La dépression, cela rime avec des mots en.. « ion »....... destruction, obsession, régression, remise en question, perdition, rémission, rédemption. Séparation, fondation.

Aujourd'hui il fait beau, enfin ! Moi je vais plutôt mieux, bientôt dans une semaine, je vais m'envoler dans un avion, pour un voyage tout bête, dans un club de vacances sans surprise, dans un endroit idyllique, artificiel, mais où je sais que je trouverais le repos et la paix, au moins provisoirement, pour faire le plein d'énergie, dont j'ai tant besoin après ces six mois d'enfer.

La psychanalyse disait quelqu'un sur un forum est elliptique, tout était dit de ma névrose au bout de six mois d'analyse, après il faut intégrer et digérer ce que l'inconscient vous délivre si brutalement, dans vos rêves d'analysant. Mon premier rêve, l'homme qui portait sa moto sur son dos, comporte deux parties, la première où je vois sur le bord d'un chemin, qui a bercé mon enfance et mon adolescence, puisqu'il s'agit du chemin de sable  qui menait au club de voile, endroit où toutes les choses importantes de mon adolescence ont eu lieu, rencontres, premières amours, premiers émois, premières rebellions contre mon père, il avais peur de tout, de la mer, des bateaux,moi je faisais tout le contraire en crevant de peur!

Sur le bord de ce chemin, j'aperçois un homme âgé, au physique de mercenaire, assis à côté de sa moto qui est en panne.

Plus tard dans le rêve , je le re- croise à nouveau, il a démonté sa moto, qu'il a soigneusement rangé sur son dos, pieces par pieces, formant un parfait rectangle ! Ensuite, je conduis une voiture de forme ronde, une ancienne voiture américaine, et sur le chemin, arrive de tous côtés de nombreuses voitures de la même forme, et de toutes les couleurs, couleurs vives, du bleu, du rose, du vert, les voitures me foncent dessus, comme dans mes bouffées délirantes, à la place des boules, ce sont des voitures, et à la place du billard, c'est le chemin vers la mer !

Le noyau de la névrose ce n'est pas mon père, mais c'est ma mère, les bouffées délirantes sont féminines, avec leur forme ronde, leurs couleurs vives. Il y a eu d'autres rêves, en particulier le rêve de la tour Eiffel, où je féconde ma mère, je me donc trompé, ce qui ne fait souffrir, c'est l'amour impossible pour ma mère, d'ailleurs ma récidive s'est produite au printemps dernier, lorsque ma mère est arrivée chez moi, tombant en panne devant ma maison, et comptant entièrement sur moi pour gérer et planifier l'intervention chirurgicale dont elle avait besoin, c'était une tumeur à l'anus, supposée maligne ! En fait c'était un banal polype.

Moi j'ai vécu ça très mal, je commençais à aller mieux, et elle est venue devant ma porte, comme un chat qui apporte une souris à son maître, me donner sa voiture en panne, et son problème de santé.

dans une famille normale, un fils aurait été heureux de rendre service sa mère, et de faire le nécessaire pour lui rendre les choses plus faciles, c'est ce que j'ai fait, mais avec un goût amer dans la bouche, avec un grand malaise, celui d'un amoureux éconduit.

Ensuite je me suis vite dégradé, et vous connaissez la suite !

Quelque part au tout au fond de moi, il y a un enfant qui aime sa mère comme une femme, et qui la désire toujours, c'est tellement profond, tellement refoulé, que je n'en ai aucune conscience, mais je ne pense pas me tromper, ce qu'il faudrait, c'est qu'il y a un rêve, et que je m'effondre chez mon psychanalyste, terrassé par la douleur de la catharsis, comme cela m'est arrivé autrefois. D'ailleurs lui-même doit le savoir, puisqu'il n'y a pas si longtemps que ça, il m'a dit que ce serait bon que j'aille voir du côté de ma mère ! Moi je veux bien, mais mon inconscient s'y refuse, il y a beaucoup de résistance, et pourtant je l'ai écrit souvent, dans des poèmes, et puis je le sais, mais savoir ne sert à rien en psychanalyse, il faut revivre les traumatismes.