ojalà!

 

La récolte a été brève, un peu de jouissance, je prends, et puis de nouveau l'angoisse terrible, je suis anéanti ! Combien de temps vais-je tenir ? Je suis en train de mourir, de m'anéantir, alors je crie au secours sur mon tableau noir.

Ce matin je suis parti opérer, je me suis perdu en chemin, je me suis trompé de route, j'étais perdu. J'ai fait mon travail correctement, je me suis épanché auprès des infirmières, elles font ce qu'elles peuvent, elles sentent que je suis à bout.

J'emmène mes enfants en Égypte dans trois semaines, ce voyage est prévu depuis six mois, je dois être là, il faut que je tienne au moins jusque là. Je ne peux pas les abandonner.

J'ai écrit « après la bataille », c'était prémonitoire,ojalà veut dire en espagnol, « plut au ciel » c'est un impératif et un conditionnel, c'est un souhait, que quelque chose arrive, quelque chose qui a voir avec Dieu, je suis abandonné, je me suis encore abandonné, je brûle d'angoisse, l'autre à l'intérieur de moi, me même la vie dure, il doit être content, je baisse les armes, j'attends la mort, le plus vite possible.

Que vous dire de plus, évidemment rien, je bute devant des portes fermées, hier soir je suis allé voir mon psychanalyste, morne séance, rien, rien ne sort.

Ce que je vis est tellement difficile que je n'imaginais pas que ce serait possible, et pourtant j'ai toujours un peu d'espoir, on verra bien demain. J'ai un tableau en cours, il est beau, le visage que j'ai fait est vivant et moi je suis mort.

 

17 heures on se calme, il faut que je trouve la raison de l'angoisse.

J'étais chez mon psychanalyste hier soir, je sais ce que représente l'angoisse, c'est le retour du refoulé, c'est le désir impossible, je sais que c'est la honte et la culpabilité, je sais de quelle honte et de quelle culpabilité il s'agit, désir d'inceste avec ma mère, séduction du père.

Je brûle, ce sont mes jambes, les jambes c'est le symbole de phallus, la cuisse de Jupiter. Dans mes deux derniers rêves, le premier, je trouve la possibilité de la castration symbolique, je n'accepte pas le côté féminin, dans le deuxième c'est le vagin denté auquel je casse les dents, ayant auparavant sectionné le phallus imaginaire de la chatte, le pénis qui pousse aux femmes !

Chez mon psychanalyste hier, j'ai dit que j'avais trouvé ma mère séduisante, et c'est vrai, je l'ai vu comme une femme désirable, j'aurais dû y penser plus tôt !

J'ai lu quelque part que : dans la névrose hystérique le réel du symptome  est pris pour de l'imaginaire, mais moi, pour moi ce n'est plus l'imaginaire, c'est du concret, du réel.
Alors l'angoisse disparaît comme par enchantement, comme la neige qui fond au soleil, les brûlures aux jambes, c'est récent, j'espère que je me trompe pas, et que j'avance, et je n'ai plus d'angoisse.

 

Encore une chose, je relis mon blog depuis printemps, qu'est-ce que j'en bave !

J'oublie, heureusement,........ la déréliction, la définition c'est être abandonné de tous, de Dieu et de soi-même. Je ne suis pas seul, je suis même de moins en moins seul, partout autour de moi je trouve du soutien et de l'écoute, je ne vous ai pas dit, je ne peux pas tout vous dire, mes confrères m'adressent de plus en plus des consultations de type psychiatrique, j'en ai quatre ou cinq par jour, aujourd'hui une femme, sa soeur aînée c'est immolé par le feu il y a deux ans. C'est tout !
dieu je n'en sais rien, quant à moi, je prends soin de moi, comme je peux, adieu les belles théories, les grands certitudes, personne ne sait rien, la dépression c'est le parcours du combattant, il y a les gourous, les massages de toutes sortes, le yoga, les sectes, la camisole chimique, l'acupuncture, l'art thérapie, les plantes hallucinogènes de mon ancien ami, c'est un bestiaire, un vrais bordels, j'oubliais les religions officielles, voilà, chacun fait ce qu'il peut et tout le monde se suicide !

Je n'ai pas l'intention de me suicider, même si lorsque je souffre trop, je souhaite la mort, mais tous les jours il y a un petit miracle, qui fait que je trouve raison d'espérer.

Ce matin à l'hôpital j'ai discuté avec une commerciale, on a vite changé de sujet, devinez quoi? la psychanalyse, elle a fait une pendant 10 ans, je lui ai parlé de moi, de ce que je faisais, de l'écriture et de la peinture, bien que ce que j'écris maintenant n'a pas grand intérêt, elle m'a dit vous êtes sur la bonne voie, la psychanalyse c'est la voie royale, je le crois aussi !
Encore sept ans de psychanalyse et si je ne suis pas mort avant d'un cancer par exemple, j'irai peut-être bien !

Ojalà