samedi, juin 25 2016

Ça ne peut plus continuer comme ça.

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jeudi, mai 26 2016

L'hystérie, cette saloperie.

http://www.jle.com/fr/revues/pnv/e-docs/hysterie_et_vieillissement__261348/article.phtml?tab=texte Dépression et hystérie La possibilité de survenue d'une décompensation dépressive dans l'évolution d'une pathologie hystérique est constamment soulignée. Il est aussi admis que des patients ayant un diagnostic de troubles bipolaires soient considérés comme ayant des troubles de la personnalité, en particulier hystérique [19]. Il est vrai qu'en tenant seulement pour possible une telle évolution, le risque est faible de se tromper étant donné la fragilité psychologique de ces sujets, la variabilité du concept d'hystérie et les aléas des réactions de l'entourage dans le contexte du vieillissement. Quoiqu'il en soit, cette disposition affective est parfaitement explicable par la mauvaise qualité de la construction narcissique des hystériques et la difficulté est, pour le clinicien, d'arriver à repérer ces moments de décompensation dans des présentations qui ont parfois usé les capacités de tolérance ou d'empathie auxquelles le praticien devrait pourtant être enclin. La souffrance dépressive peut altérer l'éclat des symptômes. Elle doit être évoquée devant une tristesse excessive avec un retrait des investissements habituels et un certain degré de ralentissement. Une anxiété intense est souvent associée. L'ensemble du tableau n'est pas seulement la conséquence d'une perte d'objet douloureusement ressentie. Il est aussi la révélation de la vacuité soudainement perçue des identifications habituelles. Dans les situations les plus préoccupantes, ce tableau peut prendre la forme d'un état régressif marqué avec un refus d'alimentation et des conséquences somatiques importantes. La fixation des symptômes se résume alors à un état de prostration avec dénutrition, déshydratation et survenue éventuelle d'escarres. Dans une forme plus torpide, la dépression peut conduire à des consommations médicamenteuses ou alcooliques d'allure toxicomaniaque. Ces consommations sont culpabilisées et elles donnent lieu à un isolement social qui peut majorer le trouble ou avoir la fonction d'une demande d'aide paradoxalement exprimée. Enfin, des conduites suicidaires ne sont pas rares. Même si elles sont apparemment assez bénignes, la précarité des conditions somatiques peut engager le pronostic vital.

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mardi, mai 17 2016

Mille et une mort.

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lundi, mai 9 2016

L'été meurtrier.

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samedi, avril 23 2016

La fin bâclée de La Greffe

peut-être mon dernier billet. Il reflète la pauvreté de mon esprit qui est de plus en plus ravagé par la souffrance. N'y tenant plus j'ai repris le nozinan pendant une journée et demie, je souffre toujours autant, ce médicament est donc inactif et inutile. Alors je commence à faire n'importe quoi, à m'automediquer. Je reprends un anxiolytique qui m'avait été prescrit l'année dernière à cette époque-là quand j'ai commencé aller mieux. C'est un vieux médicament :l'atarax. J'espère qu'il fera quelque chose car hier j'ai passé ma matinée à tenter de me prendre. Cela paraît risible, mais ce n'est vraiment pas drôle. Je suis monté trois fois sur mon échelle en ayant raccroché la ceinture autour de mon cou, je me suis laissé tomber doucement, la douleur a été atroce et à chaque foi j'ai repris appui sur l'échelle. J'ai tout rangé, je suis retourné dans ma maison, la souffrance revenant trop forte j'y suis retourné et j'ai encore essayé. J'ai trop peur, je ne peux pas.

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lundi, avril 4 2016

Goutte après goutte.

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dimanche, mars 20 2016

je suis revenu.

Je suis rentré chez moi après un mois d'hospitalisation encore plus mal que quand j'étais parti. Devant l'étendue du désastre je me suis révolté et j'ai décidé d'arrêter le nouveau médicament soi-disant miracle qui m'a été prescrit :le xeroquiel. Ce matin je me sens un peu mieux, un peu plus moi-même. J'ai également diminué la dose d'antidépresseurs qui avaient été triplés sans aucun résultat que d'augmenter encore mon angoisse. Je suis brisé et détruit. Je ne sais pas où je vais trouver la force nécessaire pour continuer à me battre et pour diminuer encor ces médicaments qui font mon malheur. J'ai pris rendez-vous avec un autre psychologue pour entamer une autre psychothérapie, bien que je n'y crois plus beaucoup. Ce matin j'ai réussi à aller chercher le pain,, pour moi c'est une victoire après un mois d'internement. Pendant mon séjour j'ai rencontré un vrai écrivain. J'ai acheté un de ces livres et je me suis rendu compte que je n'en serai jamais un. Surtout dans l'état où je me trouve maintenant avec un cerveau qui ne fonctionne plus.

dimanche, janvier 31 2016

Sauvegarde.

moi heureux

À la suite d'une coupure de courant, j'ai dû réinstaller tout mon ordinateur. Je ne sais pas comment j'ai pu faire, comment j'ai trouvé l'énergie et les capacités cognitives pour entreprendre la réinstallation de Windows. J'ai dû ensuite réinstaller tous les pilotes et tous les logiciels que j'utilise. En particulier celui dont je me sers pour écrire. Il ne voulait pas se réinstaller à cause des fichiers du répertoire Windows Old. Je n'y comprenais rien et j'ai improvisé en supprimant ce répertoire au hasard et en espérant que ça marcherait. Ça a marché et je peux vous parler de nouveau.
J'avais une sauvegarde heureusement où il y avait toutes mes photos, ma musique, mes dessins, mes écrits et mes poèmes. Lorsque je l'ai ouverte et que je l'ai parcouru j'ai été effondré parce que j'ai constaté à quel point je m'étais abîmé moi-même. Quelle créativité, quelle imagination, quelle curiosité et quelle joie parfois j'avais. Ma sauvegarde est une sorte de sarcophage où il reste ce que j'ai été. Ça fait très mal de le constater et de me rendre compte des dégâts qu'a faits la maladie sur moi.
Mon psychothérapeute m'avait dit il y a quelques temps : « vers l'Orient compliqué, je volais avec des idées simples. » C'est une phrase de De Gaulle. Il voulait me faire comprendre que les idées simples étaient d'arrêter la psychothérapie et de ne plus prendre de médicaments. Ça s'appelle la guérison ou la décision de guérir autrement.
Mais moi je suis si mal maintenant que je ne peux plus saisir cette perche. C'est trop tard. Trop de souffrance accumulée, trop de médicaments.
Mon psychiatre veut m'hospitaliser de nouveau. Pourquoi faire ? Pour prendre encore plus de médicaments. J'ai réalisé ce matin que ce que je vivais en ce moment, je l'avais vécu souvent auparavant. Incapacité de se lever le matin, sensation de non-sens de l'existence. Vide existentiel. Autrefois j'avais un cadre de vie qui m'a toujours permis de rebondir. Maintenant j'ai tout détruit et rien ne peut plus me sauver que moi-même. Mais moi-même n'existe plus. Je suis détruit.
Si j'accepte l'hospitalisation, je ne pourrais pas sortir avant d'aller bien. Et si les médicaments ne marchent pas je risque d'être enfermé pendant longtemps. Pire encore, si je ne me conduis pas bien et si je dérange les pensionnaires de la clinique il m'a menacé de me transférer dans un hôpital psychiatrique public. Alors vous comprenez bien que j'hésite à accepter l'hospitalisation, sachant que ce sera ma neuvième ce qui est un record. Et que la plupart de celles-ci ont été des catastrophes.
J'ai décidé d'arrêter ma psychothérapie qui ne me sert à rien, le courant ne passe pas.
Un ami m'a conseillé d'écrire une lettre à mon père pour lui dire tout ce que j'ai sur le cœur et ensuite de la brûler. Il faudrait que je fasse mais je n'arrive pas. Il faudrait aussi que j'aille prendre ma douche, il est 12:00 passé et je n'y arrive pas, car cela veut dire pour moi commencer la journée et je ne veux plus.
L'angoisse m'empêche d'écrire correctement, c'est chaotique et désuni. Les enfants ne viennent plus à la maison, ma femme n'en peut plus, je n'arrive pas à en finir. Si je pouvais sauvegarder mon cerveau comme je l'ai fait pour mon ordinateur, mais c'est du rêve.

samedi, janvier 16 2016

Projet de vie.

Tes défenses sont beaucoup trop forte pour que ton esprit s'ouvre et que tu te souviennes, tu boiras une drogue qui s'appelle l'iboga. C'est un puissant hallucinogène qui fait remonter les souvenirs à la surface. Ça peut être dangereux et c'est pour ça qu'il faudra que je t'accompagne dans ton voyage. C'est l'équivalent d'une psychanalyse réussie, mais ça ne dure pas des années, quelques heures suffiront je l'espère. Il me faudra quelques jours pour me procurer la plante, tu vas être vacances pendant ce temps. Tu n'es plus obligé de faire les exercices avec moi, vas te promener au village ou dans la forêt, tu es libre.
Adolphe ne profita pas totalement de cette liberté. Il se surprit à continuer de pratiquer le yoga et la méditation, mais à l'heure de l'interrogatoire quotidien il partait au village où il buvait une bière à la terrasse du seul café.

Au bout de quelques jours il devint un habitué du café. Comme le village était petit et les habitants peu nombreux il fut vite repéré. Un jour un homme s'assit en face de lui. C'est toi qui vis avec Mathieu lui demanda-t-il.
Oui.
Tu es un de ses amis.
Non, il m'a sauvé la vie cet hiver lorsque je me suis perdu dans la forêt.
Pourquoi es-tu resté ?
Je n'ai pas envie de répondre à cette question.
Comme tu voudras. C'est un homme étrange ce Mathieu, il s'est installé ici il y a une dizaine d'années. Il vit seul sans femme ni enfant. , c'est notre guérisseur. Dans le village quand quelqu'un va mal et que le médecin n'a pas pu le guérir il va chez Mathieu. Il ne guérit pas tout mais il a de grands pouvoirs. Il a guéri ma soeur d'un cancer de la peau et mon oncle d'un mal incurable qui avait attaqué ses intestins.
Puisque tu en parles, tu permets que je te tutoie. Je suis là un peu pour ça aussi.
Quelle est ta maladie ?
La pire mon ami, celle qui ronge l'âme.
L'autre ne répondit rien. Il termina son verre et se leva. Il lui frappa l'épaule de la main amicalement en lui disant que finalement il avait répondu à sa question.
Adolphe haussa les épaules, ça n'a pas d'importance !
Quelques jours plus tard Mathieu annonça qu'il avait enfin réussi à se procurer la plante. J'ai eu beaucoup de mal car c'est une plante ou plutôt l'écorce de la plante dont le commerce est interdit car elle est considérée comme une drogue. Ce soir tu iras planter ta tente et tu commenceras le jeune.
Adolphe alla la chercher, elle était toujours accrochée à son sac à dos là où il avait laissé lorsqu'il était arrivé. Il déplia, la fixa sur le sol et retrouva avec bonheur son vieux sac de couchage et sa petite lampe alcool qui l'avait accompagnée pendant tout son voyage. Le livre était là aussi. Du côté de chez Swann, il ne l'avait pas ouvert depuis bien des mois.
Mathieu lui apporta une bouteille d'eau et lui souhaita bonne nuit.
Adolphe se recroquevilla dans son sac à dos, alluma sa lampe à alcool et tenta de lire. Il n'y parvint pas. Il mit beaucoup de temps à s'endormir peut-être parce qu'il n'était pas assez fatigué.
Les trois jours lui parurent interminables, dans la journée il allait marcher dans la forêt, Mathieu était devenu invisible. Tous les soirs lorsqu'il rentrait se coucher il y avait la bouteille d'eau dans la tente.
Arriva enfin le troisième soir. Il était peut-être vingt et une heures quand Mathieu vint le chercher.
Il lui demanda de s'installer dans la grande pièce commune et s'éclipsa quelques instants dans sa chambre. Lorsqu'il reparut il était à moitié nu, habillé seulement d'une peau peut-être d'antilope qu'il avait nouée autour de ses reins. Autour de son front il y avait un bandeau ou était incrusté des pierres de toutes les couleurs, à son cou était accroché un collier fait de coquillages et de pierres également. Ses poignets portaient des bracelets de cuivre et d'argent orné de motifs curieux comme ce que font les aborigènes australiens, des dessins complexes réalisant des arborescences presque végétale et des circonvolutions labyrinthiques. Il portait les mêmes au niveau des chevilles. Ses pieds étaient nus et ses mains tenaient un grand tambour décoré de plume et de pierres polychromes.
Il se plaça face à lui et lui tendit un bol rempli d'un liquide brunâtre et lui demanda de le boire.
Le liquide avait un goût âcre et amer.
Bien dit Mathieu ton trip va commencer bientôt. Je serai toujours avec toi, ne quitte jamais le son du tambour. À ces mots il commença à frapper doucement le tambour et à chanter une étrange mélopée. Sa voix était douce, le tambour rythmait et renforçait la voix de Mathieu.
La drogue agit très vite, il tomba dans un trou noir où il perdit la notion du temps. C'était un endroit effrayant et rempli de cauchemar. Il reconnut ceux de son enfance. Les monstres étaient partout, prêt à l'engloutir. Il fuyait comme dans une mer déchaînée cette horde qui le poursuivait. Il entendit une voix dans sa tête. Que vois-tu ?
Les monstres de mon enfance.
Écoute le tambour, suit le chemin qu'il t'indiquera répondit la voix.
Au loin à l'horizon il y avait une lueur. Il lui semblait qu'il nageait, qu'il se débattait pour échapper à ce cauchemar. Il entendait l'étrange musique, curieusement apaisante, elle lui donnait de la force. Il échoua bientôt sur une sorte de plage. Devant lui il voyait l'océan déchaîné et les monstres qui l'habitait. Ils restaient à distance. Il n'y avait pas de ciel mais une voûte rocheuse d'où partaient des éclairs et qui suintait un liquide noirâtre qui tombait dans la mer en creusant d'énormes vagues. Il se souvint de sa première souffrance et il la reconnut.
Il s'assit sur la plage pour reprendre des forces. Le tambour se faisait de plus en plus fort et la musique plus rapide, tout d'un coup il aperçut derrière ses yeux comme un écran d'ordinateur.
Que vois-tu dit la voix ?
Je vois un écran d'ordinateur.
Regarde ce qu'il y a sur l'écran.
C'était exactement comme sur un vrai ordinateur, mentalement il ouvrit l'explorateur des fichiers. Il n'y en avait des centaines. Certains représentaient des images qu'il connaissait. C'était ses souvenirs.
Que vois-tu maintenant dit la voix.
Je vois mes souvenirs inscrits sur des fichiers.
Cherche ceux qui n'ont pas d'images.
Adolphe fit défiler tous les fichiers les uns après les autres, il en trouva deux qui étaient noirs.
Il s'adressa à la voix. Je les ai trouvés.
Surtout ne les ouvre pas. Supprime les.
Mentalement Adolphe les envoya dans une sorte de brèche il y avait sur l'écran, un trou noir.
As-tu fait ce que je t'ai demandé ?
Oui.
Continue à écouter la musique et le tambour, tu as de nombreuses heures devant toi pour explorer le monde de ton esprit. Il n'y a plus aucun danger maintenant.
Devant lui la mer était devenue calme, comme un lac. Les monstres étaient partis et la voûte de pierre avait pris une couleur ivoire légèrement opalescente.
Il chercha les outils qu'il avait à disposition. Il trouva un icône qui représentait un cerveau.
Il ouvrit le fichier. C'était un système qui permettait de se connecter un autre esprit. Il y avait un sous icône qui était activé. C'était le cerveau de Mathieu. C'est de là que venait la voix.
Il tenta de l'activer de son côté. Impossible l'accès était bloqué.
Il y avait beaucoup d'autres icônes, certains représentaient le temps, d'autre le voyage avec un globe terrestre comme symbole. Il cliqua dessus. Une carte du monde apparu et lui sembla qu'il avait la possibilité de se déplacer sur cette carte. Il chercha à Pont-Croix, il trouva le village, cliqua dessus. Accès refusé.
Il chercha longtemps, partout les chemins d'accès étaient refusés. Puis son environnement commença à devenir transparent, à travers la voûte il commençait à percevoir la pièce où il était assis, il voyait aussi Mathieu le chaman avec son tambour. C'est là qu'il dut s'endormir.
Quand il se réveilla c'était encore la nuit, Mathieu se tenait devant lui habillé normalement.
Ta transe a duré presque deux jours, comment te sens-tu ?
Adolphe se sentait merveilleusement bien. Il n'avait jamais été aussi bien. Il lui semblait être un autre homme, l'angoisse et la peur qui l'habitait depuis si longtemps n'existait plus. Il se souvenait de tout ce qu'il avait vécu pendant sa transe.
Tu as supprimé mes souvenirs Mathieu ?
C'est toi qui l'a fait.
Oui mais tu m'as aidé.
Seul tu ne serais pas parvenu, tu aurais ouvert les fichiers sans image et ton esprit aurait été brûlé.
Je ne serai jamais ce qu'il y avait dedans.
Quelle importance. Ce qu'il y avait dedans c'était la cause de ta douleur et de ta souffrance.
J'ai entendu une voix qui m'a guidé tout le temps et je sais que c'est la tienne. J'ai vu dans mon cerveau qu'on pouvait communiquer avec un autre esprit. J'ai tenté de le faire et cela m'a été interdit. Comme bien d'autres choses d'ailleurs.
Ce que tu entrevu Adolphe c'est ton cerveau quantique et ses immenses possibilités. Les accès sont fermés car tu n'es pas encore assez initié pour pouvoir t'en servir. Tu as raison c'est par cette voie que je t'ai guidé, je m'étais connecté à ton esprit.
Je suis guéri maintenant.
Oui Adolphe, tu es guéri et tu es libre de partir. Tu peux aussi choisir de rester pour continuer ton initiation et pour devenir un éveillé.
Je ne sais pas si j'en ai envie, à quoi cela me servirait-il ?
Tu aperçut tous les outils dont tu disposes,  tu pourrais voyager dans le temps, te déplacer dans l'espace, interagir avec la matière et la modifier.
À quoi cela me servirait-il ?
À protéger le monde, c'est ce que nous faisons. Nous ne sommes qu'une poignée, pas plus d'un millier à veiller sur l'humanité. Nous sommes les gardiens.
Je ne m'en sens pas digne ni capable. Je voudrais retrouver ma famille et reconstruire ma vie.
Si c'est ta volonté, tu es libre maintenant. Tu peux partir quand tu veux et si un jour tu veux revenir je t'accueillerais

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mercredi, janvier 6 2016

Le gouffre.

Zachary n'en finissait pas de mourir. Sa consommation d'alcool était devenue faramineuse. Il n'était jamais saoul, imbibé d'alcool dès le matin il s' achevait le soir pour trouver le sommeil.
Il habitait  le même appartement, il était devenu un client habitué des nombreux bars situés le long du parcours qu'il faisait tous les matins pour aller travailler.
Il dirigeait toujours la chaire d'anatomie où il enseignait aux étudiants. C'était la seule chose qui le retenait encore à la vie.
Les étudiants l'aimaient bien adoptant à son encontre de la pitié et de l'admiration pour ce qu'il avait été. Lorsqu'il disséquait il retrouverait toute sa superbe et sa culture était immense.
Ils l'avaient cruellement surnommé « cirrhose ». Lorsqu'il arrivait dans la salle de dissection les cheveux sales et trop longs, pas rasé et puant l'alcool les nouveaux ricanaient. Les anciens se taisaient attendant le génie qui allait sortir de sa boîte quand le bistouri serait dans sa main.
Il travaillait le moins possible et quittait la fac à dix-sept heures.
Ensuite il rentrait à pied s'arrêtant dans les bars pour prendre des doubles scotchs. Il achetait à manger n'importe quoi chez l'arabe du coin et lorsqu'il arrivait chez lui il était déjà très imbibé.
Il jetait son manteau sur une chaise, s'installait dans son fauteuil club, allait chercher la bouteille de scotch, son verre et les glaçons et commençait son éternelle rumination.
Le verre à la main, les deux pieds sur le bureau, son regard faisait toujours le même voyage. D'abord vers la mélancolie puis vers la photo d'Anna, la toile qu'il avait achetée et l'étoile juive de son père posé sur sa bible.
Il ne savait plus exactement quand avait eu lieu leur rupture. Il y avait trois ans peut-être, sa mémoire le quittait.
Il ne pensait qu'à elle. Il se remémorait en boucle tous les moments passés avec elle comme quelqu'un qui regarde un film à perpétuité.
Jamais il ne se remettait en question. Il avait un déni complet des raisons qui avaient entraîné la rupture. De même qu'il ne faisait aucun effort pour refaire surface. Il s'est laissé engloutir sans opposer aucune résistance.
Il aurait pu se souvenir de sa presque noyade à Amalfi. Elle était la métaphore de ce qui lui arrivait maintenant. Le vieux pêcheur l'avait prévenu et il n'avait rien voulu entendre.
D'où venait cet instinct mortifère qui l'habitait ? Qui lui avait fait refuser l'amour qu'il avait pour Anna, qui avait nourri sa dévorante ambition ?
Un sentiment d'infériorité que lui avait inoculée son père. Quelque chose qui lui avait collé à la peau comme une chimère.
Dans la vie tout est imaginaire, si on réfléchit bien et si on est pas croyant, rien n'a de sens.
En rencontrant Anna il avait rêvé sa vie et il n'avait pas pu transformer le rêve en réalité parce que finalement il n'y croyait pas. Il avait été élevé comme ça dans la tristesse et la résignation ou les miracles n'existent pas. Il était enfermé en lui-même, prisonnier consentant.
Il termina sa bouteille, regarda une dernière fois le portrait en noir et blanc la femme de sa vie et s'effondra tout habillé sur son lit. Il avait oublié de manger.
Lorsqu'il partit travailler le lendemain, il aperçut par hasard une affiche placardée sur un kiosque.

Anna G paleoarchéologue.

L'évolution du concept de Dieu
de l'homme préhistorique jusqu'à nos jours.

Conférence au grand amphithéâtre de la Sorbonne
le 13 février 2016 à quatorze heures.


Le coeur de Zachary s'emballa. Il se précipita dans le bar le plus proche pour avaler un whisky. Comme il n'avait rien mangé depuis hier, il pris un croissant.
Il téléphona à la fac disant qu'il était souffrant. Puis sans attendre la réponse de la secrétaire il prit le métro pour aller à la Sorbonne. Il avait eu raison de se dépêcher car il ne restait presque plus de place. Il choisit un fauteuil au deuxième rang.
Animé d'une énergie nouvelle il se permit un vrai repas. Il avala seulement un litre de Bordeaux, pris deux cafés et rentra chez lui.
Il mit tous ses vêtements dans un sac-poubelle qu'il porta au pressing.
Vêtu d'un jean et d'un manteau autrefois élégant il alla d'abord chez le coiffeur. Il lui demanda coupe plus moderne en conservant ses cheveux longs.
Il regardait dans la glace son visage impitoyablement disséqué par les spots halogènes. Il avait une sale gueule, des poches sous les yeux. La sclérotique subicterique. Sa peau était fripée et grise, des petits points rouges apparaissaient çà et là. C'était des angiomes stellaire signe avant-coureur d'une cirrhose hépatique.
Il alla ensuite acheter des vêtements. La mode avait changée, les pantalons et les vestes se portaient près du corps. Zachary n'avait plus de muscles et son abdomen étaie distendu par l'hypertrophie de son foie. Cette nouvelle mode ne lui allait pas, il ressemblait à un criquet. Il acheta quand même un pantalon noir fait d'un tissu synthétique légèrement élastique, une veste chamois et une chemise blanche avec un col assez court. Les manteaux longs qu'il affectait tant ne se faisait plus, il dut se contenter d'un manteau trois-quarts gris anthracite assorti  avec un chèche aux motifs géométriques blancs et noirs.
Il rentra chez lui il rangea tout dans un placard.
On était fin janvier son supplice allait durer deux semaines. Cette attente et cette joie de revoir Anna le ramenait à la vie. Il se mit à boire un peu moins et alla rendre visite à Catherine.
Cela faisait des mois qu'il ne l'avait pas vu. Il débarqua chez elle en fin d'après-midi, elle lui ouvrit la porte l'air gêné.
Je te dérange ?
Oui, non, enfin je ne suis pas seul.
Je reviendrai plus tard.
Non, entre, je vais te présenter mon nouveau compagnon. Je suis amoureuse figure-toi !
Il y avait un homme d'une cinquantaine d'années assis dans le living.
Georges, je te présente Zachary, un ami de longue date.
Georges était plutôt bel homme, habillés de façon élégante et décontractée.
Tu veux boire quelque chose ?
Tu sais bien, un scotch avec de la glace.
Et toi Georges ?
La même chose.
Ça fait longtemps que tu n'es pas venu.
Oui, je n'allais pas très fort.
Je trouve que tu as une meilleure tête.
Tant mieux répondis Zachary. Tu sais Anna viens faire une conférence à Paris mi-février, j'ai eu les dernières places. Je vais pouvoir lui parler.
Georges écoutait en silence se sentant un peu de trop.
Excuse-moi Georges dit Catherine ce sont de vieilles histoires entre nous.
Il peut savoir. Je suis follement amoureux de cette femme qui m'a quitté.
Pourquoi si ce n'est pas indiscret ?
Parce que je suis un idiot. Je ne ne peux pas l'imaginer avec un autre homme, c'est pourtant le cas puisqu'elle s'est mariée et qu'elle ne répond plus à mes lettres ni à mes SMS. Elle a dû changer de numéro de portable.
Vous devriez laisser tomber et passer à autre chose. Votre obstination ressemble à du harcèlement qui ne fera qu'éloigner votre ami.
Oui, je ne peux pas faire autrement dit-il en se resservant un autre verre.
Vous buvez beaucoup n'est-ce pas ?
Ça se voit tant que ça, je suis devenu alcoolique.
Je peux vous aider, je suis psychiatre.
Et moi je suis chirurgien, je ne veux pas de votre condescendance ni de vos conseils. La souffrance ça se vit tout seul , vous n'y comprenez rien.
Il se leva en terminant son verre.
Au revoir Catherine, soit heureuse.
J'étais comme vous avant Georges, bien supérieur. Je vous aurai écrasé de mon orgueil et de mon mépris.
Au revoir.
Pendant les jours qui suivirent il tenta de prendre soin de lui. Il se força à avaler un petit déjeuner le matin et à manger Midi et soir. Il buvait un peu moins et se bourrait de vitamines. Il avait récupéré ses vêtements au pressing et fait un peu de ménage dans son appartement.
À la fac les étudiants étaient étonnés de la transformation de « cirrhose ». Il arrivait le matin un peu moins saoul et un léger sourire aux lèvres.
La veille de la conférence il commanda vingt roses rouges et essaya sa nouvelle tenue. On ne voyait que son ventre proéminent comme celui d'une femme enceinte qui distendait la chemise. Heureusement le manteau le dissimulait légèrement.
Le dernier soir il passa comme toujours le film de ses souvenirs et avala une bouteille de whisky.
Le lendemain, il partit avec une demi-heure d'avance. Lui qui auparavant était toujours en retard, quelle dérision !
Il avait l'air endimanché avec son manteau trop court et ses roses rouges. Il alla boire un verre pour tuer le temps et à quatorze heures il s'installa dans le fauteuil qui lui était attribué.
Il était assis au milieu du deuxième rang juste en face du pupitre. Anna serait obligée de le voir.
La salle était pleine, le rideau s'ouvrit et Anna apparue resplendissante dans un tailleur noir à la coupe très stricte. Elle était encore plus belle et portait toujours ses boucles d'oreilles.
Elle commença à parler. Ça devait être très intéressant mais Zachary n'écoutait pas. Il buvait son image.
Soudain elle le vu. Elle s'arrêta nette de parler. Son visage blanchit puis s'empourpra. Elle prit un verre d'eau, s'excusa prétextant un mal de gorge.
Lorsqu'elle reprit son exposé elle n'était plus la même. Elle cherchait ses mots, était hésitante. Elle termina avec peine sa conférence.
Dans la salle régnait un profond malaise. Les gens se levaient il partait avec hésitation comme s'isl leur manquaient quelque chose.
Zachary se leva et tenta d'approcher la scène pour offrir les roses à Anna.
Elle ne le fuit pas, au contraire elle s'approcha de lui.
Va-t'en Zachary, garde tes fleurs, rentre chez toi, oublie-moi, tu n'existes plus pour moi.
Je t'aime toujours dit il en lui tendant le bouquet. Nous pourrions au moins devenir amis.
Anna gifla Zachary avec le bouquet écorchant sa joue qui se mit à saigner.
Tu ne comprends rien, fous le camp !
Alors il partit des larmes plein les yeux, laissant son amour par terre à côté des roses qui y  gisaient.
Il rentra chez lui terrassé par une douleur qu'il n'avait jamais éprouvée auparavant. Plus rien n'avait de sens, Anna était partie pour toujours, il marchait hébétée bousculant les passants. Il traversait les rues sans se soucier des voitures. Il faillit se faire renverser, il se fit insulter. Il n'entendait rien, il ne voyait rien, il voulait rentrer chez lui tout de suite.
La nuit tombait peu à peu sur Paris, la nuit rougie par les gaz d'échappement, les éclairages des voitures et des magasins. C'était une nuit de fin de monde comme dans Blade Runneur.
Une fois arrivée chez lui il arracha ses vêtements neufs qu'il jeta par terre. Il avait tout raté ce soir avec ses vêtements ridicules. Même ça, s'habiller, avoir l'air de quelque chose, il ne savait plus, il n'était plus rien.
Comme toujours il s'installa dans le petit fauteuil de cuir et posa ses jambes sur son bureau. Il contempla ces objets fétiches et se mit à pleurer doucement sans pouvoir s'arrêter.
Il se leva pour aller chercher sa bouteille, son verre et ses glaçons. Les posa sur le bureau, se prépara à s'asseoir, puis il se raviva il chercha dans le placard la vieille malle de son père.
Il l'ouvrit, prit la lettre et le pistolet Luger avec ses cartouches.
Il se rassit et lu la lettre plusieurs fois. Il pleurait toujours. Il se resservit un verre, en avala la moitié puis observa le pistolet. Il fit jouer la culasse, testa le percuteur à vide. Il fonctionnait toujours.
Il remplit le chargeur qu'il introduisit dans la culasse. Elle se verrouilla avec un claquement sec.
Tout en buvant son alcool il jouait avec le pistolet sur le bureau. Il avait le temps, rien ne pressait.
Il parla à son père, lui demanda pardon d'avoir été un fils méprisant et d'avoir raté sa vie alors qu'il avait tout sacrifiée pour lui. Il embrassa sa mère qui l'avait tant aimé.
Il prit un stylo et une feuille de papier il fit un testament olographe qu'il data et qu'il signa.
Dans celui-ci il demandait d'être inhumé au Père-Lachaise dans le caveau de familial. Stipulait que les frais d'inhumation seraient à sa charge.
Il léguait tout ces biens et liquidités à Anna G. Seul le tableau de l'ami de Houellebecq irait à Catherine.
Il posa le stylo sur la feuille à côté de la bouteille de whisky et se resservit un verre qu'il savoura doucement.
Il prit le pistolet qu'il mit dans sa bouche. Il pensa très fort aux jasmins et aux citronniers d'Amalfi et à la voix d'Anna quand elle lui disait je t'aime.
Il ferma les yeux et appuya sur la détente. Son crâne explosa répandant sa cervelle sur  la mélancolie.
Le vendredi 13 février à 18:30 Adolphe était en train de regarder le feu qui brûlait dans la cheminée de sa bergerie. Soudain masquant le « bruit » une détonation ébranla sa conscience. Il activa une fonction de son cerveau qui n'avait jamais utilisé. Il réussit à localiser et à identifier la cause de la déflagration. Une image format dans sa tête, celle de Zachary Mors gisant sur son bureau la tête fracassée.
Il appela clémentine en lui demandant de préparer ces affaires d'urgence ainsi que celle des enfants.
Nous partons demain matin à Paris. Je dîne et je dors chez toi.
Que se passe-t-il demanda-t-elle ?
Zachary mors s'est suicidé. Il n'y a personne pour l'accompagner dans l'autre monde, il faut que nous y allions.
Adolphe fit son sac et se rendit chez sa femme. Après dîner ils eurent une discussion houleuse.
Je ne vois pas pourquoi tu veux aller à l'enterrement de ce type qui te fait tant de mal.
Il n'a été qu'un instrument, il ne m'a jamais rien imposé. Je suis aussi responsable que lui.
Pourquoi veux-tu emmener les enfants ?
Parce que nous sommes une famille et qu'il était certainement extrêmement seul. J'aurais aimé quand j'étais en grande détresse qu'on fasse la même chose pour moi.
Personne à part lui n'était au courant du suicide de Zachary, il aurait pu pourrir des mois dans son appartement avant qu'on le découvre.
Il fallait prévenir quelqu'un sans éveiller l'attention. Il choisit de mentir et d'appeler police-secours à Paris. Il leur dit qu'il venait de recevoir un SMS d'un ami qui annonçait son suicide. Il leur donna son adresse et leur demanda d'aller vérifier. Craignant un canular la police lui demanda son nom et son numéro de téléphone ainsi que son adresse.
Une heure après environ, la police rappela.
Vous avez raison, nous avons forcé la porte et découvert votre ami mort à son bureau, c'est bien un suicide. Avait-il de la famille ou des amis ? Qui doit-on prévenir ?
Je n'avais pas vu depuis trois ans, il était chirurgien urologue et travaillait dans une clinique d'esthétique. À ma connaissance il n'avait aucune famille.
Il avait fait un testament lui dit le policier ou ici deux femmes, nous allons tenter de les identifier et de les joindre. Qui s'occupera de la sépulture ?
Moi répondis Adolphe. J'aimerais que vous me donniez les noms et les numéros de téléphone des deux femmes citées sur le testament dès que vous les aurez identifiés pour pouvoir les prévenir du jour des obsèques. Je pars à Paris dès demain.
Ce sera fait répondit policier. Une question, comment connaissez-vous cet homme ?
C'était mon chirurgien.
Ils arrivèrent à Paris lendemain en fin d'après-midi. Ils s'installèrent dans l'hôtel ou Adolphe avaient j'ai déjà résidé rue cadet.
La police avait été efficace et avait déjà rappelé Adolphe pour lui donner les renseignements qu'il désirait.
Adolphe suggéra à clémentine et aux enfants d'aller faire le tour des magasins, il avait besoin d'être seul.
Anna était domiciliée en Italie, Catherine habitait Paris, il choisit de l'appeler en premier.
Il composa le numéro, au bout de quelques secondes elle décrocha.
Allô, qui est à l'appareil ?
Un ami de Zachary.
Que désirez-vous ?
Il faut que nous nous rencontrions, Zachary s'est suicidé hier.
Ce n'est pas possible, comment avez-vous su ?
Il continua à mentir. Il m'a envoyé un SMS juste avant. Je sais qu'il n'a pas de familles et peu d'amis, je vais organiser sa sépulture. La police a dit qu'il avait fait un testament, vous y figurez ainsi qu'une autre femme. Une italienne qui réside à Rome. Je ne veux pas continuer cette conversation au téléphone, pourriez-vous me rencontrer ce soir vers vingt-deux heures.
Je vais essayer de me libérer.
Je suis dans un hôtel rue cadet, il y a un bar tout près, je vous donne l'adresse.
À tout à l'heure, je porterai un jean et un blouson rouge dit-elle raccrochant.
Clémentine et les enfants rentrèrent ravi de leur balade.
J'aime bien Paris dit-elle mais je ne pourrais plus y vivre.
Et puis dit Pierre ça pue et il y a plein de clochards. Qu'est-ce que les gens sont tristes ajouta Sarah, on est bien mieux chez nous.
Oui répondit leur père, c'est vrai mais il y a aussi des choses magnifiques à voir. Des musées, des monuments, des expositions et des spectacles. Dans l'avenir de nous irons de temps en temps pour faire votre éducation.
Ils dînèrent dans un petit restaurant et vers vingt-deux heures Adolphe s'éclipsa.
Lorsqu'il pénétra dans le bar il repéra facilement Catherine installée seule au comptoir.
Il se dirigea vers elle et l'aborda.
C'est moi que vous attendez, je suis l'ami de Zachary. Nous allons nous installer dans un coin tranquille, la petite table au fond me paraît parfaite.
Catherine commanda un martini et Adolphe un demi.
Comment vous appelez-vous ?
Adolphe Petit pied.
Ce n'est pas possible, ça ne peut pas être vous. Pourquoi m'avez-vous dit que vous étiez un ami de Zachary ?
Si je vous avais révélé mon identité vous m'auriez raccroché au nez.
Même si Zachary a détruit ma vie, moi aussi indirectement j'ai détruit la sienne. Je ne peux laisser cet homme seul à l'heure de sa mort.
C'est un sentiment qui vous honore. Je l'avais vu quelques jours avant son suicide. Depuis sa rupture avec Anna il était devenu alcoolique, c'était une épave.
Je ne savais pas. Demain j'aimerais que vous m'ayez à organiser les funérailles. La police m'a dit qu'il avait laissé un testament. Il désire être inhumé au Père-Lachaise avec ses parents. J'aimerais qu'il y ait une cérémonie religieuse, une simple bénédiction. Je ne pense pas que le prêtre y face opposition. Le temps est terminé où on excommuniait les suicidés.
Il faut prévenir Anna. Pourriez-vous vous en charger. Elle ne me connaît pas. Ce sera plus facile entre femmes.
Je ne vous imaginais pas comme ça, vous avez un regard extraordinaire. Il y a une lumière qui brille en vous, que vous est-il arrivé ?
Ce serait une longue histoire. Peut-on se voir demain pour organiser l'enterrement et prendre connaissance du testament.
Oui, il nous faudra la journée, j'ai un ami notaire qui pourra nous aider.
On peut se retrouver devant l'immeuble de Zachary à neuf heures, ensuite on improvisera. Je ne sais pas où est le corps.
Catherine se leva la première et ils quittèrent le bar.
À demain.
Je serai là dit Catherine.

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jeudi, décembre 31 2015

bonne année.

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dimanche, novembre 15 2015

Comme je suis triste.

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Je n'ai pas peur.

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vendredi, novembre 13 2015

interlude.

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Holisme ontologique : système de pensée pour lequel les caractéristiques d'un être ou d'un ensemble ne peuvent être connues que lorsqu'on le considère et l'appréhende dans son ensemble, dans sa totalité, et non pas quand on en étudie chaque partie séparément. Ainsi, un être est entièrement ou fortement déterminé par le tout dont il fait partie ; il suffit de, et il faut, connaître ce tout pour comprendre toutes les propriétés de l'élément ou de l'entité étudiés. Un système complexe est considéré comme une entité possédant des caractéristiques liées à sa totalité, et des propriétés non-déductibles de celles de ses éléments. Dans ce sens, le holisme est opposé au réductionnisme.

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vendredi, novembre 6 2015

La greffe, l'éveil d'Adolphe.



Ne laissez pas tout seul l'enfant qui a peur
car sa nuit peut devenir un linceul.


zorg-f

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jeudi, novembre 5 2015

Les prophètes et les idoles.

Les temps modernes.



La mélodie du Smartphone, Six heures du matin,
elle dort nue sous une couette, la catin.
Sous la douche elle se lave, insiste sur son vagin.
Les dents, de la crème pour le corps, du parfum.

elle enfile son soutif
avale son contraceptif,
passe autour de son cou un pendentif,
donne un coup de brosse dans ses tifs.

Elle avale un café, prend son Lexomil.
Elle enfile ces fringues, allume sa première dunhil.
Dans le métro, serrés comme une sardine au milieu des mimiles.
Elle rêve d'océan, de soleil et d'îles.

Tu crois que tu existes, parce que contre ton sein,
tu serres très fort ton sac Lanvin.
Et que tes pieds portent des louboutin.
Sous tes aisselles flotte des essences de Balmain.

Tu crois que tu existes parce que tu ressembles aux images
des tabloïdes et des magazines à grand tirage.
Et tu rêves aux amants de passage
puisqu'on t'a dit qu'il ne fallait pas être sage.

L'amour est interdit, c'est tellement banal
et puis la mode c'est l'animal, le plaisir anal.
Alors tu te soumets à tout, tu es à la page.
Tu es une femme moderne comme sur les images.

Pourtant tu es si triste, et tu ne comprends pas
tu fais tout comme il faut et rien ne va.
Tu vas tout oublier avec un peu d'alcool et de cocaïne
tu vas t'éclater en boîte avec tes copines.

Et au petit matin, seule et désemparé
l'angoisse te coupera le souffle.
Tu lèveras la tête vers le ciel rose et gris.
mon Dieu que m'arrive-t-il, je vais appeler mon psy.

Pas de chance, personne au bout du fil, c'était un samedi.
Tu avales deux barrette de Lexomil.
Rien ne passe, la douche, tu te masturbe.
Rien n'arrive, tu hurles, tu titubes.

Tu ouvres la fenêtre, tu devines au loin l'océan et la plage.
le froid te glace, gracieuse tu t'élances comme un ange.
Tu voles comme un oiseau vers le lointain rivage.
Tu rêves encore quand tu fracasses ton joli visage.

Tu rends doucement ton âme au milieu des passants.
Sans quitter ton rêve tu nages doucement
dans l'eau tiède et accueillante de ton océan.
Pour la première fois tu existes vraiment.



zorg-f
5/10/2015


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dimanche, octobre 25 2015

au secours.

au secours aidez moi. Je deviens fou, j'ai des idées délirantes.  Je me désagrège et je fais n'importe quoi. Mon thérapeute chez qui je me suis effondré jeudi m'a sauvé la vie en empêchant de me suicider. Il a usé d'un stratagème habile. Il m'a dit il faut que vous peignez. J'ai essayé, c'est horrible, je n'arrive plus à rien.

Hier j'ai essayé de méditer, ça m'a fait un peu de bien. Mais à deux heures l'angoisse m'a ravagé de nouveau. Je suis allé à la plage, il faisait froid et je me suis baigné. L'eau était glacée, ça m'a un peu soulagé.

Ce matin j'ai mon petit-fils à la maison, ses parents sont partis à un baptême. Son père voyant mon état m'a menacé d'appeler les pompiers. J'ai pris un Tercian. Ma femme est partie emmener le petit pour acheter le pain. Moi je suis tout seul à la maison et j'attends. Je vais me tuer,  je ne vois pas d'autre issue.

Au secours, je sais que personne ne peut m'aider, ni me répondre. Je suis en face d'un problème insurmontable, celui de la folie qui est en train de m'envahir. Écrire ne sert à rien, mais il y aura une trace de la lutte insensée que je mène contre moi-même. J'aimerais tellement guérir et je sais que j'ai perdu la bataille.

il existe une autre explication possible, c'est que je suis atteint d'une démence pré- sénile. Cela expliquerait bien des choses. Ces démences commencent souvent par des syndromes anxio-dépressif.

dimanche, octobre 18 2015

je veux mourir.

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samedi, octobre 3 2015

je n'ai plus la force de vivre.

je m'enfonce dans une immense dépression. J'ai beau me battre rien n'y fait. Tous les matins  c'est plus difficile. Je parle tout seul en fumant des cigarettes sur mon divan. Ma femme ne me répond même plus, elle pleure en silence. J'ai appelé au secours mon psychiatre, il ne m'a pas répondu non plus. Les forces qui m'envahissent sont plus fortes que moi. Celui que je deviens me fait peur et je ne vois qu'une solution maintenant, la mort puisque je ne peux plus vivre  et que j'ai tout essayé en vain.

Je suis seul, désespérément seul avec ma souffrance. Malgré les mains tendues,, malgré l'amour de ma femme et de mes enfants que je ne ressens même plus tellement je souffre. Je suis dans une cage  enfermée comme un rat. J'ai perdu la clé. Alors je prends des psychotropes choses que je ne faisais jamais auparavant. Je n'en ai plus rien à faire, tant pis pour moi. Bientôt  mon petit-fils va venir à la maison, comment vais faire ? Il ne faut pas qu'il voit ma souffrance,, cela va lui faire du mal. Et puis dans 10 jours ma troisième fille vient pour préparer son mariage. Comment vais je faire ? Pour l'accueillir. Son papa n'est pas la, si je ne la conduis pas à l'hôtel je vais la détruire. J'en crève, je crève de culpabilité de devenir aussi faible. Je suis malade, je ne sais pas de quoi.

Hier j'ai eu le tort d'aller lire un article  de psychiatrie sur les dépressions à troubles anxieux d'évolution chronique. Personne ne s'en sort. Personne ne guérit. La plupart se suicident. Et ne se rate pas. Le pic du suicide chez l'homme se situe vers 65 ans, c'est mon âge bientôt. Comble du comble, hier à la télévision il y avait une chronique sur les retraités dont 80 % se sentaient parfaitement heureux.

Je les vois sur leur vélo,je les vois marcher avec leur bâton, tout bronzé, leur visage éclairé de bonheur. Je vais finir par les détester. Malheur  à ceux qui ne vont pas bien, malheur à ceux frappés par des problèmes psychiatriques. Ce sont des parias de la société.

je me hais, je commence à haïr les autres. Je suis révolté contre moi,, je suis révolté contre la psychiatrie qui n'arrive pas à me guérir, je suis révolté contre ce qui m'arrive. Je suis révolté parce que je suis en train de tout détruire, tout ce que j'ai construit  pendant ma vie. Je n'aime plus ma femme, je n'aime plus mes enfants, ou plutôt je ne les vois plus. Je voudrais les serrer fort dans mes bras, je voudrais être fort pour eux, je voudrais guérir pour eux et je n'y arrive pas. Alors je suis encore plus désespéré. Et ce désespoir ne fait qu'attiser mon désespoir existentiel, mon impossibilité d'agir,, d'exister en tant qu'être humain.

Mon histoire va mal finir, je le sais. Merci à tous ceux qui me lisent depuis des années, merci à ceux qui m'ont répondu, merci à tous ceux qui ont voulu m'aider. Je n'oublierai jamais.

je vis un cauchemar éveillé. Je n'ai jamais lu un livre  ni vu un film  ou une telle désespérance pouvait exister. Je ne pensais pas que de telles choses pouvaient arriver. La plupart des gens comme moi ont la sagesse de se suicider lorsqu'ils en ont encore la force. J'ai trop attendu, je suis trop brisé, trop passif, trop assommé par les médicaments pour avoir ce courage et puis vous allez rire, j'attends toujours un miracle.

Je suis un enfant gâté me dit-on, je n'en ai peut-être pas assez bavé. Peut-être faut-il que je sois placé en isolement  dans un hôpital psychiatrique pour que je tombe au fond de l'horreur et que je me rende compte de ce que j'avais avant. Pourtant j'en ai bavé déjà, huit hospitalisation ce n'est pas rien. C'était dans une clinique privée, confortable. Mais c'était quand même une clinique psychiatrique où on passait des journées entières à attendre que le temps passe, ou on tournait en rond dans le parc en attendant l'heure des médicaments. Les journées étaient rythmées par ça.

Réveil 7:30. Prise de la tension. 8:00 médicaments. 12:00 visite du psychiatre. Ensuite le déjeuner. Ensuite l'interminable après-midi. 19:00 médicaments, 19:30 dîner. Parfois je hurlais d'angoisse, j'implorais qu'on me soulage. J'ai eu droit aux perfusions, au valium intramusculaire, au Tranxene intraveineux. J'ai eu droit  à l 'incompréhension des autres patients devant l'expression de ma souffrance car j'en parlais à tout le monde. Les autres ne disaient rien, il ne se plaignait jamais. Il riait tout le temps et puis parfois sans raison il y en avait un qui essayait de se pendre ou de s'ouvrir les veines.

Quelques jours en cellule d'isolement et tout recommençait comme avant.

Je restais en général quatre semaines avec un nouveau traitement qui ne marchait jamais. Je sortais heureux de rentrer chez moi enfin plein de bonnes résolutions.  Et puis tout recommençait à l'identique, enfin pas identique puisque c'était pire à chaque fois. Je descendais les marches de la maladie un peu plus bas à chaque hospitalisation. Perdant confiance en moi peu à peu.

Mis en inaptitude à l'exercice de la médecine, échec de la psychanalyse, échec de la chimie, échec de l'acupuncture, échec de la méditation, échec de l'hypnose, échec de la lutte, échec de mes espoirs d'écrire un livre, échec du projet de vie que j'avais fait pour essayer de m'en sortir. Échec sur toute la ligne à part  ces deux mois d'éte ou mystérieusement je suis allé mieux.

J'oubliais la psychothérapie en cours, elle ressemble déjà à un échec futur.

Que feriez-vous à ma place si vous souffriez à mort et si vous faisiez du mal à votre famille, si vous aviez essayé toutes les molécules existantes sans aucune efficacité, que feriez-vous à ma place ?

dimanche, septembre 27 2015

aucun commentaire.




Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne,
Faire taire les pianos et les roulements de tambour
Sortir le cercueil avant la fin du jour.

Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent ces trois mots Il Est Mort,
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices
Ganter de noir les mains des agents de police

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l'amour jamais ne finirait : j'avais tort.

Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Démonter la lune et le soleil
Vider l'océan, arracher les forêts
Car rien de bon ne peut advenir désormais.



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