à tombeau ouvert !
Par f zorg le dimanche, janvier 10 2010, 19:01 - Lien permanent
À tombeau ouvert !
Toute ma vie j'ai aimé les voitures, j'ai roulé à 200 à l'heure, sans jamais avoir un accident ! Le seul que j'ai eu, j'avais 18 ans, j'avais eu une violente altercation avec mon père, qui ne voulait pas que j'aille faire du ski, le soir j'ai sauté le ravin ! Mon psychanalyste m'a dit que c'était un acte manqué ! Je voulais mourir de chagrin.
Dans mes rêves il y a souvent des voitures et des avions, ce sont des symboles de jouissance, jouissance et toute-puissance. Albert Camus s'est tué en voiture, ce n'était pas lui qui conduisait, en feuilletant un magazine, j'ai appris qu'il faisait des crises d'angoisse et des attaques de panique, évidemment sinon pourquoi aurait-il eu besoin d'écrire.
Il faut savoir mourir à temps disait Nietzsche, Camus est mort au bon moment , avant de s'effondrer, c'est une preuve d'intelligence.
Toute ma vie, j'ai roulé à tombeau ouvert, comme si j'étais éternel, comme si rien ne pouvait m'arriver, comme si je cherchais à ce qu'il m'arrive quelque chose. Maintenant que je souffre, j'écris, cela m'est nécessaire, j'écris pour des inconnus, j'écris pour moi, je m'imagine au volant d'une puissante voiture de sport décapotable, sur une très longue ligne droite, au bout de laquelle il y aura plusieurs impossibilités, un ravin, un arbre ou alors la casse automobile, mort violente ou la décharge !
J'ai écrit beaucoup de choses, lorsque je les écrivais c'était l'instant présent, le sentiment d'un moment, l'impression d'avoir trouvé quelque chose, parfois un émerveillement, une fois que c'est écrit, cela ne m'est plus d'aucune utilité, c'est du passé, la souffrance me rattrape toujours.
Alors je peux imaginer qu'au volant de ma voiture, à 200 à l'heure, je jette sur la route, tous les billets que j'ai écrits, ils s'envolent derrière moi, bientôt illisibles, détruits, inutiles. Cela ne sert à rien d'écrire, d'imaginer que ça a quelque importance, quelque chose de soi, quelque chose qui restera, alors je roule, j'écris, et je jette derrière moi tous les fruits de ma souffrance, de ma vanité et de mon orgueil, comment pourrais-je croire, que ce que j'ai écrit à quelque importance.
Pourtant, il y aura toujours des gens qui écriront, qui déposeront sur des pages, les mots de leur souffrance, l'histoire de leur vie;Pour les plus humbles, pour ceux qui n'attendent rien, qui n'espèrent rien, pour ceux-là, il y aura parfois des merveilles, de grands livres, brillants et sincères, ceux-là un jour seront reconnus, ils n'en tireront ni gloire, ni bonheur, car pour la plupart ils seront déjà morts.
Je ne parle pas pour moi, je n'ai même plus l'ambition d'être publié, ma seule préoccupation est d'essayer d'aller mieux, en allant plus avant dans la compréhension de ce qui m'arrive. Un jour, peut-être, je me mettrai au travail, si j'arrive au bout de cette histoire, et si j'ai encore envie de la raconter, un jour peut-être, j'aimerais faire un grand livre ! Mais peut-être que ce jour-là, quand j'aurai jeté le dernier billet derrière mon épaule, peut-être que je préférerais le silence.
La vie est pleine de surprises, bonnes ou mauvaises, je suis bien placé pour le savoir, bien que je ne sois pas le seul peu s'en faut; Des histoire comme la mienne il y en a des milliers, des bien plus difficiles, bien plus désespéré, des histoires qui se terminent mal, je peux en témoigner, je pourrais même en faire un livre, des témoignages que je recueille dans mon cabinet médical, mais à quoi cela servirait-il, il vaut mieux parler des histoires qui se terminent bien.
moi je tiens un blog, une sorte de journal pas trop intime, je me suis souvent demandé pourquoi je continuais? mon psychanalyste m'a dit que c'était mon tableau noir, là où je faisais mes gammes, où je déposais le trop-plein, en tout cas si je devais avoir une qualité, c'est celle du titre, je trouve qu'ils sont en général bien choisi.
Commentaires
un tombeau ouvert!
n'est ce pas un cercueil pas encore scellé?
vous n'êtes pas encore mort, profitez de la vie qui vous reste à vivre quelque soit la durée de la route devant vous!
Je ne vous dis donc pas bonne année mais bonne vie!
Vous aussi, je vous souhaite une belle vie, rien n'est fini, tout peut commencer,là où on croit que tout est fini.
C'est l'espoir que j'ai, je pense que j'y arriverai, je profite de l'instant présent, des moments de grâce, il y en a souvent, un jour tout cela finira, comme vous dites, le cercueil n'est pas scellé, mais qu'importe ce qui nous attend, le principal c'est de vivre !
Puis on souffre, plus on apprécie les moments de bonheur, plus la vie devient précieuse, plus elle est intense, finalement c'est un privilège la souffrance, à condition d'y survivre, mais vous savez tout ça au moins autant que moi.
Alors moi aussi, du fond du coeur, je vous souhaite une bonne année et une belle vie à-venir.
non, pas à-venir!
mais maintenant, dans le présent immédiat, car l'avenir??