une journée blanche et bleue.
Par f zorg le jeudi, janvier 7 2010, 21:43 - Lien permanent
Voilà que j'écris mon 200e billet, je suis prolifique, celui-là est troublant et important, en tout cas pour moi.
Une journée blanche et bleue.
Faut-il qu'il suffise d'avoir la volonté que cela cesse, pour que tout s'arrête ?
Ce matin je ne travaillais pas, nous nous sommes levés tard, nous avons fait l'amour, je ne veux pas vous exposer ma vie privée, ni aborder les aspects intimes de ma vie, je dois cependant vous dire que depuis le début de mon histoire, faire l'amour pour moi est anxiogène, et que je ne connais plus la paix de la petite mort ! C'est une grande frustration pour moi.
Comme toujours l'angoisse s'est installée, comme toujours j'ai courbé l'échine et j'ai fait face, que puis-je faire d'autre ? C'est comme une migraine qui commencerait tous les matins, j'ai pris mon petit déjeuner, et puis nous sommes partis là où je vois mon psychanalyste, c'est à une quinzaine de kilomètres, les routes étaient recouvertes de neige, le marais était gelé, c'était un spectacle magnifique et ma femme a décidé de m'accompagner pour faire quelques photos.
Lorsque nous sommes arrivés, sur le bord de mer, devant le port, la lumière glaciale de l'hiver était magnifique et nous avons fait des photos, elle de moi, et moi d'elle. J'aime ces ciels d'hivers limpides et glacials, ces ciel bleu gris sur la mer metallique,
j'ai pris le le bras de ma femme et nous avons fait quelques pas, je ne m'étais pas rendu compte, enfin pas tout de suite que l'angoisse m'avait complètement quitté, que j'étais merveilleusement heureux là, à cet instant, au bras de la femme que j'aime et qui m'accompagne depuis si longtemps, nous nous sommes regardés les yeux dans les yeux, elle a vu la paix dans les miens et moi j'ai vu le bonheur dans les siens, elle m'a dit : tu vois, cela peut arriver !
Cela faisait si longtemps que je ne m'étais pas oublié, quel bonheur de pouvoir vivre l'instant présent sans l'ombre de l'angoisse.
C'était l'heure de mon rendez-vous hebdomadaire , je laissais ma femme dans la voiture, et je me dirigeais d'un pas plutôt léger chez mon psychanalyste.
J'ai abandonné le divan, je ne supporte pas, cet abandon que je ne désire pas ; je m'assis donc face à lui, et je lui parlais de mon dernier rêve, il parle de Mickey Rourke:
le rêve commence lorsqu'il est jeune dans ce film célèbre pour son strip-tease et son érotisme torride ainsi que la bande son, ensuite le rêve continu,je retrouve Mickey Rourke comme il est maintenant, vieilli, brisé, blessé, défiguré par les coups qu'il a reçus pendant ces matchs de boxe, il a beaucoup souffert, a sombré dans la drogue et l'alcool et s'est relevé.
Dans le rêve il regarde des roses trémières le long du chemin, il les regarde, il les prend tendrement, délicatement, avec ses mains de lutteur,et puis il se dirige vers la même chambre pour retrouver la même femme de sa jeunesse, il n'y a pas de strip-tease, il n'y a pas d'érotisme torride, il y a juste de la tendresse.
Ce rêve est clair comme de l'eau de roche, Mickey Rourke c'est moi, moi avant et moi après; Nous avons parlé des roses trémières, elles bordaient les chemins que nous empruntions en vélo, lorsque nous rentrions le soir d'une petite plage de l'île D'yeu, une petite crique sauvage, ou moi, ma femme et mes enfants, passions des après-midi délicieuses, c'était il y a bien longtemps, nous rentrions le soir au coucher du soleil, tous en vélo sur les petits chemins, étourdis par la journée de bains et de soleil, enivrés par tous les parfums des fleurs sauvages qui bordaient le chemin, surtout les chèvrefeuilles qui sentent tellement fort, je n'ai jamais retrouvé ailleurs ses senteurs, l'odeur de la mer, des algues et des embruns mélangés à l'odeur des fleurs, c'est quelque chose que je n'oublierai jamais, et qui en train de disparaître, trop de monde, trop de motos ,trop de tout !
Je suis extrêmement sensible aux odeurs, à chaque odeur s'associe une émotion, de mon premier flirt, je ne me souviens que de l'odeur des cheveux de cette jeune femme, cela me bouleverse toujours.
Tous les ans au mois de juin, nous partions quelques jours dans un petit hôtel tout simple, et tous les ans c'était le même émerveillement, les mêmes joies simples, partagées entre nous, je n'oublierai jamais et mes enfants n'ont plus, l'hôtel n'existe plus, l'île D'yeu est devenue bruyante, de scooters, d'autobus et de voitures, je ne désire plus y revenir.
Cette idylle, le paradis perdu, voilà de quoi parle mon rêve,des merveilleuse année que nous avons eu la chance de pouvoir vivre !
Mais le rêve dit aussi que je vais revenir, que rien n'est fini, simplement les choses seront différentes, et je l'accepte enfin !
J'ai appelé ce billet, une journée blanche et bleue, je pensais à la neige et au ciel bleu, comme c'est curieux, les maisons de l'île d'yeu sont toutes blanches avec des volets bleus, mon psychanalyste m'a demandé de lui parler de l'île d'yeu, elle a marqué ma vie, il y a 50 ans un premier voyage j'avais neuf ans, et puis à 18 ans avec mon meilleur ami maintenant disparu, c'est lui qui a voulu m'emmener, enfin les vacances avec les enfants ; l'île d'Yeu est formé de deux mots,IL et DIEU, et j'associe librement, comme je n'ai pas pu faire chez mon psychanalyste, vous vous souvenez du poème où je dis : mon Dieu s'appelle Mickey !
Et moi ce soir j'associe Mickey Rourke, l'île d'Yeu,moi et Dieu, ça paraît tellement évident, quel drôle de chose que l'inconscient !
encore une chose,l'endroit ou je voulais mourir,me tuer,c'est le pont sous lequel passe le bateau qui vas vers l'ile d'Yeu,
Alors je pense à la mort, à me détruire
J'irai sur un grand pont, me jeter dans la mer
Je ferai le grand saut, les ailes de mon âmes
Ne me seront d'aucun secours, car elles sont repliées
Comme je le suis moi-même, rétracté.
Pendant la chute je hurlerai sûrement, grand cri de douleur
Et je m'écraserais dans la mère nourricière, la d'où vient toute vie
Mon corps se disloquera, et je retournerai vers l'éternité
La seule a laquelle je crois, celle de la matière et des atomes.