toutes les pulsions archaïques, tout cette puanteur exhale de son esprit, cela rend sa présence insupportable pour ses congénères.

Ce livre est à prendre pour ce qu'il est, un livre de science-fiction, pas un chef-d'œuvre de la philosophie, mais il contient des choses extrêmement intéressantes, ce sont des extraterrestres qui ont rendu son âme poreuse, parce qu'il croyait qu'il était Dieu, c'est pour lui rappeler à lui et à ses congénères, qu'au fond de lui il y a un cloaque, un être primitif, plein de violence, de sexe, d'amour et de haine, et qu'oublier ce que l'on est au fond de soi, l'humain trop humain comme disait Nietzsche, oublier cela, peut gâcher toute une vie, c'est bon de savoir ce que l'on est vraiment, pas grand-chose, infiniment de choses, le bien et le mal, le beau et le laid, le pire et le meilleur.