Une séance de psychanalyse

 

j'arrive à la tombée de la nuit, je me gare sur le port

je regarde la mer, brillante et noire

sous la lumière du phare.

Je suis toujours en avance, je flaire les odeurs

celle des algues. et des bateaux de pêche

 

au loin j'entends les rumeurs de la ville

je suis hors du temps,hors de tout.

j'allume une cigarette, j'écoute de la musique.

Tout est bien, tout est calme, je me prépare, et

lorsque le moment est venu, je m'en vais chez lui.

 

Le rituel est immuable, les lumières sont allumées

dans la petite salle d'attente ,des revues sont disposées

je m'assois, je respire un peu, je suis attendu.

Alors la porte s'ouvre, il m'accueille

je croise son regard, il est attentif

je m'assois car je ne m'allonge pas

et la messe commence.

 

Les choses me viennent toutes seules

je ne réfléchi jamais à ce que je vais dire

j'ai tellement de choses à dire

j'ai l'embarras du choix.

aujourd'hui je parle de ma mère

 

les mots tombent, tout doucement de ma bouche

voilà la douleur arrive, je la sens qui monte

les muscles se contractent, mes lèvres tremblent

peu à peu, les larmes envahissent mes yeux.

 

mon visage reste de marbre

je suis une statue qui pleure

un visage de pierre, des larmes de sang .

et je le regarde, et il me regarde

son visage se tend, son regard s'adoucit,

et il n'explique enfin..

 

Ces larmes, c'est la vie qui coule en vous

il me parle encore, et je pleure toujours.

et je n'ai pas honte, c'est toutes les larmes

que je n'ai pas versé lorsque j'étais enfant.

 

bientôt ça se termine, comme le temps passe vite

il me parle encore, le monde de l'imaginaire,

son intelligence m'emmène là où il veut que j'aille

et je l'écoute, de tout mon esprit, de tout mon coeur.

 

En écrivant , devant mon ordinateur

les mots coulent comme je pleure

j' ai les yeux pleins de larmes, et c'est un bonheur

 

de pouvoir enfin, toucher , palper , transcender,

cette douleur qui maintenant, aujourd'hui, ce soir

m'illumine, comme le phare devant la mer

elle est brillante et noire, sombre et inquiétante

je m'immerge dedans, c'est mon bain de minuit.

Zorg

le 14 avril 2008

,,

en écrivant je pleure, les mots coulent comme mes larmes