mon histoire!

une chanson et un texte,rien de moi.

 

Surhomme à mi-temps, 


par nicolas saez     "Dieu a fait le coït, l'homme a fait l'amour." 


Edmond Huot de Goncourt (Journal) 

    
Il a fallu que Nietzsche atteigne un état comme vraiment dysphorique et profondément maniaque pour surprendre le concept nihiliste. Il fallait cet état bizarre et terrible pour en arriver là, c'est-à-dire au bout de la philo, au point ultime de la sagesse profonde, ultime et fou, au bout de la roue, je veux dire à l'impasse. Parce que ses mots sont des plus clairs ou des plus confus - des plus confus pour la populace bornée qui se borne à ses limites. Nietzsche, Nietzsche n'est pas un penseur - sa pensée a trop peu d'intérêt. Finissons-en. Parce que le nihilisme, ce n'est pas un flux ou un reflux, ou un flux de reflux à la Deleuze et à la pseudo-psychotique. Pas de machine de machine, ou de rayons de soleil dans le cul. Non, revenons-en à Heidegger, à Wittgenstein, je ne sais pas, à Valéry, un peu de doute, un peu de vide - un peu d'ontologie. " La science du vide. " La belle affaire… Socrate qui demande 'Qu'est-ce que x ?' (paradoxe du Ménon), et Heidegger qui répond : " Ben oui, 'qu'est-ce que x ?', c'est quoi l'être, on ne sait pas y répondre, au fond. " Bon, la marche de l'Histoire, le nazisme, d'accord, peu importe. C'est quoi la philosophie, c'est l'étude de la métaphysique, c'est ça, non ? Et la métaphysique, c'est le transcendant, c'est tout. Bien, le transcendant, le transcendant… Ce qui est 'au-dessus', ce qui dépasse, l'indicible, l'inaccessible ? L'absolu ? Le noumène ? C'est plutôt sympa de la part des philosophes d'inventer de nouveaux mots pour parler de la même chose. Histoire de varier, sinon ça lasse, à la longue. Ceci dit, puisque la philo, c'est histoire de connaissance, et histoire d'inaccessible, on peut peut-être, je dis bien peut-être, se demander ce que Kant et Cie faisaient de leurs journées, à part se masturber intellectuellement. Parce que, quoi, un peu de bon sens, parler de l'indicible, penser l'inaccessible ? Plutôt cool, ça donne un genre. Comme ces artistes, décoiffés au gel dans ces bistrots-philo parisiens. Parlons métaphysique, parlons de ce 'truc' dont il est impossible de parler. Un concept, c'est un concept, une idée égale à elle-même, rien de plus. On peut dire que l'inaccessible est sympa, cool, high, transcendantal, destroy, que sais-je, on peut dire que c'est assez méchant, voire cruel, dévergondé ou bandant, relativement chiant ou absolument heureux. Ben oui. Causons quoi, la stérilité, c'est assez sympa aussi. Clonage, fin du monde, dioxine, métaphysique. Et puis les vaches folles. Non, sans blague. Et Marie qui trompe Paul. La philo, la science de la pluie et du beau temps.
Quand Descartes dit " je pense, donc je suis ", c'est assez sympa aussi, de sa part, de nous dire qu'il pense. Nietzsche dira " c'est qui 'je', c'est Descartes, c'est nous, c'est moi, c'est qui ? " On ne peut pas fonder l'apodictique sur le contingent - oui, la parlotte philosophique, c'est contagieux aussi. Bon. Puisque certaines choses sont pensables, on peut supposer que certaines choses ne le sont pas. Et la philo s'en occupe. La philo se charge des choses impensables. Pourquoi pas. Et moi, je suis Dieu. " Y a des hindous dans mon jardin, j'aime ça quand ça grouille ". On en revient à nos moutons. Puisque la philosophie est affaire d'indicible, en parler reviendrait à la réduire à des mots qui nieraient sa nature d'indicible. La philosophie soit est tristement irrespectueuse (pauvre métaphysique - tss tss), soit parle de tout autre chose que de philosophie. La philosophie, la " science du vide ". Il ne reste plus que la théorie de l'action, dit Valéry, carpe diem, et cetera. Bourrage de gueule, baise, et de la musique pour orchestrer le tout. 2000 ans. Tout ça pour ça. Et Socrate et son paradoxe du Ménon. On a été loin. Joli voyage, plage fabuleuse, y a plein de soleil, on s'amuse comme des fous. Ah oui. Et Marie-Paul ? Bon, la raison met en doute les sens, les sens la raison, les sens qui aveuglent, la raison aussi. Je crois, parce que c'est absurde. Et " j'ai trop d'énergie pour travailler ". Et la religion c'est l'opium du peuple, et les rouges, c'est des salauds, et gnagnagna. Bon. Puisque les philosophes n'aiment pas trop la subjectivité, passons à l'absolu… L'absolu, l'objet. L'objet qui n'a pas d'avis. Moi ce que j'aime avec eux, c'est l'espoir terrible qu'ils portent, quand ils défont les autres.
Alors voilà, la philosophie, étude de la métaphysique, ses mots imprononçables qui désignent l'indicible et puis… Et puis le nihilisme qui, sans qu'il s'agisse d'un éternel retour, en revient à Socrate et à ses prédécesseurs. Dostoïevski poussera un de ses personnages au suicide et mettra à plat le pathétique affreux du désespoir métaphysique. D'autres, comme Heidegger, abandonneront la philo au profit - disons - de la poésie. D'autres encore s'adonneront aux plaisirs maniaques, semi-dionysiaques - la langue qui frétille et l'abus de pouvoir. Deux Irlandais, deux bêtes de foire. L'erreur au fond - oublions un instant les sens et la raison qui aveuglent, l'irrationnel et le reste - c'est d'avoir pris la philo pour autre chose qu'un sujet creux. Il faut savoir prendre l'Anti-Œdipe de Deleuze comme les Chimères de Nerval - les lire à voix hautes et jouir ; ce sont des incantations. Mots bizarres, métaphores, ellipses et jolis accords - aucun besoin de comprendre, tout juste le rythme et le plaisir d'écouter le toc qui brille