« un jour Pierre dit à Jésus :
-seigneur, nous sommes bien ici.
Or, Jésus répondit à Pierre :
-non, nous ne sommes pas bien ici.
mercredi, janvier 25 2012
non, nous ne sommes pas bien ici.
Par f zorg le mercredi, janvier 25 2012, 09:15
dimanche, janvier 22 2012
la greffe,il en voulait au monde entier,pour rien
Par f zorg le dimanche, janvier 22 2012, 18:54

jeudi, janvier 12 2012
La barque silencieuse.
Par f zorg le jeudi, janvier 12 2012, 09:52
Dans la barque silencieuse Pascal Guignard nous fait traverser le fleuve sur la barque de Charon, de la naissance à la mort. Le chapitre premier commence par un cours d'étymologie, celui du mot corbillard, le ton est donné, le paradoxe et la confusion affichée !
Je le cite :
« j'aurai passé ma vie à chercher des mots qui me faisaient défaut. Qu'est-ce qu'un littéraire ? Celui pour qui les mots défaillent, bondissent, fuient, perdent sens. Ils tremblent toujours un peu sous la forme étrange qu'ils finissent pourtant par habiter. Ils ne disent ni ne cachent ; ils font signe sans repos. Un jour que je cherchais dans le dictionnaire Bloch et Wartburg l'origine du mot corbillard je découvris un coche d'eau qui transportait des nourrissons. Je me rendis le lendemain à la Bibliothèque nationale qui se trouvait alors rue de Richelieu, dans le deuxième arrondissement de Paris, dans l'ancien palais qu'occupait jadis le cardinal Mazarin. Je consultais l'histoire des ports. J'ai noté trois dates ; 1595, 1679, 1690. En 1995.
les corbeillats arrivait à Paris le mardi et le vendredi. Les mariniers les délestaient tout d'abord du fret puis ils débarquaient les nourrissons serrés dans leur maillot, fichés tout droit dans leur logette sur le pont ; ils les posaient sur des tonneaux sur la grève ; les petits bébés entravés étaient restitués ensuite un à un à leur mère par un homme qu'on appelait le meneur de nourrissons. Dès l'aube, le lendemain c'est-à-dire tous les mercredis et le samedi-- les corbeillats transportait de Paris à Corbeil d'autres petits afin qu'ils tètent le sein et sucent le lait des nourrices dans la campagne et la forêt. En 1679 Richelet écrivait corbeillard. En 1690 Furetiere écrivait corbillard et le définissait ; coche d'eau qui mène à Corbeil petite ville à sept lieux de Paris, Malherbe, Racine, esprit, La Rochefoucauld, La Fayette, La Bruyère, Sainte-Colombe, Saint-Simon, était un bateau de nourrissons qui voguait sur la scène, longeant les berges, hurlant."
samedi, janvier 7 2012
Le petit poisson rouge, c'est la dernière fois.
Par f zorg le samedi, janvier 7 2012, 22:40
Je vous donne ce dernier extrait par sadisme ! Seulement pour savoir ce que vous allez rater, je plaisante bien sûr, je suis peut-être plus doué pour raconter des contes que pour écrire des romans, pourtant si on y réfléchit bien les romans ne sont que des contes pour adultes.
Il était une fois à un homme qui avait tellement souffert,qu' il voulait raconter des histoires ,son histoire, ces histoires, l'histoire d'Adolphe Petitpied et de Zacharie Mors, un conte pour les adultes ,et puis de temps en temps ce qu'il faisait de mieux par amour pour ses enfants, le petit poisson rouge, l'histoire s'arrête aujourd'hui pour vous .je continuerai à vous ennuyer avec l'autre histoire, jusqu'à ce que je l'ai terminé, quand je l'aurais terminé, je l'imprimerai, je la corrigerai, je l’élaguerai et puis je ferais un joli paquet que j'enverrais en recommandé à quelques éditeurs, ensuite on verra bien !
les demons interieurs!vendredi, janvier 6 2012
La Greffe;en attendant Anna suite.
Par f zorg le vendredi, janvier 6 2012, 22:50
lundi, janvier 2 2012
Il faut être curieux.
Par f zorg le lundi, janvier 2 2012, 22:00
La pièce et le couteau
Plus jamais je n'irai méditer sur le port,
Contempler la mer, les lumières du phare,
Soupirer ma douleur, la cigarette au bec,
Comme le gladiateur j'attendais mon heure !
C'était un rendez-vous galant
J’allais chez ma maîtresse ou mon amant !
Les billets dans ma poche et le coeur transi
J’allais à mon cher rendez-vous du jeudi.
Combien de temps, combien d'années ?
L'éternité, voilà ce que j'ai trouvé.
Tout est si long, tout va si vite,
Ai-je rêvé, une heure ou une année ?
J’allais chercher ma croix, comme un pénitent,
J’ai trouvé Sade et le serviteur souffrant.
Le sperme les larmes et le sang.
La jouissance, la honte, et mon absolution.
Parfois bordel, église, sur le divan
J’ai souffert mon corps et mon âme.
La douleur est une maîtresse ardente,
Ah comme j'ai joui, pour mon argent.
Celui qui me recevait était un miroir
Celui de ma pauvre âme noire,
Un caméléon, un kaléidoscope
Mon phallus était un périscope.
J'ai baisé des fantômes
Fait l'amour à des spectres.
Mon père m'a enculé
J’ai fécondé ma mère.
C'était une belle partouze,
Tout le monde a baisé.
Sauf un, qui ne disait rien
Son nom, je crois qu'il s'appelait !
Je ne sais plus, Jésus machin.
Qu’est-ce qu'il foutait la,
Empêcheur de jouir, voyeur,
Il regardait, avec un grand sourire niais.
Je n'aime pas qu'on me mate,
Ça me fait débander,
Tu baises où tu te casses,
Voilà ce que je lui ai dit.
Il a pris ses ailes à son cou,
Moi, j'ai tiré mon coup
Mes yeux pleins de larmes
Sur moi il y avait son sang.
Lorsqu'il n'y a plus rien à baiser
Que dans le miroir, il n'y a que le vide,
La partouze est finie, faute de partenaire.
La messe est dite et l'histoire commence.
J’ai déserté le rendez-vous du jeudi
C'est là que je suis parti, que j'ai refusé,
Pour 2,50 €, d'acheter le suaire
De l'homme au regard triste.
Celui qui a des ailes, qui regarde sans rien faire
Qui pleure des larmes de sang et à les pieds percés,
celui-là je ne pourrai jamais être son ami
Parce que je ne suis pas digne de lui.
Plus jamais, je n'irai dans cet endroit hors du temps
Jouer au papa et à la maman,
À touche pipi, et à vague à l'âme.
Caresser le fantasme, toucher le signifiant.
Le phare est toujours là et la mer aussi,
L’endroit existe, il n'a jamais cessé.
Je suis toujours là, jamais parti,
Une trace de moi, un fragment.
Un jour je reviendrai quand je serai grand.
Celui qui est parti, n'était qu'un enfant.
Un jour j'irai chercher ce que j'ai laissé,
Un couteau et une pièce de monnaie.
zorg-f
5 mars 2010
jeudi, décembre 29 2011
Il n'y aura plus d'histoire du petit poisson rouge
Par f zorg le jeudi, décembre 29 2011, 09:53
lundi, décembre 26 2011
Les îles insignifiantes.
Par f zorg le lundi, décembre 26 2011, 11:11
Les îles insignifiantes.
Pour Noël je m'étais commandé un livre, j'avais évité le prix Goncourt, comment aurais-je pu croire en un livre écrit sur la guerre par quelqu'un qui étudie les fleurs et qui n'a jamais vu une goutte de sang, de la littérature pour la littérature, des assemblages de mots, pour faire joli, « le toc qui brille », mon frère qui n'est pourtant pas difficile et qui l'a acheté m'a dit que c'était horriblement ennuyeux et qu'il n'arrivait pas à le finir, un écrivain doit avant tout parler vrai, mouiller sa chemise et raconter des histoires, des histoires de la vie, toujours toute simple et tellement émouvante, sans chichi, sans dentelle, ce n'est quand même pas bien compliqué quand on a quelque chose à dire de le dire même mal, c'est toujours plus intéressant que les gens qui écrivent bien et qui n'ont rien à dire.
Allons passons donc aux îles insignifiantes ; j'avais écouté sur France Inter Amélie Nothomb que je ne lis pas, peut-être à tort, son personnage de vieille poupée gothique un peu alcoolique et totalement névrosé m'agace profondément, je n'aime pas les caricatures humaines, et je n'aime pas les gens qui se griment ; elle a beau être la fille de quelqu'un, avoir eu la chance de vivre sa jeunesse dans un pays étranger, de l'avoir très mal vécu car elle ne se mélangeait pas aux autochtones, première erreur, il y a d'autres exemples de gens à qui cela a mieux réussi, je parle de Lucien Bodart fils de consul ; elle parlait d'un livre qu'elle avait beaucoup aimé, qu'elle avait lu en une nuit, « les îles » de Philippe Lançon.
Encore une fois je me suis fait avoir, et je suis en colère car c'était mon cadeau de Noël, je n'ai pas dépassé le prologue que je vais vous lire, prologue qui fait l'éloge de la médiocre normalité , je n'ai pas la chance d'avoir eu des maîtresses partout, de prendre des avions quand je veux pour aller au bout du monde dans des endroits paradisiaques où je serai accueilli par des gens connus, fils de ! Fonctionnaire de ! Relations, réseaux et copinages de la médiocrité et du petit microcosme de l'intelligentsia journalistico, intello, politico, parisienne ! Heureusement ils ne sont pas tous comme cela, mais ils font parti d'un clan ou chacun se tient les coudes, c'est un monde bien fermé ou personne ne peut rentrer, la place est chère, et les avantages nombreux !
Comme ce pauvre Bernard Henri Lévy qui depuis qu'il a fait la guerre en Libye et qu'il a gagné tout seul, se montre la télévision avec sa calvitie naissante et ses ailes de corbeau azulées, ses cheveux trop longs, il ne manque plus à ce portrait que la vieille momie liftée qui a peur de la mort j'ai nommé l'ineffable Jean d'Ormesson, il faut savoir mourir à temps, en voilà un qui n'aurait pas dû jouer les prolongations !
Accrochez-vous chers lecteurs et écoutez bien :
« les îles ; prologue, de Philippe Lançon »
la folie ne m'intéresse pas et ne me fascine pas. Je n'ai ni assez de talent ni assez de liberté pour elle. Je manque de violence et d'angoisse pour l'imaginer. La solitude et les souffrances qu'elle engendre, quels que soient les formes prises, me paraissent dépourvues de charme, de leçons, et même de mystère : chez la plupart de ceux qui la vivent, en parlent, la décrivent, et d'abord en moi. (La je ne comprends pas ce qu'il veut dire). C'est une affaire misérable et sérieuse. Mieux vaut la laisser à des professionnels, qui ne guérissent de rien (ce n'est pas français), et, peut-être, à quelque génies souffrants, de types jaillis sabre en main d'une lampe à huile éclairant de vieilles oubliettes. Les autres, qu'ils profitent du château et qu'ils la ferment.
Les scènes de la folie artistique, les esclaves de la transgression et des limites, forment un massif de fleurs bleues assez répandues, j'en piétinerais volontiers la terre grasse, si j'avais les semelles suffisamment épaisses pour çà ; mais elle laisserait des traces quand écrire, c'est les effacer. (Ça ne veut rien dire). J'arracherai également sans déplaisir les dernières dents de la momie Artaud si cette opération pouvait faire taire sa voix de crécelle et tout ce qui s'en inspire, au nom de l'aventure corporelle du langage,.................... etc. etc..
Je préfère les ténèbres grises de la normalité, leur familiarité m'inquiète, j'aime leur tiédeur et l'angoisse épouvantablement discrète qu'elle diffuse. C'est le bain dans lequel je peux jouer à Archimède, me détendre, me noyer, il m'arrive de remonter en surface, mais pourquoi ? J'écris en flottant. Je flotte peu, j'écris peu. Je n'y arrive pas.
Eh bien cher Philippe Lançon puisque vous n'y arrivez pas, arrêtez donc d'écrire, et profitez-en également pour arrêter de juger des écrivains que vous ne pouvez pas comprendre. Le livre que vous avez écrit je n'ai pas pu lire tellement il m'a ennuyé, il m'a agacé, avec toutes ces formules toutes faites, ces lieux communs, ces propos déplacés sur les pauvres Cubains que vous ne pourrez jamais comprendre car vous n'avez jamais été pauvre ni misérable et encore moins fou, on dirait un mélange de SAS, de Philippe Sollers et de Jean d'Ormesson.
Votre héroïne jade devient folle, vous ne comprenez pas sa folie, pourtant c'est elle qui toute sa vie vous a fait rêver, on ne devient pas fou, on porte la folie en soi, d'ailleurs la folie cela n'existe pas, ce qui existe c'est l'effondrement, c'est l'anéantissement le passage de l'autre côté du miroir, la folie n'est qu'un moyen de défense contre une réalité trop insupportable à vivre
.
Moi qui ai vécu un peu de la folie, je ne ferai pas l'apologie de celle-ci, car lorsqu'on est en face de quelqu'un qui est passé de l'autre côté, qui ne peut plus vous parler, qui ne peut plus communiquer et encore moins vous séduire et faire l'amour avec vous, puisque c'est ça qui vous intéresse avant tout,mon sentiment est que la folie est extrêmement terrifiante et n'apporte pas grand-chose à celui qui la contemple, sinon la peur et l'incompréhension.
Alors pourquoi écrire un livre sur la folie puisqu'elle ne vous intéresse pas, restez dans votre bain tiède à flotter entre deux eaux, moi j'ai dépensé bêtement vingt-sept euros, vos histoires de cœurs ne m'intéressent pas d'avantage, votre autobiographie ne m'intéresse pas du tout ,et ce que vous avez à dire ne m'intéresse absolument pas.
Ne croyez pas que je considère la folie comme un bienfait, je considère la folie comme la plus épouvantable aventure humaine, je n'en ferai jamais l'apologie, mais de grâce ne méprisez pas ceux qui souffrent et qui la subissent, et surtout ne vous servez pas d'eux pour écrire n'importe quoi. Vous n'avez pas le droit de vous approprier ce qui ne vous appartient pas, parlez donc de ce que vous connaissez, tenez par exemple qu'est-ce qui vous touche? comment jugez-vous les romans des autres ?
mercredi, décembre 21 2011
le petit poisson rouge,la visite chez le petit garçon.
Par f zorg le mercredi, décembre 21 2011, 23:51
Et lui dit :
vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont fils et filles du désir de vie en lui-même.
Ils viennent par vous mais non de vous,
et bien qu'il soit avec vous, ce n'est pas à vous qu'ils appartiennent.
Vous pouvez leur donner votre amour et non vos pensées,
car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez loger leur corps mais non leurs âmes.
Car leurs âmes habitent la demeure de demain, que vous ne pourrez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer de leur ressembler, mais n'essayez pas qu'ils vous ressemblent.
Car la vie ne retourne pas en arrière ni ne s'attarde à hier.
Vous êtes les arcs qui projettent vos enfants telles des flèches vivantes.
Khalil Gibran
le prophète
j'ai presque tout oublié de l'enfance de mes enfants, de notre vie commune, de « comment c'était à la maison », du quotidien, j'étais tellement préoccupé par moi-même, par le travail, mais surtout par moi-même, mes enfants vont bien, elles sont exceptionnelles, il ne me reste que les histoires du petit poisson rouge.
« Les enfants étaient couchés dans leur chambre, ils attendaient que papa raconte l'histoire pour dormir................ alors papa, raconte la suite.
Quand le petit garçon eut fini de nettoyer l'aquarium il le rangea soigneusement au pied de son lit, c'était un aquarium rond aussi grand qu'un ballon de football, il eut bien du mal à s'endormir, parce que personne ne lui racontait des histoires, et parce qu'il avait un secret tellement extraordinaire qu'il ne pouvait se confier .
Le lendemain soir il partit vers la plage avec son aquarium qu'il avait dissimulé dans un vieux blouson pour ne pas que sa grand-mère le voie, il partit en courant et lorsqu'il fut tout au bord de la berge il attendit.
« Petit garçon................ petit garçon je suis la »
il enleva son pantalon et avança dans l'eau jusqu'à la taille, il remplit son aquarium avec de l'eau de mer et dit au petit poisson « saute dans l'aquarium petit poisson »
le petit poisson qui était dans une vague prit son élan, fit un bond extraordinaire et atterrit en plein milieu de l'aquarium !
« Petit poisson tu es un vrai champion dis le petit garçon »
« petit garçon............ petit garçon, tu as vu le saut que j'ai fait, je n'ai jamais sauté aussi loin ! »
Dans la chambre les enfants riaient de joie, alors raconte papa, qu'est-ce qui va se passer maintenant ?
Le petit garçon serra ses bras très forts autour de l'aquarium, il le posa sur le sable et remis son pantalon, et puis il le cacha dans son blouson, ensuite il le serra contre sa poitrine comme si c'était la chose la plus précieuse du monde et il partit vers la maison, en chemin le petit poisson lui parlait.
« Petit garçon.......... petit garçon.......... je ne vois rien du tout avec ton blouson »
« tais-toi petit poisson, il ne faut pas faire de bruit, personne ne doit nous entendre »
au bout de quelques centaines de mètres l'aquarium commença à peser très lourd, il avait peur de le faire tomber, ses petits bras tremblaient et ses muscles étaient tétanisés, il le posa par terre pour se reposer un peu.
Le papa dit à ses enfants, savez-vous combien pèse un litre d'eau ?
Non, répondirent les enfants.
Un litre d'eau pèse un kilogramme.
Avez-vous une idée du nombre de litres d'eau que contient l'aquarium ?
Non, répondirent les enfants.
Environ dix litres dit le papa, cela veut dire que l'aquarium pèse au moins dix kilos.
La petite fille dit : « oh mais c'est très très lourd »
oui répondit le papa, c'est très très lourd et le petit garçon n'avait pas pensé à ça.
Le petit garçon réussit à rejoindre la maison de sa grand-mère, il était épuisé, il reposa l'aquarium sur le pas de la porte d'entrée qu'il ouvrit sans faire de bruit, il entra puis de nouveau dû le reposer pour refermer la porte, ensuite il monta l'escalier qui menait à sa chambre, marche par marche, en essayant de ne pas faire tomber de l'eau.
Pourquoi papa demandèrent les enfants ?
Par ce que le petit poisson respire l'oxygène de l'eau, et que moins il y aura d'eau, moins de temps il pourra passer avec lui.
Les enfants poussèrent un grand soupir, j'espère qu'il ne va pas tout renverser dit la petite fille.
Le petit garçon arriva enfin à sa chambre, il dut encore une fois poser l'aquarium par terre, ouvrir la porte, reposer l'aquarium et fermer la porte, il ne sentait plus ses bras, il n'avait plus de force, il peut quand même deposer l'aquarium sur la table de sa chambre devant tous ces jouets et ses livres et tous les objets qu'il aimait, il avait tout préparé pour montrer les choses qu'il aimait au petit poisson rouge.
Il ôta le blouson qui recouvrait l'aquarium, et dit :
« petit poisson.... Petit poisson j'ai cru ne pas pouvoir y arriver, c'est tellement lourd »
« petit garçon, repose-toi un peu, moi je vais regarder le monde des hommes, et les choses qui sont dans ta chambre »
le petit garçon s'assit sur son lit et bu un grand verre d'eau.
« Petit garçon......... petit garçon qu'est-ce que tu fais ? Tu bois de l'eau ? »
« Petit poisson les humains boivent de l'eau, si on ne boit pas on tombe malade, quelquefois on peut mourir »
la petite fille se saisit un verre d'eau qu'elle bu d'un trait.
« Petit garçon comme c'est drôle, tu ne peux pas vivre dans l'eau mais tu dois boire de l'eau, moi je bois et je respire dans l'eau »
« petit poisson tu as raison, mais je ne peux pas boire de l'eau de mer cela me rendrait malade, nous buvons de l'eau douce, pas celle de la mer, mais tu sais il y a des poissons qui vivent dans l'eau douce »
« petit garçon tu m'apprends quelque chose, je ne connais pas le peuple de l'eau douce, je ne connais que celui de la mer, quoique un jour une vieille anguille m'a dit que dans sa famille on pouvait vivre dans l'eau douce et dans l'eau salée, il faudra que j'en parle à ma maman, elle sait beaucoup de choses »
chaque fois que le petit poisson voulait parler il fallait qu'il saute du bocal, un petit poisson ça ne parle pas dans l'eau, c'est alors que le petit poisson aperçu un grand livre dans la bibliothèque du petit garçon, c'était un livre où il y avait sur la couverture une énorme baleine, quand le petit poisson le vit, il fit un saut énorme pour lui dire :
« je n'ai jamais vu de poisson aussi grand, comment s'appelle ce monstre, ou est-ce qu'il habite ? »
Il sauta si haut qu'il tomba du bocal et atterrit sur le parquet !
« Petit garçon........... petit garçon.......... au secours, aide moi je ne peux plus respirer, je me suis fait mal, j'ai dû me fouler une nageoire ! »
Dans la chambre les enfants étaient terrorisés, la petite fille dit : vite petit garçon ramasse le petit poisson et remet le vite dans l'eau.
Le petit garçon s'agenouilla, prit délicatement le petit poisson qui sautait sur le parquet, caressa doucement sa nageoire avec ses mains en lui demandant si ça lui faisait mal, le petit poisson lui dit :
« petit garçon.......... remet moi vite dans l'aquarium, je ne peux plus respirer, ma nageoire ce n'est pas grave, j'en ai vu d'autres, ne t'inquiète pas, quand je vais revenir à la maison maman me soignera, je lui dirais qu'un surfeur m'a heurté, tu sais ça arrives souvent maintenant, l'été quand il y a des vagues il faut qu'on fasse très attention, ils sont complètement fous ces surfeur ! »
Le petit garçon remis le petit poisson dans le bocal, il prit un bon grand bol d'eau de mer, rempli ses branchies d'oxygène, il se sentit aussitôt beaucoup mieux.
« Petit poisson ce poisson s'appelle la baleine il habite dans les grands océans du large, les hommes le chasse et le tue pour sa graisse et son ambre.
« Petit garçon.......... petit garçon.......... pourquoi faire ? »
« Du parfum, des choses inutiles, de la viande pour manger »
« petit garçon 'est-ce que tu manges du poisson ? »
« Petit poisson..... Oui j'ai mangé du poisson, mais depuis que je te connais je ne pourrais plus jamais en manger »
la petite fille dans la chambre dit : moi non plus papa jamais plus je ne mangerai de poissons.
Sur la table de la chambre près de l'aquarium il y avait le train électrique, une voiture rouge, et un ordinateur portable.
« Petit garçon........... petit garçon explique-moi ce que je vois, quels sont ces objets, à quoi ça sert ? »
« Petit poisson ce sont mes jouets, le train électrique c'est un train qui transporte des passagers et qui marche au courant électrique, en vrai c'est plus grand que la maison et on peut mettre plein de gens dedans, la voiture rouge c'est mon jouet préféré, en vrai elle est beaucoup plus grande et on peut amener toute une famille dedans, à côté c'est mon ordinateur, ça sert à beaucoup de choses »
« à quoi ça sert dit le petit poisson »
« petit poisson, ça sert à aller voir des images, à écouter de la musique, à faire des calculs, à parler aux amis, ça sert à communiquer avec plein de gens dans le monde entier »
« comme c'est bizarre répondit le petit poisson, chez nous nous ne construisons rien, nous n'avons pas de machine, nous ne servons de ce que la nature nous donne, pour nous déplacer on nage, quand c'est trop loin on s'accroche de gros poisson, pour communiquer nous avons quelque chose que vous ne possédez pas, comme la voix mais dans l'eau, une voix qui va très loin, si loin que je pourrais parler à la baleine ou à n'importe quel autre poisson. Nos jouets on n'en a pas, chez nous on n'a pas le temps de jouer, il y a trop de danger, il faut toujours faire attention, c'est pour ça que je viens vous voir le soir à la tombée de la nuit, parce que parfois je vous envie vous les humains »
« est-ce que tu as faim petit poisson, est-ce que tu veux manger quelque chose, ma grand-mère fait de très bons gâteaux, si tu veux je peux te faire goûter. »
« Petit garçon........ petit garçon j'ai très faim........ je veux bien goûter »
alors le petit garçon pris un tout petit bout de gâteau qu'il déposa dans le bocal. Le petit poisson s'approcha et croqua le petit morceau de gâteau.
« Petit garçon........... petit garçon.......... je n'ai jamais rien mangé d'aussi bon, qu'est-ce que c'est ? »
« Petit poisson, c'est du chocolat »
« petit garçon....... comme c'est bon, tu m'en donnes un autre morceau »
alors le petit garçon donna un tout petit bout de gâteau au petit poisson.
Le temps passa vite, ils parlèrent de tout, de leur papa et de leur maman, de l'école, car il y avait une école dans le monde des poissons, ils riaient ensemble, tout d'un coup le petit poisson se sentit mal.
« Petit garçon........... petit garçon, je ne me sens pas bien, j'étouffe »
le petit garçon était affolé, c'était peut-être le chocolat, une indigestion.
« Il faut que tu me ramènes dans la mer petit garçon, j'ai respiré tout l'oxygène de l'eau, je vais me noyer, ramène moi vite s'il te plaît »
les enfants dans la chambre écoutaient leur père, la petite fille tremblait de peur dans son petit, elle dit : cours, cours vers la mer, dépêche-toi.
Le petit garçon pris l'aquarium dans ses bras, il ne se préoccupe pas du bruit qu'il fit, il dévala l'escalier et réveilla sa grand-mère, elle essaya de l'empêcher de passer, où vas-tu à cette heure-là il est presque minuit.
Laisse-moi passer grand-mère, je t'expliquerai plus tard, s'il te plaît par pitié, laisse-moi passer je ne fais pas de bêtises.
Il bouscula sa grand-mère en renversant de l'eau, dans l'aquarium le petit poisson ne bougeait plus beaucoup.
Il courut vers la mer, de temps en temps il regardait dans l'aquarium, le petit poisson ne bougeait presque plus, il aperçut sur le sable une mare d'eau de mer laissée par la marée basse, il posa le bocal, prit le petit poisson et le déposa dans la mare, il voyait sa petite bouche qui s'ouvrait doucement et peu à peu le petit poisson repris conscience.
« Petit garçon..... Petit garçon tu m'as sauvé la vie, j'étais presque mort »
le petit garçon courut jusqu'à la prochaine mare, il avait laissé l'aquarium inutile sur la plage, il prenait le petit poisson dans ses mains lui demandait de retenir son souffle et c'est ainsi qu'il réussit à atteindre la grève et les vagues, il s'avança dans l'eau et déposa le petit poisson dans la première vague, il le protégea entre ses deux mains jusqu'à ce qu'il reprit ses forces,
« petit garçon............ petit garçon......... quelle aventure, j'ai cru mourir mais j'ai appris beaucoup de choses, la prochaine fois c'est moi qui t'inviterais à la maison »
le petit garçon était trop épuisé pour dire non, il n'avait aucune idée de la façon dont le petit poisson allait s'y prendre mais par amitié il accepta l'invitation.
Il vit son ami partir dans les vagues et rentra vite à la maison, en chemin il récupéra l'aquarium abandonné sur la plage, lorsqu'il arriva chez lui sa grand-mère l'attendait sur le pas de la porte.
Elle était furieuse parce qu'elle l'aimait et qu'elle avait eu très très peur pour lui, elle le punit à rester une journée entière dans sa chambre sans sortir ni aller à la plage, le petit garçon ne dit rien car il pensait qu'elle avait raison et qu'il l'aimait beaucoup.
Voilà les enfants il est tard il faut dormir, je vous raconterai bientôt comment le petit garçon est allé visiter le royaume de la mer et comment il a rencontré la maman du petit poisson rouge et encore beaucoup d'autres choses que vous n'imaginez même pas.
samedi, décembre 17 2011
Si vous croisez mon chemin
Par f zorg le samedi, décembre 17 2011, 10:54
Si vous croisez mon chemin.
Si un jour je vous rencontrais, et si c'était le début de votre histoire, l'histoire du début de votre souffrance, je ne vous dirai rien.
À quoi bon vous expliquer tout ce qui vous attend et que vous ne savez même pas, à quoi bon vous dire tout le chemin à faire, à quoi bon vous faire peur.
Je pourrais me comporter comme le sage ou comme l'ermite qui croise un voyageur, il lui demanderait son chemin, et l'autre lui répondrait que la route est pleine d'embûches, il lui laisserait des signes, quelque chose qui le mettrait debout lorsqu'il serait par terre, il lui parlerait du grand mystère, et peut-être de la lumière, de la terre promise, du paradis perdu, de la beauté à l'intérieur, de l'amour et de l'espérance, il lui dirait de ne pas avoir peur, il lui donnerait peut-être quelque chose pour s'accrocher, un talisman, une grappe de raisin en argent, une croix, une médaille, que sais-je ? Un simple
caillou, cela suffit.
Il me demanderait : quelle est la route ? Où est le plan ? Comment vais-je faire si je me perds ?
Je ne répondrais rien, je lui dirais de marcher devant lui la où son regard le mène.
samedi, décembre 10 2011
L'histoire du petit poisson rouge.
Par f zorg le samedi, décembre 10 2011, 21:02
Noël approche, c'est la fête des enfants. Lorsque mes enfants étaient petits et ne voulaient pas dormir je leur racontais l'histoire du petit poisson rouge, le petit poisson rouge et le petit garçon ont connu beaucoup d'aventures merveilleuses, j'aurais dû les écrire à l'époque car même moi elles m'émerveillaient,l' histoire commence comme ça.
il était une fois l'histoire d'un petit garçon qui était amis avec un petit poisson rouge qui habitait dans la mer en face de la maison de sa grand-mère.
jeudi, décembre 8 2011
Lettre aux autres comme moi.
Par f zorg le jeudi, décembre 8 2011, 12:53
Lettre aux autres comme moi.
Lorsque j'ai été hospitalisé il y a un an maintenant, comme le temps passe vite ! Je me suis livré corps et âme à mon psychiatre et je lui ai dit : faites ce que vous voulez de moi, je suis prêt à tout pour ne pas être anéanti. Il n'a rien dit, il n'avait pas l'air content de me voir, c'est difficile de soigner les médecins ajouta-t-il !
Moi j'étais au bout du rouleau, je venais de faire une tentative de suicide, j'avais abandonné mon cabinet, ma famille, le travail de toute ma vie, j'avais compris qu'il fallait que je m'oublie, que mes enfants avaient besoin d'un père même réduit à l'état de robot, pourtant dans ma tête et dans mon corps j'avais vécu des expériences j'avais aperçu des choses « que les hommes avaient cru voir », comment partager cela avec un psychiatre qui se disait pragmatique qui n'avait aucune idée du monde que j'avais vu, du monde du cerveau droit, du monde invisible.
Si ce voyage dans les abîmes et dans les ciels ne m'avait pas fait autant souffrir je n'aurais pas eu besoin de lui ! J'aurais continué à voyager seul et à écrire mes carnets de voyage. Ç'aurait été très simple, hélas cela ne se passe jamais comme cela.
Ce dont je veux vous parler aujourd'hui c'est de l'expérience intérieure et de l'éveil, cela va plaire à une de mes lectrices !
Ce matin je me suis levé tôt pour aller acheter un rétroviseur dans une casse automobile, mes filles habitent dans une grande ville, le sport national est d'arracher les rétroviseurs par pur plaisir, pour nuire, ça finit par me coûter une fortune, alors je vais les acheter à la casse, en chemin j'avais allumé la radio, j'écoutais France Inter, il y a des émissions de plus en plus intéressantes, aujourd'hui on parlait de romain Garry au sujet de son roman « la promesse de l'aube », certains extraits était lu par un acteur que j'aime bien Jacques Gamblin, il lisait des extraits ou romain Garry parlait de sa mère et des femmes, il parlait de la castration, qu'il n'avait pas été castré, qu'il n'avait pas eu de père, bien évidemment puisque c'est le père qui castre, romain Garry parlait de sa mère hyper protectrice, l'amour de sa vie, il disait qu'elle ne l'avait pas empêché d'aimer les femmes, il écrit bien, mais il s'est suicidé après avoir aimé une femme très dépressive. Moi je ne peux plus voir les choses autrement qu'avec un regard psychanalytique, et les ficelles de romain Garry, son déni, je les connais bien, elles lui ont coûté deux vies, un fils détruit et un suicide.
J'ai trouvé un blog ami assez intéressant, une femme qui se dit bipolaire parce qu'elle a fait un délire mystique il y a huit ans, cette femme sur son blog et c'est cela qui m'a intéressé utilise beaucoup des images, des tableaux, des poètes, des musiques que j'ai utilisé, nous nous ressemblons, nous avons la même sensibilité, hypersensibilité, il y a une petite différence entre nous, c'est qu'elle accepte la chimie, et qu'elle est dans le déni. Je n'insiste pas elle se reconnaîtra. Je parle d'elle pour parler des mystiques, elle dit que si elle était née au Moyen Âge elle aurait été brûlée comme une sorcière, je pense qu'elle aurait pu être canonisé comme Jeanne-d'Arc, c'est bien le problème dont je veux parler, qui est fou ? Qui délire ?
Est-il raisonnable que la terre soit couverte d'église, de mosquées et de synagogues ou des gens vont prier ce qu'on peut considérer comme un délire organisé,officialisé, ces gens sont-ils fous ? Est-il raisonnable d'avoir canonisé les grands mystiques, d'avoir accepté les stigmates, les guérisons miraculeuses ?
Est-ce que ce délire organisé a été reconnu par la société, admis comme une chose normale, comme par exemple pendant le nazisme, le discours délirant d'Hitler était reconnu comme la norme.
Jésus-Christ était-il bipolaire ?
Pourquoi quelqu'un de pourrais pas délirer, ouvrir son esprit, comme on le faisait autrefois dans certains rites celtiques ou même chrétiens, on a le droit d'aller prier le Christ mais on n'a pas le droit de le voir ou de l'entendre, et si on le dit on va en psychiatrie !
Pour les psychiatres, les vrais, je parle de Jean genet et de Lacan, les mystiques étaient des génies, la différence pour eux entre le délire et la démarche mystique c'es que le délirant va essayer de convaincre les autres de la véracité de ces visions, le mystique sait que les autres ne voient pas ce que lui voit.
Nier ce que j'ai vécu c'est me nier moi-même, nier ce que j'ai vécu c'est m'anéantir, empêcher la résilience. La chimie permet la négation, à très haute dose au-delà de trois médicaments associés on ne peut plus contrôler les interactions médicamenteuses, on est dans le domaine du n'importe quoi, récemment une infirmière psychiatrique m'a confié que les vieux patients hospitalisés depuis des années n'étaient plus que des coquilles vides, l'esprit avait été définitivement anéanti et le suicide était inévitable.
Je suis comme un prophète qui parle dans le désert, personne ne m'entend et personne ne me comprend, je sais qui viens me lire avec régularité, pas plus d'une dizaine de personnes, seulement des femmes ! Pourquoi les hommes ne s'intéressent pas à ce que j'écris, parce qu'ils n'ont pas accepté leur côté féminin, romain Garry parlait de cela, mon psychanalyste aussi, pour être un homme entier il faut être masculin et féminin.
Moi j'ai mon histoire, elle m'appartient, elle n'est pas imaginaire, bien que pour mon psychiatre lorsque j'écrivais les poèmes je n'étais pas dans la réalité, quelle réalité ?
Qu'est-ce que c'est que la réalité, je vous l'ai déjà expliqué, c'est quand l'homme met un nom sur le réel, la réalité des poètes et des mystiques c'est le monde invisible, c'est la part de nous-mêmes qui nous transcende, cette part qui peut vous brûler les yeux, car l'homme n'est pas fait pour la voir dans toute sa splendeur, l'homme a besoin d'ombre et ne peux seulement qu 'écarter le rideau, entrevoir.
Je ne veux plus parler de moi ni de mes états d'âme, il m'arrive de souffrir beaucoup, mais comme l'avait dit mon psychanalyste un jour vous n'aurez plus besoin de moi, et vous serez quoi faire tout seul, c'est que je fais, j'ai ouvert suffisamment de porte pour contrôler l'angoisse lorsqu'elle revient, je sais quelle porte fermer.
Dans mon cabinet médical tout a changé, mes rapports avec les patients aussi, je ne veux plus convaincre ni faire de la psychanalyse sauvage, je me contente d'écouter et parfois d'orienter, je sais la difficulté du chemin qu'il faut faire, et qu'il faut faire tout seul.
Cela m'arrange bien, je m'oublie souvent et je deviens léger comme autrefois, je ne suis pas le dernier des justes, ni le Christ serviteur souffrant, pour accueillir toutes les souffrances, je suis un homme vivant, plein de force et d'espérance, prêt à affronter à peu près tout sans peur.
C'est le bilan d'une victoire, car je sais que je suis en train de gagner, je deviens quelqu'un d'éveillé, les pieds sur la terre et la tête dans les étoiles.
Ce n'est pas grave si j'ai peu de lecteurs, j'écris essentiellement pour moi, je ne cherche pas le succès, je me cherche moi-même et j'ai besoin d'écrire pour me trouver, ce sont mes gammes, mes exercices ; quand je reverrai mon psychiatre pragmatique, je lui dirais que je suis pragmatique ce qui est vrai, et je ne lui parlerai de rien car le monde invisible jamais il ne le verra.
Je suis un rêveur éveillé, et j'en suis très heureux. Pour terminer ce billet je vous donne un texte de Guy de Maupassant, il écrit bien mieux que moi pour dire la même chose que moi.
Guy de Maupassant
Lettre d’un fou[
Mon cher docteur, je me mets entre vos mains. Faites de moi ce qu'il vous plaira.
Je vais vous dire bien franchement mon étrange état d'esprit, et vous apprécierez s'il ne vaudrait pas mieux qu'on prît soin de moi pendant quelque temps dans une maison de santé plutôt que de me laisser en proie aux hallucinations et aux souffrances qui me harcèlent.
Voici l'histoire, longue et exacte, du mal singulier de mon âme.
Je vivais comme tout le monde, regardant la vie avec les yeux ouverts et aveugles de l'homme, sans m'étonner et sans comprendre., Je vivais comme vivent les bêtes, comme nous vivons tous, accomplissant toutes les fonctions de l'existence, examinant et croyant voir, croyant savoir, croyant connaître ce qui m'entoure, quand, un jour, je me suis aperçu que tout est faux.
C'est une phrase de Montesquieu qui a éclairé brusquement ma pensée. La voici : "Un organe de plus ou de moins dans notre machine nous aurait fait une autre intelligence.
Enfin toutes les lois établies sur ce que notre machine est d'une certaine façon seraient différentes si notre machine n'était pas de cette façon."
J'ai réfléchi à cela pendant des mois, des mois et des mois, et., peu à peu, une étrange clarté est entrée en moi, et cette clarté y a fait la nuit.
En effet, nos organes sont les seuls intermédiaires entre le monde extérieur et nous. C'est-à-dire que l'être intérieur, qui constitue le moi, se trouve en contact, au moyen de quelques filets nerveux, avec l'être extérieur qui constitue le monde.
Or, outre que cet être extérieur nous échappe par ses proportions, sa durée, ses propriétés innombrables et impénétrables, ses origines, son avenir ou ses fins, ses formes lointaines et ses manifestations infinies, nos organes ne nous fournissent encore sur la parcelle de lui que nous pouvons connaître que des renseignements aussi incertains que peu nombreux.
Incertains, parce que ce sont uniquement les propriétés de nos organes qui déterminent pour nous les propriétés apparentes de la matière.
Peu nombreux, parce que nos sens n'étant qu'au nombre de cinq, le champ de leurs investigations et la nature de leurs révélations se trouvent fort restreints.
Je m'explique. - L'oeil nous indique les dimensions, les formes et les couleurs. Il nous trompe sur ces trois points.
Il ne peut nous révéler que les objets et les êtres de dimension moyenne, en proportion avec la taille humaine, ce qui nous a amenés à appliquer le mot grand à certaines choses et le mot petit à certaines autres, uniquement parce que sa faiblesse ne lui permet pas de connaître ce qui est trop vaste ou trop menu pour lui. D'où il résulte qu'il ne sait et ne voit presque rien, que l'univers presque entier lui demeure caché, l'étoile qui habite l'espace et l'animalcule qui habite la goutte d'eau.
S'il avait même cent millions de fois sa puissance normale, s'il apercevait dans l'air que nous respirons toutes les races d'êtres invisibles, ainsi que les habitants des planètes voisines, il existerait encore des nombres infinis de races de bêtes plus petites et des mondes tellement lointains qu'il ne les atteindrait pas.
Donc toutes nos idées de proportion sont fausses puisqu'il n'y a pas de limite possible dans la grandeur ni dans la petitesse.
Notre appréciation sur les dimensions et les formes n'a aucune valeur absolue, étant déterminée uniquement par la puissance d'un organe et par une comparaison constante avec nous-mêmes.
Ajoutons que l'oeil est encore incapable de voir le transparent. Un verre sans défaut le trompe. Il le confond avec l'air qu'il ne voit pas non plus.
Passons à la couleur.
La couleur existe parce que notre oeil est constitué de telle sorte qu'il transmet au cerveau, sous forme de couleur, les diverses façons dont les corps absorbent et décomposent, suivant leur constitution chimique, les rayons lumineux qui les frappent.
Toutes les proportions de cette absorption et de cette décomposition constituent les nuances.
Donc cet organe impose à l'esprit sa manière de voir, ou mieux sa façon arbitraire de constater les dimensions et d'apprécier les rapports de la lumière et de la matière.
Examinons l'ouïe.
Plus encore qu'avec l'oeil, nous sommes les jouets et les dupes de cet organe fantaisiste.
Deux corps se heurtant produisent un certain ébranlement de l'atmosphère. Ce mouvement fait tressaillir dans notre oreille une certaine petite peau qui change immédiatement en bruit ce qui n'est, en réalité, qu'une vibration.
La nature est muette. Mais le tympan possède la propriété miraculeuse de nous transmettre sous forme de sens, et de sens différents suivant le nombre des vibrations, tous les frémissements des ondes invisibles de l'espace.
Cette métamorphose accomplie par le nerf auditif dans le court trajet de l'oreille au cerveau nous a permis de créer un art étrange, la musique, le plus poétique et le plus précis des arts, vague comme un songe et exact comme l'algèbre.
Que dire du goût et de l'odorat ? Connaîtrions-nous les parfums et la qualité des nourritures sans les propriétés bizarres de notre nez et de notre palais ?
L'humanité pourrait exister cependant sans l'oreille, sans le goût et sans l'odorat, c'est-à-dire sans aucune notion du bruit, de la saveur et de l'odeur.
Donc, si nous avions quelques organes de moins, nous ignorerions d'admirables et singulières choses, mais si nous avions quelques organes de plus, nous découvririons autour de nous une infinité d'autres choses que nous ne soupçonnerons jamais faute de moyen de les constater.
Donc, nous nous trompons en jugeant le Connu, et nous sommes entourés d'inconnu inexploré.
Donc, tout est incertain et appréciable de manières différentes.
Tout est faux, tout est possible, tout est douteux.
Formulons cette certitude en nous servant du vieux dicton : "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà."
Et disons : vérité dans notre organe, erreur à côté.
Deux et deux ne doivent plus faire quatre en dehors de notre atmosphère.
Vérité sur la terre, erreur plus loin, d'où je conclus que les mystères entrevus comme l'électricité, le sommeil hypnotique, la transmission de la volonté, la suggestion, tous les phénomènes magnétiques, ne nous demeurent cachés, que parce que la nature ne nous a pas fourni l'organe, ou les organes nécessaires pour les comprendre.
Après m'être convaincu que tout ce que me révèlent mes sens n'existe que pour moi tel que je le perçois et serait totalement différent pour un autre être autrement organisé, après en avoir conclu qu'une humanité diversement faite aurait sur le monde, sur la vie, sur tout, des idées absolument opposées aux nôtres, car l'accord des croyances ne résulte que de la similitude des organes humains, et les divergences d'opinions ne proviennent que des légères différences de fonctionnement de nos filets nerveux, j'ai fait un effort de pensée surhumain pour soupçonner l'impénétrable qui m'entoure.
Suis-je devenu fou ?
Je me suis dit : "Je suis enveloppé de choses inconnues." J'ai supposé l'homme sans oreilles et soupçonnant le son comme nous soupçonnons tant de mystères cachés, l'homme constatant des phénomènes acoustiques dont il ne pourrait déterminer ni la nature, ni la provenance. Et j'ai eu peur de tout, autour de moi, peur de l'air, peur de la nuit. Du moment que nous ne pouvons connaître presque rien, et du moment que tout est sans limites, quel est le reste ? Le vide n'est pas ? Qu'y a-t-il dans le vide apparent ?
Et cette terreur confuse du surnaturel qui hante l'homme depuis la naissance du monde est légitime puisque le surnaturel n'est pas autre chose que ce qui nous demeure voilé !
Alors j'ai compris l'épouvante. il m'a semblé que je touchais sans cesse à la découverte d'un secret de l'univers.
J'ai tenté d'aiguiser mes organes, de les exciter, de leur faire percevoir par moments l'invisible.
Je me suis dit : "Tout est un être. Le cri qui passe dans l'air est un être comparable à la bête puisqu'il naît, produit un mouvement, se transforme encore pour mourir. Or, l'esprit craintif qui croit à des êtres incorporels n'a donc pas tort. Qui sont-ils ?"
Combien d'hommes les pressentent, frémissent à leur approche, tremblent à leur inappréciable contact. On les sent auprès de soi, autour de soi, mais on ne les peut distinguer, car nous n'avons pas l'oeil qui les verrait, ou plutôt l'organe inconnu qui pourrait les découvrir.
Alors, plus que personne, je les sentais, moi, ces passants surnaturels. Etres ou mystères ? Le sais-je ? Je ne pourrais dire ce qu'ils sont, mais je pourrais toujours signaler leur présence. Et j'ai vu - j'ai vu un être invisible - autant qu'on peut les voir, ces êtres.
Je demeurais des nuits entières immobile, assis devant ma table, la tête dans mes mains et songeant à cela, songeant à eux. Souvent j'ai cru qu'une main intangible, ou plutôt qu'un corps insaisissable, m'effleurait légèrement les cheveux. Il ne me touchait pas, n'étant point d'essence charnelle, mais d'essence impondérable, inconnaissable.
Or, un soir, j'ai entendu craquer mon parquet derrière moi. Il a craqué d'une façon singulière. J'ai frémi. Je me suis tourné. Je n'ai rien vu. Et je n'y ai plus songé.
Mais le lendemain, à la même heure, le même bruit s'est produit. J'ai eu tellement peur que je me suis levé, sûr, sûr, sûr, que je n'étais pas seul dans ma chambre. On ne voyait rien pourtant. L'air était limpide, transparent partout. Mes deux lampes éclairaient tous les coins.
Le bruit ne recommença pas et je me calmai peu à peu ; je restais inquiet cependant, je me retournais souvent.
Le lendemain je m'enfermai de bonne heure, cherchant comment je pourrais parvenir à voir l'invisible qui me visitait.
Et je l'ai vu. J'en ai failli mourir de terreur.
J'avais allumé toutes les bougies de ma cheminée et de mon lustre. La pièce était éclairée comme pour une fête. Mes deux lampes brûlaient sur ma table.
En face de moi, mon lit, un vieux lit de chêne à colonnes. A droite, ma cheminée. A gauche, ma porte que j'avais fermée au verrou. Derrière moi. une très grande armoire à glace. Je me regardai dedans. J'avais des yeux étranges et les pupilles très dilatées.
Puis je m'assis comme tous les jours.
Le bruit s'était produit, la veille et l'avant-veille, à neuf heures vingt-deux minutes. J'attendis. Quand arriva le moment précis, je perçus une indescriptible sensation, comme si un fluide, un fluide irrésistible eût pénétré en moi par toutes les parcelles de ma chair, noyant mon âme dans une épouvante atroce et bonne. Et le craquement se fit, tout contre moi.
Je me dressai en me tournant si vite que je faillis tomber. On y voyait comme en plein jour, et je ne me vis pas dans la glace ! Elle était vide, claire, pleine de lumière. Je n'étais pas dedans, et j'étais en face, cependant. Je la regardais avec des yeux affolés. Je n'osais pas aller vers elle, sentant bien qu'il était entre nous, lui, l'invisible, et qu'il me cachait.
Oh ! comme j'eus peur ! Et voilà que je commençai à m'apercevoir dans une brume au fond du miroir, dans une brume comme à travers de l'eau ; et il me semblait que cette eau glissait de gauche à droite, lentement, me rendant plus précis de seconde en seconde. C'était comme la fin d'une éclipse.
Ce qui me cachait n'avait pas de contours, mais une sorte de transparence opaque s'éclaircissant peu à peu.
Et je pus enfin me distinguer nettement, ainsi que je le fais tous les jours en me regardant.
Je l'avais donc vu !
Et je ne l'ai pas revu.
Mais je l'attends sans cesse, et je sens que ma tête s'égare dans cette attente.
Je reste pendant des heures, des nuits, des jours, des semaines, devant ma glace, pour l'attendre ! Il ne vient plus.
Il a compris que je l'avais vu. Mais moi je sens que je l'attendrai toujours, jusqu'à la mort, que je l'attendrai sans repos, devant cette glace, comme un chasseur à l'affût.
Et, dans cette glace, je commence à voir des images folles, des monstres, des cadavres hideux, toutes sortes de bêtes effroyables, d'êtres atroces, toutes les visions invraisemblables qui doivent hanter l'esprit des fous.
Voilà ma confession, mon cher docteur. Dites-moi ce que je dois faire ?
17 février 1885
nb
Durant ses dernières années, se développent en lui un amour exagéré pour la solitude, un instinct de conservation maladif, une crainte constante de la mort, et une certaine paranoïa, dus à une probable prédisposition familiale, sa mère étant dépressive et son frère mort fou, mais surtout à la syphilis, contractée pendant ses jeunes années. Maupassant se porte de plus en plus mal, son état physique et mental ne cesse de se dégrader, et ses nombreuses consultations et cures à Plombières-les-Bains, Aix-les-Bains ou Gérardmer n'y changent rien. En août 1890, il commence L'Âme étrangère, qu'il ne finira jamais. En 1891, il commence un roman, L'Angélus, qu'il n'achève pas non plus. Le 31 décembre, il envoie une lettre d'adieu au docteur Cazalis, ce sont ses dernières lignes.
Dans la nuit du 1er janvier au 2 janvier 1892, il fait une tentative de suicide au pistolet (son domestique, François Tassart, avait enlevé les vraies balles). Il casse alors une vitre et tente de s’ouvrir la gorge. On l'interne à Paris le 6 janvier dans la clinique du docteur Émile Blanche, où il meurt de paralysie générale, un mois avant son quarante-troisième anniversaire, le 6 juillet 1893, après dix-huit mois d’inconscience presque totale. Sur l’acte de décès figure la mention « né à Sotteville, près d’Yvetot », ce qui ouvre la polémique sur son lieu de naissance.
mercredi, décembre 7 2011
la greffe,en attendant Anna.
Par f zorg le mercredi, décembre 7 2011, 19:06
dimanche, décembre 4 2011
La greffe, le rendez-vous chez la psychiatre.
Par f zorg le dimanche, décembre 4 2011, 21:40
Je n'ai ni père ni mère
j'avais deux amants
j'ai cassé le miroir,
je me suis crevé l'œil droit.
mon bras droit est tombé.
zorg-
poésies et écrits de la psychanalyse
Par f zorg le dimanche, décembre 4 2011, 11:00
Mon âme est un désert brûlant
Où mes rêves sont comme des mirages.
Je m'appelle Zorg
je suis un poème sans technique
j'écris avec mon intelligence mon coeur et mes tripes.
je suis médecin, j'ai 57 ans, je suis un exercice, et après avoir passé 30 ans à m'occuper des corps, j'ai découvert qu'ils ont aussi une âme.
Je viens d'écrire un livre, L'Homme Qui Portait Sa Moto Sur Son Dos, qui ne sera certainement jamais publié, c'est l'histoire de ma psychanalyse, qui m'a sauvé de la folie !
J'ai écrit ce livre, pour ceux qui souffrent, qui sont seuls dans leur désespoir et leur douleur.
La psychanalyse fonctionne, c'est une réalité,
la psychanalyse donne du SAVOIR,celui qui se trouve dans notre inconscient,ce savoir est une richesse immense,à nous de savoir l'utiliser.
tout les jours j'en fait l’expérience.
Dans le livre que j'ai écrit, je parle de ma psychanalyse, jour après jour, séance après séance, rêve après rêve, souffrance après souffrance.
À ma connaissance, personne n'a osé, n'a voulu, se dévoiler ainsi, dans toute sa nudité, dans toute son intimité, c'est ce que je fais, pour expliquer, pour faire comprendre, le cheminement de l'analyse et ce qu'elle entraîne, la profonde modification de la pensée, de la compréhension nouvelle du monde et des gens qui nous entourent.
Dans ce blog,qui evolue au fil de mon histoire et de ma reflexion vous trouverez mes poémes que j'ai illustré avec des musiques qui me touchent.
Ainsi peut etre, partagerez vous avec moi un peu de ma souffrance et des emotions qui me submergent.
Interview de Guillaume Depardieu, le Figaro-Magazine 18 octobre 2008.
La souffrance est un haut privilège
il y a une souffrance en moi, innée, qui m'impose et m'inspire cet appel constant aux changements. Je ne fais que reproduire celle, originelle, de l'arrachement du foetus au ventre maternel.
Elle transpire dans mes chansons, dans mes textes, dans ma peinture.
C'est beaucoup de souffrance aussi. Je considère que la souffrance est un haut privilège. elle est nécessaire. C'est un instrument de découverte de soi et du monde, une sorte de reconnaissance par les gouffres, par les voies de l'épreuve.
La souffrance m'a insufflé et continue à m'inspirer, un sentiment profond d'immense précarité et de force de vie.
Elle a fait ce que je suis, elle m'a défiguré alors, oui, je pense qu'elle m'a embelli.
Elle m'a laissé entrevoir autre chose, quelque chose qui rend aussi fort que fragile.
"les symptômes de l'hystérie simulent une pathologie organique pour laquelle aucune anomalie physique (en particulier neurologique) n'existe. ..."
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