Le monde selon Z.

 

 

Hier j'en avais assez d'écrire, sur ce blog, j'en avais assez de mon histoire, j'avais envie de tout effacer !

Disparaître, comme si je pouvais effacer ce que je vis depuis deux ans et demi.

Mon livre je n'ai pas de nouvelles, il doit être perdu au fond d'un tiroir chez Odile Jacob, sincèrement je pense que je ne mérite pas d'être publié, il y a tellement de gens qui écrivent mieux que moi.

Alors il faut j'arrête de me prendre pour un écrivain, et que je prenne ce blog pour ce qu'il est, un vomitoire. Vu sous cet angle, c'est acceptable. C'est mon blog, j'en fais ce que je veux, je raconte ce qu'il me plaît, libre à vous de me lire ou pas !

En ce moment les choses sont difficiles, est-ce parce que je vieilli, peut-être prématurément, est-ce parce que je travaille beaucoup, est-ce parce que l'angoisse va finir par avoir ma peau ? J'ai l'impression d'avoir 100 ans !

Satanée angoisse, je suis possédé par elle, plus ma psychanalyse avance, plus elle est présente, et plus je me souviens, plus les souvenirs anciens me reviennent, plus je réalise qu'elle a toujours été là, depuis que je suis enfant autant que je me souvienne elle était là.

Il y a eu une éclipse, une éclipse d'angoisse, de l'âge de 30 ans à l'âge de 50 ans début de mes ennuis, finalement cela a été la plus belle période de ma vie, même si elle était toujours là silencieuse et cachée mais présente juste pour me gâcher un tout petit peu le plaisir, plaisir d'être marié avec une merveilleuse femme, plaisir de la chair, plaisir simple à l'époque, plaisir de voir ses enfants naître et grandir, de beaux enfants intelligents et heureux, une vraie carte postale, un couple magnifique, image d'Épinal, faisant l'admiration et l'envie des autres, nous étions une sorte d'idéal, et pour moi aussi c'était mon idéal, que je n'aurais jamais pu imaginé réussir à construire, c'était inespéré, pour un homme comme moi, venant d'où il venait, c'était miraculeux, et j'y ai cru à ce miracle, heureusement pour moi, ce qui est pris est pris !

C'était trop beau pour être vrai, pour vivre comme ça, je m'étais construit une véritable forteresse, une tour d'ivoire, où j'avais enfermé tout mon petit monde, j'étais un monstre d'égoïsme, centré uniquement sur moi-même, les autres n'existaient pas, il n'était que des objets dans un décor que j'avais créé, d'un monde imaginaire, où je régnait en maître, j'étais un roi, suprêmement heureux, égoïste, autiste des autres, j'aspirais le vide, du désir des autres, j'étais un trou noir, un vampire, je me nourrissais des autres, certains s'en rendaient compte, pas méchamment, timidement il me le faisait remarquer, mais moi, droit dans mes bottes,me protégeant à tout prix, pour ne pas souffrir, d'être humain, je ne voulais rien voir, je continuais ainsi comme beaucoup de gens comme moi. J'étais inhumain, comme mes parents, je ne faisais pas partie de l'humanité, je me servais d'elle, comme d'une nourriture.

Ça ne pouvait pas durer, et ça n'a pas duré, mon château de cartes s'est effondré, avec la mort qui a pointé le bout de son nez, auparavant j'étais immortel bien sûr !

Le souffle de la mort, à éteint les petites bougies qui éclairait mon monde, l'obscurité a fait place à la lumière, et patatrac tout est tombé.

Ça ressemble à la crise mondiale que nous vivons, la quête du plaisir, de l'argent à tout prix, sans règle ni morale, aux mains de gens psychologiquement malades, c'est la dépression ! Ça s'appelle comme ça aussi, et ça fait peur, ça fait mal, aux innocents qui n'ont rien fait, qui vont souffrir pour rien, comme les enfants qui subissent la maladie des parents ! La sortie c'est facile, la guerre ou la réforme, la réforme c'est trop difficile, c'est la guerre qui gagne, et si on ramène ça à la dépression, celle de l'individu, à même cause mêmes effets, la solution, la sortie, le suicide ou la remise en cause de soi même, la réforme, la psychanalyse.

Me voilà maintenant en train de devenir humain, de souffrir avec les autres, les yeux grands ouverts sur la misère du monde, plein de compassion, et aussi d'amour, qu'est-ce qui m'arrive ?

Moi écrire le mot amour que je ne pouvais même pas prononcer il y a deux ans.

Je n'ai jamais embrassé mes parents, à peine mes enfants, c'était impossible, la moindre brèche dans ma carapace l'aurait fait exploser, combien de fois ai-je envié les gens qui s'étreignaient qui s'embrassaient de bon cœur, ne croyez pas que je n'ai pas aimé ma femme et mes enfants, mon cœur était rempli d'eux, je l'exprimais comme je pouvais, plus par des actions que par des gestes.

Le monde selon Z., est un drôle de monde, fait de la nostalgie du paradis perdu, et d'attentes de ce que le Nouveau Monde va m'apporter, j'ai encore honte, quand les gens me manifestent leur amour, j'ai du mal avec ça, j'ai du mal à être humain.

 

Pas besoin de biotox, pas besoin de lifting, pas besoin de silicone, pas besoin de Viagra, pas besoin d'alcool, pas besoin de cocaïne,c'est beau une ville la nuit, c'est beau un homme qui pleure, Sue perdue à Manhattan, c'est beau la fragilité, on porte son âme sur son visage, j'aime celle de Mickey rourke, j'aime celle de Jack London , ne vous suicidez pas, ex fan des sixteens, petite baby dol, ex dépressif, ex-istere, pas besoin d'artifices, porter sa croix tous les jours, et devenir un homme !