retour du maroc

Retour du Maroc

 

 

 

 

 

maquette ;on vas écrire tout ça plus tard,ce qui est intéressant,les trois religions ,l'ancien et le moderne,les signes partout,il suffit de fermer les yeux et hop c'est parti,le voyage dans le temps,biblique ce pays,la lettre pi dans cette échoppe hors du temps,je voyage facilement pas besoin de drogues,mon imaginaire une vraie compagnie aérienne,je décolle,je m'envole ,comme c'est facile,comme c'est bon,attention il faut redescendre!

 

 

on raconte vacances au Maroc, le poème, l'hôtel magnifique, le voyage à Essaouira, Akim le guide, le vieil artisan, la lettre pi.

 

 

 

 

bonjour anne laure ,vive le saut ideologique ,un pas en avant et hop,en voyage! 

 

jesuislàoujenepensepasjepenselàoujenesuispas

 

 

 

 

 

 

L'avion avait à peine atterri, que déjà l'angoisse m'envahissait de nouveau, mon corps étais disloqué par cette douleur, je tenais à peine debout, j'étais révolté, plein de colère, je tâchais de faire face, mais c'était insoutenable.

Le début de ma semaine a été chaotique, j'ai puisé au fond de moi toute l'énergie que j'avais retrouvée pendant ses vacances pour lutter, pour ne pas sombrer encore une fois.

Pourtant autour de moi, les gens venaient vers moi, ça me suffisait pas, ça ne marchait plus, l'angoisse était trop forte.

Le mardi, un de mes ami ancien, parti depuis peu à la retraite dans une autre ville, ami à qui j'avais donné mon livre pour qu'il le lise, ami pour qui j'avais écrit ce poème : « au café de la gare », cet ami est venu chez moi à l'improviste, il était 1 h 45, je m'apprêtais à partir travailler, je parlais à ma femme de mes difficultés du moment, que j'attendais quelque chose, n'importe quoi, un rêve, un événement heureux, qui me sorte de cette angoisse.

À Marrakech j'avais écrit un poème, c'était le premier que j'écrivais en dehors de l'émotion, sans larmes.

Dans ce poème j'essayai d'exprimer un sentiment nouveau, une idée intéressante, qui m'était venue à la suite de lectures. Je m'étais intéressé à la jouissance du mystique, à l'objet de sa jouissance, le père sublimé, le grand autre qui prend la place de Dieu.

Les voix qu'entendent les psychotiques, ces voix qui semblent venir du dehors alors qu'elles viennent de l'intérieur, et que le psychotique entend car il existe un trou dans son inconscient, qu'on appelle forclusion, ce trou béant dans son esprit, fait qu'il croit entendre dehors ce qui est dedans. J'ai fait l'amalgame et je me suis dit que la psychanalyse ouvrait l'esprit d'une autre façon que

celle des psychotiques et des mystiques, qu'elle ouvrait une passerelle, une brèche béante.

 

 

À l'endroit à l'envers

 

 

À l'endroit tu es aveugle.

A l'envers tu es voyant.

Par devant tu vois l'effroi.

Par derrière tu vois l'éclair

 

Ce que tu entends ne vient pas du dehors

Les voix sont toujours intérieures.

C'est l'écho de toi-même

Qui se réverbère sur les miroirs extérieurs.

 

Tu as ouvert une brèche, un trou,

Forclus, un portail, un passage.

Ni psychotique, ni mystique

la troisième voie, autrement tu l'as ouverte.

 

Mon âme est un désert brûlant

Où mes rêves sont comme des mirages.

Je les ai chevauchés, pour voir l'invisible.

 

La jouissance de l'autre, c'est la tienne.

Car c'est toi le grand autre !

La lumière vient de la souffrance,

elle te retourne sur toi-même

en arrière, au début, extase !

 

La chose que tu cherches, chimère !

Elle n'est pas au dehors.

En avant, en avant, en avant toute

c'est la mort que tu trouves.

 

L'ouvert, est forclus, c'est un continuum

ni le temps, ni l'espace, l'invisible, indicible.

C'est une porte, un passage, vers le monde intérieur.

 

Écoute la poésie, elle ouvre.

Écoute la douleur, elle ouvre.

Écoute l'amour, il ouvre

Écoute-toi, tu t'ouvres.

 

À l'endroit, à l'envers.

Le sens, et l'essence.

Derrière toi, devant toi,

la trace, le passage,

nous sommes mû de l'intérieur.

 

Zorg

le 15 novembre 2008

 

 

 

 

Mon ami était là, j'étais très heureux le voir, car je savais que mon livre l'avait touché, mais comment ? était-il blessé, , je ne savais pas.

Je l'embrassais, ça s'est fait tout seul, sans qu'on y pense, c'était la première fois, comme un ami, comme un frère.

Il s'assit, devant moi, et me dit : « je suis venu, car je ne pouvais pas t'écrire, ton livre, je ne peux pas te dire, c'est tellement bouleversant que je suis venu de le dire, je n'ai jamais lu quelque chose comme ça, comme tu as de la chance !

Moi et ma femme, nous l'avons lu l'un après l'autre, et nous avons pensé que nous n'appartenions plus au même monde que toi. Je voulais te le dire.

J'étais infiniment heureux, et bouleversé aussi, et fier, car c'était un érudit, un admirateur de Céline et de Proust, il avait tout lu, et mon livre l'avait touché, j'ai besoin de reconnaissance, au-delà de tout, que ma souffrance soit reconnue, que mon combat ne soit pas inutile, j'en ai besoin

Ça fait partie des petits moyens, que j'ai trouvé pour me battre. J'écris pour être lu, c'est mon désir de grossesse, mon fruit, il faut que j'accouche à tout prix, sinon je deviens fou.

Cette visite impromptue et chaleureuse m'a fait du bien,mais ça ne suffit pas, ça ne suffit plus.

J'attendais avec impatience mon rendez-vous chez mon psychanalyste, ce rendez-vous du jeudi soir, ce rendez-vous sur le port à la nuit tombante, comme je l'aimais ce rendez-vous-là.

J'avais fait un rêve quelques jours auparavant, mais avant de lui raconter mon rêve, je lui parlais de mon voyage au Maroc, de la paix que j'avais trouvée, du poème que j'avais écrit, et je lui dis : « l'angoisse est une peur qui n'a pas de nom »

il me dit c'est une belle phrase, pourquoi ne dites-vous ça ?

Parce que je brûle d'angoisse depuis que je suis rentré, c'est intolérable. J'ajoutai, la peur est une angoisse qui a un nom, la peur vient de l'extérieur, l'angoisse vient de l'intérieur, elle est innommable elle n'a pas de nom !

Pourquoi ne puis-je pas nommer cette angoisse ?

Il sourit tristement, ça fait deux ans que vous le faite, mais c'est infini, elle se reproduit tout le temps.

Pourquoi lui demandai-je, Lacan écrit : «L’angoisse est une peur sans nom, mais pas sans objet, , la peur désignant un danger extérieur, l’angoisse signalant un danger intérieur Mais pour lui, le plus important est l’adéquation de la peur à son objet (il est normal d’avoir peur d’un missile), contrairement à l’angoisse, qui signe une inadéquation fondamentale à un objet par essence caché, d’où une production de sens par le sujet.

Parce que grâce à l'angoisse vous trouvez du sens, elle vous oblige à trouver les objets et à les nommer.

Je fis silence tout en réfléchissant à ce qu'il venait de me dire, il aurait pu l'écrire plus simplement!

Voilà mon rêve, je ne me souviens pas de tout, un malade mental, peut-être un psychotique s'est évadé de l'endroit où il est soigné ou plutôt gardé. Il vient nous voir, pour nous raconter dans quelles conditions épouvantables sont traités ses compagnons et nous demande de venir les délivrer.

Nous partons donc ma femme et d'autres gens et lui aussi, et en chemin nous rencontrons un des infirmier gardien, celui-ci me ligote sur une petite moto, mais je réussis à me défaire de mes liens et à le ligoter lui aussi, d'une façon très particulière, on dirait un bondage !

Nous arrivons dans le lieu où sont enfermés ces pauvres gens et nous les libérons.

Une fois que c'est fait, je constate le triste état dans lequel ils sont, je réalise que je ne peux rien faire pour eux, et je me dis pourquoi j'ai fait ça et que va-t-on faire de ces gens ?

Ensuite je suis en avion, il peut pas démarrer, alors comme un jouet je le fais rouler sur une piste en ciment, les moteurs démarrent, je m'envole, je dois les détruire un porte-avions, lorsque j'arrive au-dessus, ces canons tirent, mon avion explose, fin du rêve.

Alors me dit mon psychanalyste, qui est ce jeune homme ?

C'est moi, j'en suis sûr.

Pourquoi en êtes-vous sûrs ? Je n'en sais rien, mais c'est moi.

Et l'autre, votre autre moi, c'est vous aussi, oui répondis-je c'est moi !

Alors dans votre rêve, il y a celui qui va mal, et celui qui va bien. Celui qui va mal est délivré par celui qui va bien, mais celui-là se rend compte qu'il ne peut rien pour l'autre !

Oui, c'est exactement ça.

Je pensais à ce moment, à un jeune cousin, schizophrène, qui s'etait suicidé vers l'âge de 20 ans, je lui dis que je pensais à lui.

Pourquoi, je ne sais pas, il venait tous les dimanches à la maison, il se sentait bien chez nous, il restait là souvent longtemps sans parler, et un jour je ne sais pas pourquoi je lui dis :»si tu souffres autant tu devrais te suicider».

J'avais à peu près le même âge que lui, il s'est suicidé dans la même année.

Mon psychanalyste eu l'air surpris, et oui je lui ai dit de se suicider, et je me suis pas senti coupable, mais à l'époque j'étais dur, je devais quand même comprendre sans le savoir sa souffrance, bien que moi je n'avais pas encore conscience de la mienne.

En fait je vous parle de ça, car ce rêve évoque la schizophrénie.

Oui me dit-il, lorsqu'on souffre trop il faut se séparer, il faut se dissocier, c'est ce qui est dit dans ce rêve.

Mais aussi ,me dit-il ,qui sont les personnages enfermés ?

Je ne sais pas, je n'en sais rien, des malades comme moi.

Ce sont des objets, me répondit-il des objets.

Je ne comprenais pas.

Il me dit vous êtes un scientifique, oui je le suis,répondis je.

Sur ce bureau il y a des objets, qu'allez-vous faire si vous ne les connaissez pas ?

Qu'est-ce que je vais faire, je vais les classer, je vais les ranger.

Oui mais comment, comment allez-vous faire ?

Je ne sais pas, je vais noter sur la chemise des documents, le nom de ceux-ci.

Oui mais pour faire ça, il faut faire autre chose avant.

Quoi ? Que faut-il faire !

Réfléchissez un peu, il faut les ouvrir, regarder ce qu'il y a dedans.

À oui bien sûr c'est évident, il faut savoir ce qu'ils contiennent.

Eh bien dans votre rêve c'est la même chose, ces personnages sont des objets, il faut savoir ce qu'il y a dedans.

Vous avez commencé la séance en parlant de ça, l'angoisse est une peur qui n'a pas de nom, ni d'objets, vous mettez des objets sur votre angoisse, et ainsi vous la nommez, vous lui donnez un nom.

Depuis deux ans vous ne faites que ça !

Ces objets, je peux les détruire.

Vous avez déjà essayé de le faire, lors de vos dramatiques passage à l'acte, c'est une mauvaise solution.

Je pensais à la boîte de pandore, la boîte aux désirs, quelquefois je l'avais ouverte, et c'est ce qu'il appelait mes désastreux passage à l'acte, lorsque je m'étais fait mal, j'avais réalisé certains fantasmes, j'avais essayé dei casser les boîtes, de les détruire, j'avais bien failli me détruire aussi.

Comme il avait raison, il faut nommer, nommer les objets, pour que l'angoisse s'appelle peur !

Je lui dis aussi, que pendant mes vacances, bien que j'ai laissé un peu derrière moi Freud et Lacan, je ne pouvais pas faire autrement, que de rencontrer des gens en  souffrance, et de leur mettre le doigt dessus.

J'avais rencontré une jeune femme et son mari, nous étions assis à une table pour dîner, quelques minutes seulement m'ont suffi pour savoir qu'elle souffrait, et quelques minutes de plus m'ont suffit pour qu'elle soit en larmes !

Alors me dit-il : « vous voulez sauver les gens »

oui répondis-je les larmes aux yeux, je veux les sauver !

Je n'ai pas eu le temps de lui dire ce que je pensais,la sceance etait finie .

le fantasme de sauvetage de l' hystérique,je savais ce qu'il voulait que je comprenne, je le savais déjà, le désir de sauver et de guérir, le désir de l'analyste, celui qu'il faut maîtriser, celui qu'il ne faut pas avoir !

Mais après tout, il faut laisser les choses se faire, si : « les quelques autres » me mettent dans la position de l'analyste, c'est que mon inconscient est prêt.

Dans mes lectures, j'avais lu quelque part, une emminente psychanalyste, qui parlait de la passe, et qui disait que même si quelqu'un lisais et assimilait toute la littérature psychanalytique, ça ne ferait pas d'elle pour autant un psychanalyste, car c'est l'inconscient qu'il faut former, et seule l'analyse peut le faire.

Petit à petit, je le devinais,il m'arrivait de plus en plus souvent, de me trouver dans cette position-là, c'était mon désir aussi, et je laissais faire les choses.

Je me sentais mieux, je pris congé, et rentrais chez moi.

Dans ma voiture,je pensais à la séance, une fois de plus il s'était passé quelque chose, ce rêve était extraordinaire, j'avais tellement souffert ,l'attaque avait été très brutale,d'une violence que j'avais presque oubliée, mais mon inconscient avait parlé une fois de plus, j'avais trouvé du savoir, j'avais créé du sens, je comprenais de plus en plus, comment les choses se déroulaient, j'avais de plus en plus confiance.

Quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, je vivrai, je ferai face, j'ai les instruments pour ça, il faut jouer le jeu, c'est simple.

Quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, j'aurais le dessus, je serai le plus fort.

Publié le dimanche, novembre 23 2008 par f zorg